Le recteur dresse son bilan du Sommet sur l'enseignement supérieur

28 Février 2013 à 11H00

Le recteur Robert Proulx dresse un bilan «assez positif» du Sommet sur l'enseignement supérieur qui s'est tenu les 25 et 26 février dernier. «Je crois que l'exercice était nécessaire, dit-il. Il a permis aux différents acteurs qui défendaient leurs positions dans la confrontation continuelle de se parler autour d'une table et, malgré des contraintes de temps importantes, d'identifier des grands thèmes qui vont devenir les cinq chantiers de travail annoncés par le gouvernement. C'était donc une bonne approche, qui a permis de progresser.»

Selon le recteur, les chantiers annoncés permettront non seulement de prendre plus de temps pour discuter des enjeux identifiés lors du Sommet, mais également d'apporter plus de cohérence aux discussions. «Ainsi, quand on traitera de gouvernance universitaire, ce ne sera pas dans le cadre des droits de scolarité ou du sous-financement, dit le recteur. On a canalisé les problèmes vers des chantiers précis, ce qui évitera les discussions qui partent dans toutes les directions.»

Robert Proulx se réjouit par ailleurs que le gouvernement ait nommé des personnalités crédibles à la tête des chantiers, dont Claude Corbo, son prédécesseur au rectorat de l'UQAM, et Lise Bissonnette, qui vient d'être nommée membre du conseil d'administration de l'Université. Ces derniers présideront respectivement le chantier visant à définir le mandat du futur Conseil national des universités, réclamé par plusieurs des parties au Sommet, et le chantier qui a pour but de définir les principes de la loi-cadre des universités, qui établira notamment les règles de gouvernance. 

Le recteur se montre également satisfait du cheminement accompli sur certaines questions qui ont fait l'objet de discussions au cours des semaines précédant le Sommet. Ainsi, la perspective d'un «financement modulé en fonction des disciplines ou d'universités à deux vitesses» est écartée pour l'instant. Selon lui, la vision de l'excellence universitaire qui a prévalu est celle que l'UQAM défend depuis toujours et qui est basée sur une conception de l'université comme moteur de développement social. «Certains principes de base ont été affirmés et cela est positif», dit Robert Proulx.

Toujours en ce qui concerne le financement des universités, même s'il demeure inquiet par rapport aux conséquences des compressions actuellement exigées des établissements, le recteur accueille favorablement l'engagement du gouvernement à l'égard d'un plan de réinvestissement permettant notamment l'embauche de nouvelles ressources. 

Quant à la question des droits de scolarité, la décision du gouvernement d'opter pour l'indexation, compréhensible dans l'état actuel des finances publiques, ne devrait pas, selon lui, mettre fin au débat. «Certains défendent le gel, d'autres l'indexation, d'autres l'augmentation des droits de scolarité et d'autres encore la gratuité, rappelle-t-il. Il faut en débattre et le fait qu'on soit actuellement dans une situation budgétaire difficile ne devrait pas nous empêcher de considérer, dans une perspective d'avenir, toutes les positions défendues par les différentes parties.»

Robert Proulx voit d'un bon œil le chantier sur l'accessibilité et la volonté exprimée par le gouvernement de bonifier l'aide financière accordée aux étudiants. De même, croit-il, le fait que la question des frais afférents ait été remise sur la table devrait être interprété comme un signal positif par les étudiants.

«Nos étudiants ont des choses à dire, dit le recteur. Au-delà de la question des droits de scolarité, ils réclament des changements de société. Dans la mesure où on maintient le dialogue avec eux, on progresse vers une meilleure compréhension de part et d'autre. Et quand il y a possibilité de discussion, les risques de conflit et de confrontation sont moins présents.»

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