Infrastructures de recherche

Douze professeurs reçoivent près de 4 millions de dollars du Fonds des leaders John-R.-Evans.

17 Avril 2014 à 10H32

Photo
Les subventions obtenues permettront de créer, de développer ou d'améliorer des infrastructures de recherche. Photo: Nathalie St-Pierre

Des professeurs de la Faculté des sciences et de la Faculté des sciences de l’éducation de l'UQAM ont obtenu près de 4 millions de dollars du Fonds des leaders John-R.-Evans de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI). Les douze chercheurs pourront ainsi créer, développer ou améliorer leurs infrastructures de recherche.

Ces subventions d’infrastructure représentent un apport significatif pour la recherche dans diverses disciplines et particulièrement dans les domaines de l’environnement (eaux souterraines, eaux usées, observation des lacs, contaminants); de la santé (obésité, développement embryonnaire); des changements climatiques; des nanomatériaux ainsi que des technologies et apprentissages dits mobiles.

La quantité, la qualité et la diversité des projets financés grâce à ce concours sont remarquables à plus d’un titre, observe le vice-recteur à la Recherche et à la création, Yves Mauffette. «En 2013, 27 des 30 dossiers soumis par l’UQAM au programme FCI ont été financés, précise-t-il. Ce taux de succès de 90 % est de 10 points supérieurs à la moyenne nationale. Cela démontre bien l’excellence des travaux des professeurs de l’UQAM.»

Les projets financés sont:

Jérôme Claverie, Département de chimie
Laboratoire d'analyse cristalline des matériaux fonctionnels

L'infrastructure permettra l'analyse de la cristallinité des matériaux par la technique de diffraction des rayons X. La cristallinité est une propriété essentielle de tous les matériaux qui permet non seulement de les distinguer, mais aussi d'en moduler les propriétés mécaniques, thermiques, optiques et électroniques. Les chercheurs qui se consacrent à la chimie des matériaux travaillent notamment à la création de nouveaux matériaux comme les polymères biodégradables ou les alliages utiles au domaine des énergies nouvelles.

Simon Collin, Département de didactique des langues
TEAM-lab (laboratoire «technologies et apprentissages mobiles»)

Cette infrastructure, pionnière au Canada dans l’exploitation du big data en éducation, a pour but de documenter les parcours d'usage éducatif des technologies par les étudiants universitaires, de façon continue dans le temps (suivi longitudinal) et dans l'espace (suivi à travers les contextes académique et social), dans une perspective véritablement «mobile» des apprentissages. TEAM-lab permet la collecte et l’extraction systématiques, automatiques et discrètes des données de géolocalisation et d’utilisation de tablettes tactiles, ainsi que leurs analyses quantitatives subséquentes. TEAM-lab contribuera à une meilleure compréhension du rôle des technologies dans l'apprentissage des étudiants universitaires, tant en contexte académique que social, ce qui permettra en retour d'en tirer des implications concrètes pour orienter l'intégration des technologies
dans les universités canadiennes.

David Dewez, Département de chimie
Laboratoire de biochimie analytique et environnementale des contaminants

La préservation de la qualité des écosystèmes d'eau douce, continuellement touchés par des rejets d’effluents contaminés, représente un des plus grands défis qui doivent être relevés par les autorités publiques locales et les organismes environnementaux en Amérique du Nord. Il devient important de développer des technologies efficaces d’assainissement des eaux usées avant leur rejet dans l’environnement aquatique. Le présent projet consiste à établir un nouveau laboratoire de biochimie analytique et environnementale des contaminants (le laboratoire BAEC) qui sera dédié à l’étude de la bioaccumulation des métaux et des nanoparticules métalliques dans les algues vertes.

