Des mines plus socialement acceptables

L'indice de risque social permettra de mesurer les impacts des projets miniers sur les populations.

4 Décembre 2013 à 13H40

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La Chaire en entrepreneuriat minier UQAT-UQAM dirigée par le professeur Michel Jébrak a obtenu une aide financière du Fonds pour l’éducation et la saine gouvernance (FESG) de l’Autorité des marchés financiers afin de développer un indice du risque social dans les projets miniers

Cet indice a pour but d'analyser les différentes conceptions du risque social que représente un projet minier du point de vue des différents groupes et acteurs sociaux, d’identifier les composantes de ce risque et les indicateurs les plus significatifs qui se rattachent à chacune de ces composantes. Le projet vise à développer cet outil de mesure, à le tester et à le diffuser. L’indice s’appliquera pour le moment à des projets miniers situés au Québec.

Trois autres chaires de recherche ont participé au développement de l'indice, soit la Chaire de relations publiques et communication marketing (Stéphanie Yates, professeure au Département de communication sociale et publique), la Chaire de gestion de projet ESG UQAM (Valérie Lehmann, professeure au Département de management et technologie)  et la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable (Corinne Gendron, professeure au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale). Charles Séguin, professeur au Département des sciences économiques et associé à l’Institut des sciences de l’environnement, Suzanne Durand, professeure à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et cotitulaire de la Chaire en entrepreneuriat minier UQAT-UQAM, Kristina Maud Bergeron, agente de recherche à la Chaire, et Pierre-Yves Le Meur, anthropologue à l’Institut de recherche pour le développement (Nouméa, Nouvelle-Calédonie), complètent l’équipe de recherche. L’équipe du professeur Jébrak est déjà engagée dans la phase de documentation. Les travaux pour construire l’indice et le tester se poursuivront tout au long de l’année 2014.

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Michel Jébrak. Photo: Nathalie St-Pierre

L’acceptabilité sociale est de plus en plus considérée comme une condition essentielle pour qu’un projet minier aille de l’avant. «Au démarrage d’un projet, les entrepreneurs miniers disposent de peu d’outils pour déterminer à quel point leur projet est socialement acceptable, explique le titulaire de la Chaire, Michel Jébrak, également professeur au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère. Les communautés s’inquiètent de la compatibilité des valeurs et des pratiques des entreprises d’exploitation des ressources avec leur propre histoire et leur vision de l’avenir. Les gouvernements et les actionnaires des entreprises sont également soucieux de savoir si un projet minier présente des risques de rejet social.»

Au Québec, la pratique la plus courante pour évaluer le risque social associé à un projet minier consiste à faire un portrait socioéconomique complet d’un milieu, alors que le projet est déjà bien défini. Cette démarche, assez longue, est également jugée hasardeuse par les entrepreneurs, parce qu’elle peut remettre en cause certains aspects du projet. En intégrant les facteurs sociaux ayant le plus d’impact sur l’évolution d’un projet minier au cours des premières étapes de son développement, le nouvel indice aura l’avantage d’être plus économique et de minimiser les risques de toutes sortes. Les entrepreneurs, investisseurs, communautés d’accueil et gouvernements pourront bénéficier, plus tôt dans le processus, d’informations utiles pour la révision ou même la refonte complète du projet. L’analyse avancée du risque devrait également faciliter la gestion de la responsabilité sociale de l’entreprise.

L’analyse comporte deux volets. Les facteurs se rapportant aux caractéristiques propres à l’entreprise, à la communauté et au projet dans son contexte naturel constituent le premier volet, celui de la «caractérisation». L’histoire et la réalité économique d’une communauté, le style de gestion et la crédibilité d’une entreprise, la toxicité de la substance prospectée et la fragilité du milieu naturel sont des exemples des éléments pris en compte.

Dans le deuxième volet, trois facteurs reliés aux «communications» doivent être analysés afin de les évaluer de manière semi-quantitative: l’écart entre les positions des acteurs; le degré de flexibilité dans la prise de position de chacun des acteurs et la fluidité des communications entre eux. Il en résultera un indice synthétisant de multiples informations sur un projet minier donné, permettant de mieux juger de sa viabilité dès ses premières étapes.

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