Création de l'Ordre des sexologues du Québec

Le Département de sexologie de l'UQAM travaillait à ce projet depuis plus d'une dizaine d'années.

25 Septembre 2013 à 16H28, mis à jour le 18 Octobre 2013 à 9H15

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Le gouvernement du Québec a publié le 25 septembre, dans la Gazette officielle du Québec, un décret créant l'Ordre professionnel des sexologues du Québec. «Nous nous réjouissons de la création de l'Ordre, car nous travaillons sur ce dossier depuis plus d'une dizaine d'années», souligne le professeur Michel Goulet, directeur du Département de sexologie de l'UQAM. L'Association des sexologues du Québec (ASQ) et le Regroupement professionnel des sexologues du Québec (RPSQ) ont également participé activement aux travaux du comité conjoint qui ont mené à la création de ce nouvel ordre professionnel. Les présidentes de l'ASQ et du RPSQ, Lise Desjardins et Valérie Marchand, sont diplômées de la maîtrise en sexologie de l'UQAM.

Le titre de sexologue sera désormais réservé uniquement aux membres accrédités par l'Ordre des sexologues du Québec. Ceux-ci pourront également exercer la psychothérapie et utiliser le titre de psychothérapeute conformément aux dispositions du Code des professions.

Avant la création de l'Ordre, les praticiens dans le domaine étaient regroupés au sein de l'ASQ ou du RPSQ. «La création d'un ordre professionnel permet d'entrer dans le système régi par l'Office des professions du Québec, explique Michel Goulet. Les associations et les regroupements s'occupent des intérêts de leurs membres, tandis qu'un ordre professionnel comporte un volet favorisant la protection du public. Une réglementation vise à assurer la qualité de la formation des membres ainsi que des services professionnels rendus.»

Les diplômes menant au permis

Le décret mentionne explicitement que les diplômes suivants de l'UQAM donnent accès au permis délivré par l'Ordre professionnel des sexologues du Québec (l'UQAM étant la seule université au Québec à offrir des programmes de baccalauréat et de maîtrise en sexologie):

- Baccalauréat en sexologie (B.A.)
- Baccalauréat en sexologie (enseignement) (B.A.)
- Baccalauréat d'enseignement en sexologie (B.A.)
- Baccalauréat spécialisé en enseignement (sexologie) (B.A)
- Maîtrise en sexologie (concentration clinique ou recherche-intervention) (M.A.)
- Maîtrise en sexologie (concentration information en sexologie) (M.A.)
- Maîtrise en sexologie (concentration information-sexologie) (M.A.)
- Maîtrise en sexologie (concentration counseling) (M.A.)
- Maîtrise en sexologie

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Michel Goulet. Photo: Nathalie St-Pierre.

«Nous avons demandé à ce que soient incluses toutes les dénominations de nos programmes depuis la création du Département de sexologie, ceci afin que tous les diplômés concernés puissent effectuer une demande de permis auprès de l'Ordre», précise Michel Goulet.

Le nouvel ordre n'accueille pas uniquement des cliniciens, ajoute-t-il fièrement. «Les bacheliers en sexologie qui travaillent en éducation ou dans le domaine de la formation, de même que les diplômés de la maîtrise en recherche-intervention, qui œuvrent souvent au sein d'instituts de recherche, peuvent également obtenir le permis de l'Ordre des sexologues du Québec.»

La sexologie à l'UQAM

L'UQAM s'est consacrée dès 1969 à la formation de pédagogues spécialisés en sexologie dans le cadre de son programme de formation des maîtres. «L'UQAM voulait participer au mouvement de modernisation de la société québécoise et se distinguer des autres universités en développant un nouveau champ de connaissances», soulignait en 2010 André Dupras, diplômé des premières cohortes en sexologie et professeur à l'UQAM.

«Au début, racontait-il, les étudiants étaient majoritairement des garçons. Mais la sexologie s'est rapidement féminisée, comme d'autres disciplines des sciences humaines telles que la psychologie et le travail social. Elle a fait écho au mouvement d'émancipation des femmes, aux questionnements concernant la reproduction, la contraception et l'avortement.»

«L'arrivée d'un département de sexologie à l'UQAM a favorisé le développement de programmes de baccalauréat et de maîtrise dont l'originalité repose, depuis toujours, sur une approche multidisciplinaire par l'étude des dimensions biologiques, psychologiques et sociologiques de la sexualité», expliquait en 2010 la professeure Josée S. Lafond, aujourd'hui doyenne de la Faculté des sciences humaines.

L'UQAM a été la première – et est toujours la seule – université au Québec à offrir un baccalauréat, puis une maîtrise en sexologie. «Hors de l'université, les étudiants étaient perçus comme des personnes obsédées par le sexe ou aux prises avec des problèmes sexuels. Des rumeurs circulaient à l'effet que nos cours étaient des laboratoires où on expérimentait des choses pas très catholiques!», racontait en riant la sexologue Jocelyne Robert, diplômée du baccalauréat en sexologie en 1982.

L'UQAM a également été la première université en Amérique du Nord à créer un programme de doctorat en sexologie. «La sexologie s'est constituée en un champ d'étude et de recherche interdisciplinaire, autonome et distinct, rappelait Michel Goulet dans une entrevue accordée lors de l'annonce de la création du doctorat, en 2010. L'approche interdisciplinaire en sexologie favorise les échanges, confronte les perspectives et les méthodes, tout en permettant aux étudiants d'acquérir une capacité d'analyse plus large des enjeux en matière de sexualité. Le fait de côtoyer des collègues issus de différents horizons disciplinaires, au sein d'un même département, transforme aussi le regard que chacun porte sur son propre objet d'étude.»

Autre innovation, le Département de sexologie a créé la Clinique de sexologie de l'UQAM en 2006. Lieu de recherche et de stages, la clinique offre aujourd'hui des services de consultation tant à la collectivité de l'UQAM qu'à la population montréalaise.

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