Ententes DEC-BAC

Des programmes en sciences offrent aux diplômés du collégial technique de leur reconnaître des crédits.

12 Septembre 2013 à 8H52

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Photo: Nathalie St-Pierre

Les ententes DEC-BAC existent déjà à l'UQAM. Ce sont les responsables du programme en informatique et génie logiciel qui ont parti le bal il y a quelques années en concluant ce type d'entente avec les programmes de DEC en techniques de l'informatique des collèges Ahuntsic, Bois-de-Boulogne, Maisonneuve, Montmorency et Rosemont, ainsi qu'avec le cégep de Saint-Hyacinthe. Dans ce domaine, les étudiants qui font le saut du DEC au bac peuvent se voir reconnaître jusqu'à 15 crédits.

En octobre 2012, l'UQAM et le cégep Saint-Laurent ont conclu une entente pour créer une passerelle entre les programmes de formation de DEC en Techniques de bioécologie et de baccalauréat en biologie en apprentissage par problèmes (APP). Cette entente stipule qu'un étudiant diplômé du DEC technique en question peut se voir reconnaître jusqu'à 30 crédits en vertu des compétences acquises durant ses études collégiales. Le même genre d'entente a été signée en juin dernier avec le Collège Ahuntsic entre ses programmes de DEC en Technique de laboratoire, chimie analytique et le baccalauréat en chimie de l'UQAM, puis entre le DEC en Technique de laboratoire, biotechnologies et le baccalauréat en biochimie.

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Mario Morin, doyen de la Faculté des sciences. Photo: Nathalie St-Pierre.

«Nous offrons plusieurs cours construits un peu comme la formation collégiale technique, en petites classes avec des travaux pratiques, explique le doyen de la Faculté des sciences, Mario Morin. Pour les étudiants issus de DEC technique, c'est vécu comme une continuité.»

Une entente DEC-BAC est différente d'un cheminement intégré DEC-BAC, explique-t-il. «Le cheminement intégré est plus contraignant, car l'étudiant s'engage à long terme dans un DEC suivi d'un BAC. La philosophie des ententes est uniquement d'attirer l'attention des étudiants de DEC technique en leur indiquant que s'ils souhaitent poursuivre au baccalauréat, nous pouvons leur reconnaître des crédits, ce qui allègera leur cursus.»

Il y a quelques années, un sondage Léger Marketing mené pour le compte de l'UQAM a révélé que le grand public n'associait pas spontanément les mots sciences et UQAM. «Ce n'était pas un jugement sur la qualité de nos programmes, note avec philosophie Mario Morin. Nous n'apparaissions tout simplement pas sur l'écran radar des gens!»

Les choses changent, lentement mais sûrement, grâce entre autres à des visites dans les cégeps du grand Montréal, menées par des membres de la direction et des professeurs de la Faculté des sciences. «En collaboration avec Dominique Lapointe, directrice du Service de la formation universitaire en région, qui connaît bien le réseau collégial, et l'agente de recherche Kathy Meilleur, nous avons préalablement évalué les similitudes entre nos programmes et les programmes techniques des cégeps que nous voulions visiter, explique le doyen. La première étape nous permettait de nous présenter auprès des cégeps et de soumettre nos observations et nos propositions en matière d'entente DEC-BAC.»

La deuxième étape était d'accueillir les responsables des cégeps, direction et professeurs à la Faculté des sciences, pour une visite des installations et des locaux. «Les enseignants de cégeps sont surpris par la qualité de nos installations, confie le doyen. Nous avons un campus ultra-moderne dont nous sommes très fiers. Nous n'avons rien à envier aux autres universités canadiennes.»

Des étudiants motivés

Plusieurs étudiants inscrits dans un DEC technique manifestent leur intention de poursuivre leurs études à l'université. «Ce sont des étudiants convaincus qui ont parfois choisi depuis longtemps leur domaine de prédilection, souligne Mario Morin. En se renseignant un peu, ils s'aperçoivent que les possibilités de carrière seront très intéressantes avec un baccalauréat en poche.»

Les étudiants qui proviennent d'un DEC technique réussissent bien au baccalauréat et même aux cycles supérieurs, ajoute-t-il. «Au baccalauréat en informatique, par exemple, entre 10 et 15 % des étudiants inscrits le sont sur la base d’un DEC technique. Leur taux de diplomation est supérieur au taux de diplomation moyen de la Faculté des sciences.»

Les sciences en vogue?

La Faculté des sciences s'assure de donner de la rétroaction aux cégeps, notamment à propos de la réussite de leurs étudiants une fois inscrits au baccalauréat. «C'est important pour eux de savoir si leurs anciens étudiants réussissent bien à l'université, et cela les incite à signifier en retour l'existence des ententes DEC-BAC à leurs étudiants actuels.»

Malgré le déclin de la population collégiale, la tendance semble bonne pour les inscriptions en sciences, note Mario Morin. «Les inscriptions dans les programmes de premier cycle à la session d’automne sont en hausse. À l'automne 2009, nous avions environ 2300 étudiants, alors que l'an dernier, ils étaient plus de 3100.» Est-ce que la science aurait la cote auprès des étudiants collégiaux? «Je crois que oui, mais c'est un phénomène cyclique. Profitons-en et tentons de nous faire connaître pour que les mots sciences et UQAM aillent de pair!», conclut le doyen.

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