Les applications du futur

Le LATECE se veut à l'avant-garde des applications d'affaires électroniques.

12 Décembre 2013 à 15H44

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Vous entrez à l'épicerie et votre téléphone intelligent reçoit des messages personnalisés. On vous propose, par exemple, d'acheter des couches de taille 3 parce que vous avez acheté des couches de taille 2 trois mois auparavant. Science-fiction? Il semble que non, puisque certaines entreprises sont déjà à pied d'œuvre afin de développer ce genre d'applications d'affaires électroniques, dites réactives. «La conception de ce type d'applications requiert une réflexion en amont qui touche à la psychologie du consommateur, au marketing, à la gestion de l'entreprise et aux possibilités technologiques», explique Hafedh Mili, professeur au Département d'informatique et directeur du Laboratoire de recherche sur les technologies du commerce électronique (LATECE).

Le LATECE a pour objectif d'explorer les aspects technologiques des applications d'affaires électroniques. «Nous nous intéressons à l'ensemble du cycle de vie d'une application, de sa conception jusqu'à sa mise en production, précise son directeur. Nous avons des experts qui se penchent sur les processus d'affaires en jeu, des spécialistes en génie logiciel qui interviennent dans la conception, d'autres dans la mise sur pied d'une infrastructure pour la faire fonctionner adéquatement. Nous avons aussi des spécialistes en big data,qui exploitent les données générées par l'application afin de l'optimiser.»

Le laboratoire regroupe une vingtaine de chercheurs universitaires – en intelligence artificielle, en télécommunication, en génie logiciel et en informatique de gestion –,  une soixantaine de stagiaires de recherche au premier cycle et au postdoctorat ainsi que des étudiants à la maîtrise et au doctorat. «Nous souhaiterions accueillir plus de chercheurs en sciences de la gestion et en sociologie, souligne Hafedh Mili, car les réseau sociaux jouent un rôle grandissant dans l'univers des applications d'affaires électroniques.»

Les chercheurs du LATECE s'intéressent autant aux applications existantes que des entreprises veulent bonifier qu'à celles en devenir. «Lors de la première vague d'informatisation, il y a 30 ou 40 ans, on a d'abord voulu informatiser des processus manuels, comme par exemple la gestion d'inventaire, rappelle le chercheur. Avec Internet, nous n'en sommes plus à imiter, automatiser ou optimiser des processus manuels: nous implantons des processus inédits.»

En mode collaboratif

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Naouel Moha, Hafedh Mili et Jean Privat. Photo: Nathalie St-Pierre.

Le LATECE s'est donné trois missions complémentaires: développer des connaissances dans le domaine, former du personnel hautement qualifié et aider ses partenaires de l'industrie à exceller dans leur domaine. «Nous n'avons pas de projets à vendre aux entreprises, explique Hafedh Mili. Au contraire, nous sommes à l'écoute de leurs besoins et de leurs problématiques. Nous apportons des solutions!»

Différents types de partenariats peuvent être mis en place entre le LATECE et les entreprises intéressées: accueil de stagiaires, consultation, recherche et développement en sous-traitance (pour résoudre un problème précis), recherche et développement en collaboration (lorsque du personnel d'une entreprise participe à la recherche) et alliance stratégique. «Ce sont les alliances stratégiques que nous souhaitons développer davantage, car elles nous permettent d'établir un programme de recherche à long terme. Plus les compagnies s'investissent avec nous, plus elles profiteront des bénéfices», dit en riant le directeur.

Réseautage essentiel

Le directeur du LATECE a présenté ces différents modes collaboratifs lors d'un 5 à 7 de réseautage université-industrie, qui a eu lieu à l'UQAM en novembre dernier et qui réunissait près de 60 chercheurs et représentants d’entreprises ainsi que des représentants d’organisations dont le mandat est de faciliter les partenariats (Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), PROMPT-QUÉBEC, MITACS). Les chercheurs du LATECE ont pu échanger avec des entreprises telles que Google, Ubisoft, CGI, Fujitsu, Hydro-Québec, Loto Québec et SAP.

«Cet événement avait pour but principal de mieux faire connaître les nombreuses expertises du LATECE», affirme Caroline Roger, directrice du Service des partenariats et du soutien à l’innovation (SEPSI) de l’UQAM, organisateur de l’événement en collaboration avec la Faculté des sciences et le CRSNG. Lors de son allocution d’ouverture, Mario Morin, le doyen de la Faculté des sciences, a rappelé que la Faculté s’est démarquée au fil des ans par son approche partenariale pour le développement de la recherche. «Un industriel présent à cette rencontre s'est dit agréablement surpris de voir pour la première fois des universitaires qui parlaient le même langage que lui», rapporte Marie-France Lisé, agente de recherche et de planification au SEPSI. «Il nous revient désormais d'effectuer un suivi auprès de ces entreprises pour explorer les possibilités de collaboration», note Hafedh Mili, qui est appuyé dans cette tâche par l'équipe du LATECE, dont ses deux directeurs adjoints, Jean Privat et Naouel Moha, professeurs au Département d'informatique.

Une bonne dose de créativité

Le modèle traditionnel de financement de la recherche n'encourage pas la créativité, déplore Hafedh Mili. «Un chercheur qui développe un bon créneau devient connu et on le finance sur la base de son expertise. Il n'a aucun intérêt à changer de créneau et cela ne favorise pas la prise de risques. C'est dommage. Moi, au contraire, je viens de me lancer dans un projet auquel je ne connais rien!»

Le directeur du LATECE est fier d'avoir lancé un concours visant à financer, à même les fonds du laboratoire, deux projets créatifs. «Il faut que ce soit des projets flyés à haut risque, explique-t-il. Nous avons identifié des problématiques intéressantes dans le domaine des applications d'affaires électroniques et nous avons décidé de relever le défi même s'il y a une part d'inconnu pour certaines d'entre elles. C'est de cette façon que nous pourrons être à l'avant-garde dans notre domaine.»

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