Dopamine et locomotion

Une découverte neuroscientifique pourrait changer la façon d'aborder le traitement de la maladie de Parkinson.

16 Septembre 2013 à 11H30

Des chercheurs de l'équipe de Réjean Dubuc, professeur au Département de kinanthropologie et directeur du Groupe de recherche en activité physique adaptée, ont découvert une nouvelle voie dans le cerveau par laquelle la dopamine peut contrôler la marche. Ces travaux ont été récemment publiés par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Dimitri Ryczko, chercheur postdoctoral dans le laboratoire du professeur Dubuc, a réalisé l'étude en collaboration avec des étudiants de l'UQAM et de l'Université de Cologne (Allemagne) ainsi que de chercheurs de l'Université de Montréal et de l'Université de l'Illinois (Chicago).

«Selon le dogme actuel, les mouvements de marche dépendent de la transmission de signaux dopaminergiques envoyés aux ganglions situés à la base du cerveau, qui à leur tour activent un centre de contrôle de la marche dans le tronc cérébral, explique Réjean Dubuc. La perte du signal dopaminergique dans les ganglions de la base a été associée à des déficits de mouvement dans la maladie de Parkinson.»

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Les chercheurs se sont appuyés sur des découvertes récentes chez le singe et le rat suggérant l'existence d'une connexion directe entre les cellules dopaminergiques et le centre de contrôle de la marche. Ils ont utilisé des traceurs anatomiques sur des lamproies – des poissons sans mâchoires mobiles – pour distinguer les neurones qui interagissent avec diverses régions du cerveau. Leurs résultats montrent que de nombreuses cellules dopaminergiques contournent les ganglions de la base pour se connecter directement au centre de contrôle de la marche.

Les chercheurs ont constaté que lorsqu'ils activent ces neurones, la dopamine est libérée dans le centre de contrôle de la marche. Lorsqu'ils bloquent l'effet de la dopamine sur le centre de contrôle de la marche, la production de mouvements locomoteurs diminue de façon marquée.

«L'étude montre pour la première fois que les neurones contenant la dopamine peuvent agir directement sur le centre qui contrôle la locomotion, souligne Réjean Dubuc. Ces résultats changent considérablement notre compréhension du rôle de la dopamine dans le contrôle de la marche, et pourraient avoir d'importantes implications pour le traitement des troubles du mouvement dans la maladie de Parkinson.»

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