Sciences humaines : les défis de la recherche

Une présentation du CRSH sur les défis de la recherche en sciences humaines s'est tenue à l'UQAM.

18 Octobre 2013 à 16H36

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Présentation du CRSH sur les défis de la recherche en sciences humaines. Photo: Denis Bernier

Près d'une centaine de personnes étaient réunies à l'UQAM, le 17 octobre dernier, pour discuter des défis de demain dans le vaste champ des recherches en sciences sociales et  humaines au Canada. Organisée par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada, la rencontre s'inscrivait dans le cadre d'«Imaginer l'avenir du Canada», un processus de consultation nationale et internationale entamé en 2011 au cours duquel le Conseil a communiqué avec plus de 13 000 experts – chercheurs universitaires, étudiants, chefs de file des secteurs public, privé et sans but lucratif – afin d'obtenir leur point de vue.

Yves Mauffette, vice-recteur à la Recherche et à la création, et Marie-Andrée Roy, vice-doyenne à la recherche de la Faculté des sciences humaines, ont animé la rencontre, qui réunissait également deux représentantes du CRSH, Gisèle Yasmeen, conseillère principale du président, et Thérèse De Groote, conseillère principale en politiques, ainsi que Philippe Allard, directeur des activités scientifiques à l'Association francophone pour le savoir (Acfas).

Imaginer l'avenir

À l'issue du processus de consultation, le CRSH a défini six défis, susceptibles d'émerger dans 5, 10 ou 20 ans, auxquels les chercheurs en sciences humaines pourraient contribuer à répondre par leurs connaissances et leur expertise. Thérèse De Groote les a présentés sous forme de questions :

- Quelles sont les nouvelles méthodes d'apprentissage dont les Canadiens auront besoin, en particulier dans l'enseignement supérieur, pour réussir dans la société et sur le marché du travail ?

- Quels effets la quête de ressources naturelles et d'énergie aura-t-elle sur la société canadienne et la place qu'occupe le Canada à l'échelle mondiale ?

- En quoi les expériences de vie et les aspirations des peuples autochtones du Canada sont-elles essentielles pour bâtir un avenir commun prospère ?

- Quelles incidences la population mondiale maximale aura-t-elle sur le Canada ? Selon les estimations de l'Organisation des Nations Unies de 2010, la population mondiale maximale pourrait être atteinte et même commencer à diminuer vers le milieu du siècle. Quelles en seront les conséquences sociales, culturelles, économiques et environnementales ?

- Comment mettre à contribution les nouvelles technologies au profit des Canadiens ?

- De quelles connaissances le Canada aura-t-il besoin pour réussir dans un monde interconnecté en rapide évolution ?

Selon les représentantes du CRSH, ces défis sont en quelque sorte des lentilles au travers desquelles le Conseil, en collaboration avec la communauté des chercheurs en sciences humaines, voit ce qu'il est possible et souhaitable de faire au cours des prochaines années. «Le but de l'exercice n'était pas de prévoir l'avenir, mais de l'imaginer», a souligné Gisèle Yasmeen.

Les défis identifiés ne constituent pas des balises ou des enjeux prioritaires ayant pour effet de limiter la recherche, ont noté les représentantes. Conformément à son mandat, le Conseil continuera d'investir dans la recherche portant sur divers autres sujets tout en faisant la promotion des défis de demain, lesquels seront intégrés à l'architecture actuelle des programmes de subvention.

Le point de vue du Québec

Au cours du processus de consultation, le CRSH a mis sur pied des groupes-conseils régionaux, nationaux et internationaux composés d'experts. Philippe Allard a rappelé que des experts du Québec, provenant de divers horizons disciplinaires, s'étaient réunis lors du 80e congrès de l'Acfas, en mai 2012, pour discuter de l'initiative du CRSH. Ces experts avaient alors identifié trois principes fondamentaux pouvant servir à encadrer les orientations futures de la recherche en sciences humaines et sociales : l'importance de la recherche fondamentale, la promotion des approches globales et la nécessité d'aborder les phénomènes sociaux dans une perspective de justice sociale et d'amélioration des conditions de vie. D'autres enjeux plus spécifiques – vieillissement de la population, changements climatiques, pauvreté, gestion de la diversité –  avaient aussi été identifiés, notamment l'importance de réfléchir sur le rôle et la mission de l'université au 21e siècle.

«La discussion s'est tenue au moment où le mouvement de contestation étudiante avait atteint son apogée, a souligné Philippe Allard. Cette crise que personne n'avait prévue avait obligé les participants à se questionner sur les capacités de la recherche actuelle à comprendre les mouvements sociaux et à développer des outils d'analyse adéquats.»

Marie-Andrée Roy a expliqué que trois grandes thèmes de réflexion avaient rallié les chercheurs du Québec au cours de la consultation. Quelle posture adopter pour que la construction, la transmission et l'appropriation des savoirs participent au développement d'une société juste et solidaire ? De quelle manière les recherches en sciences sociales et humaines peuvent contribuer à la construction d'une société plurielle qui respecte la diversité des valeurs et des trajectoires de vie et fait appel à l'expérience et aux talents des individus à tous les âges de la vie ? Comment soutenir le développement économique et technologique dans une perspective d'amélioration de la qualité de vie ?      

La vice-doyenne a conclu la rencontre en déclarant qu'il revenait maintenant aux chercheurs de déterminer comment et dans quelles perspectives il fallait répondre aux questions soulevées par les défis de demain.

 

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