Tchekhov défolklorisé

La professeure Angela Konrad adapte et met en scène La Cerisaie à l'Usine C.

12 Novembre 2013 à 16H55

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Dominique Quesnel dans le rôle de Lioubov. Photo: Vivien Gaumand

La professeure de l'École supérieure de théâtre Angela Konrad signe la mise en scène de Variations pour une déchéance annoncée, d'après la célèbre pièce La Cerisaie de Tchekhov, un spectacle présenté jusqu'au 16 novembre à l'Usine C, à Montréal. Il s'agit de la première création de la compagnie La Fabrik, dirigée par la metteure en scène et dramaturge d’origine allemande.   

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Angela Konrad. Photo: Nathalie St-Pierre

«Tchekhov savait, lorsqu’il écrivait La Cerisaie, peu de temps avant la révolution russe de 1905, qu’il allait mourir«, souligne la professeure, qui a voulu «débarrasser La Cerisaie de son fatras folklorique, de ses samovars et de cette nostalgie qui nous arrange si bien». Angela Konrad a décidé de décaper Lioubov, le personnage central, de sa décadence et de lire dans son incapacité de «sauver» la cerisaie un refus de la logique marchande et la conviction profonde que la valeur symbolique d’une maison, d’un verger, n’est pas monnayable. «Variations pour une déchéance annoncée présente la vision impitoyable d’un mourant, Tchekhov, et le sourire qu’il a pour des humains qui ne savent pas vivre et qui ne veulent pas mourir», note la dramaturge.

Angela Konrad a amorcé sa carrière en France, où elle a monté Bertolt Brecht (Baal, La mère), Shakespeare (Richard III, Hamlet) et Heiner Müller (Paysage sous surveillance). Variations pour une déchéance annoncée marque les premiers pas de la compagnie La Fabrik, qu’elle a fondée à Montréal, en 2012. La Fabrik fait une lecture de la société actuelle et de ses contradictions à travers des textes anciens et modernes.

 

 

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