Sexe ou course à pied?

Courir durant 30 minutes permet de dépenser plus du double des calories brûlées pendant une relation sexuelle.

31 Octobre 2013 à 16H58

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Une étude publiée par des chercheurs de l'UQAM suscite beaucoup d'intérêt sur le Web depuis quelques jours. Des sites comme La Presse.ca, Le progrès.fr, Business Insider et Cosmopolitan Australie comptent parmi ceux qui en ont fait mention. Les professeurs Antony D. Karelis et Mylène Aubertin-Leheudre, du Département de kinanthropologie, ainsi que Joseph Lévy, du Département de sexologie, sont cosignataires de cette étude avec l'étudiante à la maîtrise en kinanthropologie Julie Frappier et Isabelle Toupin, de l'Université de Montréal.

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Antony Karelis. Photo: Nathalie St-Pierre

Publiée le 24 octobre dernier dans PLOS ONE, une revue scientifique généraliste en accès libre, l'étude intitulée «Energy Expenditure during Sexual Activity in Young Healthy Couples» montre qu'avoir une relation sexuelle ne permet pas de dépenser autant d'énergie qu'une séance d'activité physique. Les chercheurs sont arrivés à un tel constat en faisant appel à 21 couples hétérosexuels âgés de 18 à 35 ans et en bonne santé. Les participants, à qui on avait demandé de porter un capteur qui mesure la dépense énergétique au bras, devaient courir pendant 30 minutes sur un tapis de course à une intensité modérée-élevée. Ils devaient aussi avoir une relation sexuelle (à la même intensité) durant la semaine en gardant leur capteur. Les chercheurs ont comparé le nombre de calories dépensées pour chaque activité.

Pendant les rapports sexuels, d'une durée de 25 minutes environ, les hommes ont brûlé en moyenne 101 calories (4,2 calories par minute), et les femmes, 69 calories (3,1 calories par minute). Sur le tapis de course, les hommes ont dépensé en moyenne 276 calories (9,2 calories par minute) en 30 minutes et les femmes 213 calories (7,1 calories par minute), soit un peu plus du double des calories dépensées pendant l'acte sexuel. «Faire l'amour à une intensité modérée demande plus d'effort énergétique que de marcher à une vitesse de 4,8 km/h, mais pas autant qu'une séance de jogging, précise Antony Karelis. Certains couples ont réussi à dépenser plus d'énergie en ayant une relation sexuelle de plus longue durée que la moyenne, mais, règle générale, le sexe ne remplace pas le sport en termes de calories dépensées.»

L'étude avait pour but de mesurer l'activité sexuelle en termes de calories dépensées par minute et de comparer les données obtenues à l'énergie brûlée pendant l'activité physique, ce qui n'avait jamais été fait auparavant explique le chercheur. Les participants étaient par ailleurs invités à avoir des relations sexuelles à la maison plutôt que dans un laboratoire, comme c'est la norme lorsqu'il est question d'étudier des comportements sexuels chez l'humain. «Cela se faisait ainsi de manière plus naturelle et les couples étaient plus à l'aise», observe le professeur. Ce dernier ne peut expliquer pour l'instant la différence marquée entre les sexes du point de vue de l'énergie dépensée. «Est-ce dû au fait que les hommes sont en général plus lourds que les femmes? Cela reste à voir.»

Les couples ayant participé à l'étude devaient également remplir un questionnaire sur leurs perceptions des rapports sexuels et comparer les deux activités en termes d'effort et d'appréciation. Les résultats ont démontré un net penchant des participants pour l'acte sexuel! «Cette étude souligne l'importance de garder une vie sexuelle active tout au long de l'existence. C'est un gage de qualité de vie», note Antony Karelis.

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