Pierre Gauthier, Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère
Modélisation et observation de l'atmosphère appliquée à l'étude du climat à l'échelle régionale et à la prévision environnementale

La recherche en sciences de l’atmosphère est dépendante de la capacité à modéliser numériquement, avec le plus grand réalisme possible, un système d’une grande complexité impliquant les interactions entre l’atmosphère, les océans et la surface terrestre, et ce, à des résolutions spatiales et temporelles accrues. Ces modèles permettront d’anticiper les conséquences du changement climatique sur le pergélisol, sur la banquise et sur le littoral, des environnements particulièrement sensibles dans le contexte canadien. L’infrastructure demandée dotera les chercheurs d’une capacité d’archivage et d’analyse des résultats générés par les plateformes de calcul à haute performance de Calcul Canada. Elle rendra disponible à la communauté universitaire un système de modélisation et d’assimilation de données basé sur celui développé par Environnement Canada pour produire les prévisions météorologiques.

Ira Tanya Handa, Département des sciences biologiques
Une infrastructure pour soutenir la recherche sur la biodiversité et la décomposition dans les forêts canadiennes

Cette infrastructure contribuera à approfondir les connaissances sur le processus de recyclage de nutriments et les interactions entre les organismes qui contribuent à ce travail écologique en milieu forestier. Elle permettra de documenter la biodiversité du sol et de mesurer les processus sur le terrain ainsi qu'en laboratoire pour améliorer notre capacité à comprendre les conséquences de la perte en biodiversité pour la décomposition de la litière dans les forêts canadiennes.

Claude Hillaire-Marcel, Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère
Amélioration des capacités du Centre de recherche en géochimie et géodynamique (Geotop) pour les études isotopiques environnementales

Deux items ont été financés, soit des interfaces de haute sensibilité pour un instrument existant et un instrument de mesure de type «laser» pour la mesure des isotopes stables de l’eau. Des interfaces de haute sensibilité seront ainsi installées sur les spectromètres de masse à source plasma du Geotop. Celles-ci permettront d’analyser des échantillons infimes, ouvrant la porte à des études impossibles à entreprendre autrement. Quant à l’instrument de mesure des isotopes stables de l’eau par spectroscopie laser, il permet l’analyse d’un plus grand nombre d’échantillons en peu de temps, ce qui favorisera une meilleure participation à des projets internationaux, comme celui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Marie Larocque, Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère
Mise en place d’une infrastructure de recherche sur la recharge de l'eau souterraine (IRRES)

L’IRRES a pour but de mieux comprendre la dynamique spatio-temporelle des processus responsables du renouvellement des eaux souterraines. Un bassin versant expérimental et six stations témoins réparties sur le territoire québécois seront mis en place. Du nouveau matériel mobile et de laboratoire permettra de mieux comprendre la recharge et de dater les eaux souterraines. L'IRRES contribuera à développer substantiellement les connaissances scientifiques indispensables à une gestion intégrée des ressources en eau souterraine cruciales pour le développement socio-économique du Québec et du Canada. Les nouvelles connaissances acquises permettront de cibler des zones où les eaux souterraines pourraient être exploitées et d'autres où la protection de la ressource est nécessaire pour assurer son renouvellement.

Nicolas Pilon et Benoit Barbeau, Département des sciences biologiques
Acquisition d’un trieur de cellules de haute performance afin de mener des études innovatrices en recherche biomédicale

Cet appareil permettra d’isoler de manière très précise diverses populations cellulaires spécifiques, ce qui est essentiel pour comprendre comment des dérèglements/dysfonctionnements de ces cellules peuvent causer des maladies affectant entre autres la formation du placenta et le développement embryonnaire.

