Expert en programmes d'études

Le processus de création et d'évaluation des programmes en sciences humaines n'a plus de secrets pour Serge Leroux.

15 Décembre 2014 à 17H12

Série Dans les coulisses de l'UQAM
Des employés de l'UQAM, ceux qui, dans les coulisses, assurent le bon fonctionnement de l'Université, parlent de leur rôle au sein de notre institution.

Serge LerouxPhoto: Nathalie St-Pierre

«Je n'avais jamais pensé faire ce type de travail, admet Serge Leroux, agent de recherche et de planification responsable de la création, de la révision, de la modification et de l'évaluation des programmes d'études à la Faculté des sciences humaines. Je me considère très chanceux d'avoir un emploi que j'adore et qui m'a permis d'avoir du temps à consacrer à mes enfants.»

Bien que son parcours soit atypique, ce détenteur d'un doctorat et d'un postdoctorat en histoire n'a pas à rougir du travail qu'il a accompli depuis 2004. En plus d'avoir participé à la création d'une vingtaine de programmes d'études, il aura été associé, en 2015, à l'évaluation complète de tous les programmes de grades – baccalauréats, maîtrises et doctorats. Un exploit si l'on considère que la Faculté des sciences humaines offre dix baccalauréats, neuf maîtrises et dix doctorats, en plus d'une quarantaine de programmes qui mènent à un autre diplôme ou à une attestation – majeures, mineures, certificats, programmes courts, DESS, concentrations.

L'excellence de son travail a été récompensée par le prix Atlas, à l'occasion de l'événement Les sciences humaines en tête et en fête, le 26 novembre dernier. «C'est un grand honneur de voir son travail reconnu par ses pairs, dit-il. J'entretiens une collaboration formidable avec le vice-doyen aux études de la faculté, avec l'ensemble des directeurs de programmes et de départements, ainsi qu'avec tous les services de l'Université qui s'occupent des programmes d'études, dont le Bureau de l'évaluation périodique des programmes, le Service de soutien académique, le Service de planification académique et de recherche institutionnelle et le Service de l'admission.»

Des expériences formatrices

Serge Leroux (B.A. histoire, 84; M.A. histoire, 88) a étudié à l'UQAM durant les années 1980, avant d'aller faire ses études doctorales et postdoctorales à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Après 10 années sur le Vieux Continent, il revient au Québec en 1998 pour se rapprocher de sa famille et de ses amis. Il réalise alors qu'il ne deviendra jamais professeur d'université, contrairement à certains de ses collègues. «À l'époque, il y avait une vague de compressions touchant les postes de professeurs, alors j'ai décidé de passer à autre chose». Au cours des années, il se plaît à faire de la correction d'épreuves et de la révision linguistique pour les éditions Hurtubise, puis à effectuer des recherches pour la Fédération étudiante universitaire du Québec.

En 2003, un poste de coordonnateur s'ouvre à la Faculté des sciences humaines. «Lorsque j'ai été embauché en même temps qu'une agente de recherche et de planification, il n'y avait plus de professionnels aux études pour nous former, rappelle-t-il. On a appris sur le tas, en téléphonant aux professionnels des autres facultés.» Rapidement, ses compétences sont mises à contribution dès qu'un dossier demande de la rédaction. Lorsque sa collègue quitte moins d'un an après, le doyen de la faculté à l'époque, un certain Robert Proulx – aujourd'hui recteur de l'UQAM –, n'hésite pas à lui offrir le poste d'agent de recherche et de planification, qu'il accepte aussitôt.

Évaluer des programmes…

Son arrivée en poste coïncide avec la nouvelle politique d'évaluation des programmes adoptée au Québec en 2005. Selon cette politique, tous les programmes de grades universitaires doivent être évalués aux 10 ans. Avec l'aide des directions de programmes, il construit un calendrier 2005-2015 pour les 30 programmes de grades devant être évalués. «Il y a quelques années, nous avions 14 programmes en cours d'évaluation en même temps! Heureusement, depuis l'an dernier, nous avons complété l'évaluation de plusieurs programmes.»

Serge Leroux agit comme conseiller du sous-comité à l'admission et à l'évaluation (SCAE) à toutes les étapes. «Pour tous les programmes, on consulte les étudiants, diplômés, professeurs, chargés de cours, employés. Dans le cas des programmes axés sur la professionnalisation, on consulte aussi les milieux socioprofessionnels, les milieux de stage et les superviseurs de stage.» C'est aussi lui qui coordonne la visite des experts externes et la synthèse des dossiers, qui doivent ensuite être approuvés par les différentes instances.

Toutes ces étapes prennent environ deux ans. «Les modifications les plus importantes aux programmes sont la révision de la banque de cours en fonction de l'évolution de la discipline et des nouveaux champs porteurs», précise-t-il.

… et en créer de nouveaux

Serge Leroux a aussi participé à la création d'une vingtaine de programmes, conseillant les professeurs depuis l'avis d'intention jusqu'à l'approbation finale par le ministère. Variable d'un programme à l'autre, le processus de création peut prendre de deux à trois ans pour les programmes sans grades, mais jusqu'à 10 ans pour ceux avec grades. «Le Bureau de la coopération universitaire, autrefois appelé la CRÉPUQ, exige un dossier en béton, principalement pour la question de la pertinence scientifique et sociale du programme. J'ai déjà redemandé à un directeur de programme de retravailler sur la pertinence scientifique, puisque je savais que ce ne serait pas approuvé.»

L'agent de recherche et de planification se dit particulièrement fier de la création en 2013 du doctorat en travail social, offert conjointement avec l'Université de Montréal et l'Université McGill. «Lorsque l'UQAM a proposé aux deux universités de se joindre à elles, l'Université McGill exprimait beaucoup de réticences. Je suis allé voir les responsables pour apaiser leurs craintes et la coopération s'est ensuite rapidement établie.»

Bonne réputation

Affable, accueillant et généreux, Serge Leroux se fait un plaisir de partager des documents ou des conseils avec ses collègues, qu'ils soient en sciences humaines ou dans d'autres facultés.

Les programmes de la Faculté des sciences humaines de l'UQAM ont une bonne réputation, comme en témoignent, chaque trimestre, les inscriptions aux trois cycles de quelque 5000 étudiants. «Tout le mérite de cette bonne réputation revient aux professeurs», dit-il humblement.

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