Reconnaître l'excellence

L'UQAM doit favoriser l'implantation d'une culture de reconnaissance de l'excellence en recherche et en création, affirme le vice-recteur Yves Mauffette.

16 Avril 2013 à 0H00

Comme plusieurs autres universités, l'UQAM soumet chaque année des candidatures de professeurs pour l'obtention de prix d'excellence en recherche ou en création. Même si le nombre de candidatures a augmenté au fil des ans et que les chercheurs font souvent bonne figure, le vice-recteur à la Recherche et à la création, Yves Mauffette, estime que «l'UQAM doit développer une culture de reconnaissance de l'excellence en recherche et en création.»    

C'est pourquoi son Bureau et le Conseil de la recherche et de la création (COREC), la plus haute instance consultative de l'UQAM en cette matière, ont mis sur pied, il y a deux ans, le Comité institutionnel des prix et des distinctions, sorte de comité de sages composé de professeurs émérites tels que Céline Saint-Pierre (sociologie), Jacques Lévesque (science politique) et Pierre Fortin (sciences économiques). Ces professeurs, qui jouissent d'une grande crédibilité tant à l'Université que dans la société en général, comptent parmi les personnes les plus aptes à conseiller le Bureau du vice-recteur dans le choix des meilleurs candidats pour des prix particulièrement importants : Prix du Québec, Prix du Gouverneur général du Canada, Prix de l'ACFAS et Prix de l'Université du Québec.

L'UQAM est encore jeune et n'a pas développé autant que d'autres universités une culture de reconnaissance de l'excellence, note Jean-Pierre Richer, conseiller d'Yves Mauffette. «Des professeurs en milieu ou en fin de carrière nous disent qu'ils ont encore beaucoup de travail à accomplir avant de mériter un prix. Leurs réalisations sont pourtant impressionnantes et nous essayons de les convaincre de l'importance de les faire reconnaître, que ce soit en recherche, en création, en enseignement ou en services aux collectivités.»

Les chercheurs obtiennent déjà la reconnaissance de leurs pairs quand ils reçoivent une subvention ou lorsqu'ils publient un article dans une revue scientifique. «L'obtention d'un prix représente toutefois une forme de reconnaissance moins courante qui provient de la société et qui permet de donner une visibilité plus grande aux travaux de recherche», observe Yves Mauffette.

Repérer les bons candidats

Les facultés jouent un rôle particulièrement important dans le développement de la culture de la reconnaissance de l'excellence, soulignent le vice-recteur et son conseiller. Elles ont d'ailleurs créé, ces dernières années, des prix d'excellence en recherche et en enseignement pour leurs propres professeurs. Ce sont elles aussi qui, de concert avec le Bureau du vice-recteur, effectuent le travail de repérage et de sélection des bons candidats.

Un processus de mise en candidature peut être parfois long et les chercheurs ont besoin d'aide pour franchir les différentes étapes. «Il n'est pas facile de résumer sa carrière ou de faire son autobiographie intellectuelle, dit Jean-Pierre Richer, mais cet exercice permet de jeter un regard dans le rétroviseur, de faire le point et de réfléchir sur la portée de ses travaux.»

Récompenser l'engagement social

En  plus des prix traditionnels soulignant les contributions scientifiques dans différentes disciplines, il existe maintenant des prix interdisciplinaires ou intersectoriels qui récompensent non seulement l'excellence de la recherche, mais aussi l'engagement social des chercheurs. C'est le cas du Prix Acfas Pierre-Dansereau et du Prix du Québec Marie-Andrée-Bertrand, créés en 2012. Le premier vise à reconnaître l'engagement d'un chercheur ou d'un groupe de chercheurs en vue d'améliorer la qualité de la vie en société. Le récipiendaire remet sa bourse de 5 000 dollars à un organisme de son choix. Le second, attribué dans les disciplines des sciences humaines et sociales, rend hommage à un chercheur dont les travaux ont conduit au développement d'innovations sociales ayant contribué au mieux-être des personnes et des collectivités.

Selon Jean-Pierre Richer, plus d'un professeur à l'UQAM serait susceptible de recevoir l'un de ces prix. «Nous avons des chercheurs qui sont très présents sur la place publique, qui contribuent à la diffusion et au partage des savoirs ou dont les recherches alimentent les politiques publiques», rappelle-t-il.

Yves Mauffette souhaite par ailleurs que l'on encourage davantage les candidatures féminines, notamment en sciences et en sciences de la gestion, ainsi que l'excellence des réalisations en enseignement, un domaine trop souvent négligé. «Nous devons enfin préparer la relève et dénicher de nouveaux talents. De plus en plus d'organismes, comme l'Acfas, accordent maintenant des prix à de jeunes chercheurs ou à des étudiants chercheurs prometteurs.»   

Le fait d'attribuer un prix ou une distinction à un chercheur ou à un créateur n'a rien à voir avec l'élitisme, insiste le vice-recteur. «C'est une façon d'exprimer sa gratitude. De plus, cela rejaillit sur l'ensemble de l'institution, contribuant ainsi à renforcer la fierté de ses membres et leur sentiment d'appartenance.» 

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