La dernière étape

Je crois que l’aspect le plus marquant de mon parcours ici aura été l’environnement: la magie des lieux, mais aussi les ressources.

21 Mai 2013 à 0H00

Léticia Villeneuve fait ses études de 2e cycle à la célèbre université d'Oxford, en Angleterre. Elle est diplômée du baccalauréat en relations internationales et droit international de l’UQAM et boursière de la Fondation Rhodes.

Je suis de retour d’une petite semaine de vacances après la remise de mon mémoire. Je suis maintenant prête (du moins, je l’espère) pour affronter la dernière étape du programme de maîtrise à Oxford : la session d’examens finaux. Je redoute un peu moins ce moment que l’an dernier, car je sais un peu à quoi m’attendre, mais le stress est quand même au rendez-vous. Il faut dire que l’évaluation des quatre cours suivis dans les deux dernières années reposera exclusivement sur quatre examens de trois heures, étalés dans une même semaine,  et comportant un grand total de… douze questions. Ça ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre, surtout considérant l’étendue de la matière. Au moins, j’ai quelques semaines devant moi pour réviser.

Alors que j’en suis à préparer cette dernière étape, je commence peu à peu à dresser le bilan de mon expérience. Je crois que le plus grand défi aura été l’adaptation à la pédagogie oxfordiennne. L’accent est mis sur le développement d’un argumentaire critique et créatif, ce qui est très stimulant, mais que l’on encourage parfois au détriment de la recherche factuelle approfondie. D’autant plus qu’une certaine rapidité d’exécution est valorisée, comme en témoignent les exigences de rédaction hebdomadaires et les examens, où un essai doit être bouclé en une heure.

La logique derrière le système de tutorat est également très différente de ce que l’on connaît chez nous. On écrit constamment des essais qui ne sont pas évalués formellement, mais que l’on doit plutôt défendre auprès de superviseurs et de collègues. Il m’était ainsi bien plus difficile de me détacher de mon travail et d’en être satisfaite, comparativement à un travail que l’on soumet pour évaluation et que l’on oublie jusqu’à la remise des notes.

Je crois toutefois que l’aspect le plus marquant de mon parcours ici aura été l’environnement: la magie des lieux, mais aussi les ressources. Avec une centaine de bibliothèques, de multiples conférences de haut niveau et, surtout, une communauté universitaire tissée très serrée dans une ville centrée sur son université, Oxford est un environnement exceptionnel qui pousse au dépassement académique et personnel. Je suis extrêmement reconnaissante envers la Fondation Rhodes de m’avoir permis de profiter d’une telle chance, mais aussi envers mes collègues de l’UQAM, dont le soutien a été marquant dans mon parcours universitaire.

Pour l’instant, en attendant d’enfiler ma tenue subfusc officielle et d’épingler l’œillet rouge à ma toge en vue de mon dernier examen, j’entame ma révision sur un air d’été qui semble vouloir apparaître. L’arrivée du soleil et des températures clémentes s’accompagnent de savoureux moments typiquement british. Les pelouses sont prises d’assaut par les matchs de criquet, tournois de croquet et parties de tennis sur gazon. Les supporters lèvent leur verre de Pimm’s en grignotant des sandwichs au concombre et les petites rivières sont envahies par les punts, bateaux plats en bois très populaires que l’on propulse à l’aide d’un long bâton appuyé au fond de l’eau. Je croise les doigts pour que tout cela dure jusqu’à ce que je puisse en profiter pleinement, une fois arrivé le moment tant attendu : ma sortie de l’Examination School après mon dernier examen, sous les acclamations de mes amis et, tradition oxfordienne oblige, une pluie de guirlandes et de confettis.

Bon été à tous et merci d’avoir partagé mes aventures au cours des deux dernières années!

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