Yves Prairie, Département des sciences biologiques
Une plateforme analytique pour le soutien d'un réseau d'observatoires de lacs

Les observations sur les lacs devraient, à l’avenir, se faire majoritairement grâce à un réseau de systèmes autonomes, composés de bouées hautement instrumentées, prenant des mesures en continu sur quelques écosystèmes choisis. Cette équipe opérera le premier groupe de bouées autonomes au Canada. Cependant, en dépit des rapides progrès technologiques des dernières années, il est toujours impossible de mesurer en continu certaines données cruciales pour comprendre le fonctionnement écologique des lacs. On doit, par conséquent, compenser ces lacunes par des échantillonnages manuels qui sont analysés en laboratoire. La plateforme analytique obtenue servira à complémenter l’éventail des mesures avec des appareils de haute performance  pour échantillons provenant des lacs. Ces appareils permettent de mesurer très rapidement la photosynthèse des algues, de caractériser rapidement des milliers de cellules bactériennes et aussi de mesurer des composés chimiques par des méthodes développées pour des missions spatiales.

David St-Pierre, Département de kinanthropologie
Infrastructure permettant l'étude des effets des peptides gastro-intestinaux sur l'accumulation excessive de lipides dans les organes et tissus

Acquisition de nouveaux équipements de pointe requis par le laboratoire actuel, afin d’accélérer les travaux de recherche en cours, portant sur l’obésité et les désordres métaboliques. Une approche préventive, unique, basée sur le contrôle des mécanismes physiologiques impliquant les hormones peptidiques gastro-intestinales (GI) est privilégiée par cette équipe. On ignore toujours le rôle précis de ces substances dans la séquence d’événements qui précèdent et qui suivent la prise alimentaire. Ces travaux devraient permettre de définir les processus moléculaires et cellulaires par lesquels le gras peut s’accumuler à l’extérieur des tissus adipeux. On pourra ainsi être réaliser d’importantes percées dans les domaines de l’obésité et du diabète et former de nouveaux jeunes chercheurs compétents et innovateurs dans ces domaines.

Jonathan Verreault, Département des sciences biologiques
Analyse de contaminants organiques halogénés émergents dans l’environnement

L'infrastructure subventionnée consiste en un chromatographe en phase gazeuse couplé à un spectromètre de masse (GC-MS). Ce GC-MS sera utilisé pour l'identification et la quantification d'un large éventail de contaminants organiques (polybromodiphényléthers (PBDE) et retardateurs de flamme émergents, par exemple) à partir d'échantillons biologiques. Cet instrument représente un outil indispensable pour le suivi des contaminants organiques volatiles dans les échantillons environnementaux. Les retardateurs de flamme sont des composés moléculaires ajoutés à une pléthore de produits de consommation – dans les plastiques, les textiles, les matelas et les appareils électroniques – afin, comme leur nom l'indique, de retarder la propagation de la flamme en cas d'incendie.

David Widory, Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère
Améliorer la qualité des ressources en eau vis-à-vis des pollutions diffuses: un laboratoire innovant couplant chimie et isotopes

La production et l’usage du glyphosate, molécule principale de l’herbicide le plus vendu au monde, sont en constante augmentation, particulièrement depuis l'émergence de semences génétiquement modifiées tolérantes au glyphosate. L’acide aminométhylphosphonique (AMPA) est le principal métabolite du glyphosate dans l’environnement, qui peut également provenir de la dégradation d’autres contaminants phosphatés. De récentes études ont montré leurs possibles effets toxicologiques sur l’être humain, conduisant plusieurs pays à établir des limites de contamination dans les eaux. Des concentrations considérées dangereuses pour la vie aquatique ont même été atteintes, voire dépassées. Il est devenu essentiel de pouvoir incorporer un contrôle efficace du glyphosate (et de l’AMPA) dans le schéma actuel de surveillance des polluants organiques. Ce nouveau laboratoire propose de combiner, pour la première fois au monde, des approches quantitative et isotopique. Il sera à la fois possible de détecter et de quantifier la présence de glyphosate et d’AMPA dans notre environnement, tout en caractérisant les sources et les processus régulant leur gestion. La polyvalence de ce nouveau laboratoire permettra par la suite d’étendre le champ d’investigation à d’autres familles de polluants organiques.

PARTAGER