Fébrilité en Terre de Feu

L'expédition XPAntarctik est arrivée en Argentine et se prépare pour la traversée en direction du continent austral.

3 Février 2014 à 10H39

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Les membres de l'expédition XPAntarctik à Ushaïa, en Argentine. La doctorante Andrée-Anne Parent est la quatrième à partir de la gauche. Photo: XPAntarctik.

La doctorante en biologie Andrée-Anne Parent et ses collègues de l'aventure XPAntarctik ont embarqué le 2 février à bord du voilier Spirit of Sydney, qui traversera le passage Drake en direction du continent austral. Ce passage est reconnu pour être le plus tumultueux de la planète. Traverser les 1000 km qui séparent l'Amérique du Sud de l'Antarctique leur prendra environ une semaine. Nous avons joint la jeune chercheuse avant l'embarquement.

Partis de Montréal le 23 janvier, les membres de l'expédition sont arrivés à Buenos Aires, en Argentine, d'où ils ont ensuite gagné Ushuaïa, dans la province de la Terre de feu. «Nous sommes passés de l'humidité et de la chaleur de la capitale à la fraîcheur agréable d'Ushuaïa, raconte Andrée-Anne Parent. On dirait le printemps au Québec, c'est très agréable. Je savais qu'Ushuaïa était un lieu privilégié par les grimpeurs, mais je ne m'attendais pas à une ville si touristique. Par certains aspects, ça me fait penser un peu à Banff et à San Francisco. Et puisque l'Argentine est le paradis du boeuf, nous en profitons pour faire des réserves de gras!»

Selon elle, l'équipe est fébrile et très motivée. «Nous aurions aimé aller grimper ou faire de la randonnée dans les montagnes qui nous entourent, qui sont impressionnantes, mais malheureusement le temps nous est compté et il reste encore des petits détails à régler.»

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Le Spirit of Sydney. Photo: Caroline Côté.

Andrée-Anne Parent, qui demeurera sur le navire durant l'expédition, est la spécialiste scientifique de la mission. Elle est responsable de la cueillette des données pour une recherche portant sur l'adaptation du corps humain au froid. Elle effectue cette recherche sous la supervision des professeurs Alain Steve Comtois et Jean P. Boucher, du Département de kinanthropologie. «Je dois faire une petite rencontre avec l'équipe pour faire le point, note-t-elle. J'ai pris des mesures physiologiques à l'UQAM avant le départ, mais rien depuis. Sur le bateau, je prendrai des mesures de leur composition corporelle, un échantillon de salive et je leur ferai passer des tests de réaction. Je leur rappellerai aussi les prélèvements qu'ils devront faire pour la recherche une fois seuls sur le continent, et ce, malgré leur horaire qui sera surchargé.»

Les membres de XPAntarctik effectuent la traversée du passage Drake en même temps que s'ouvriront les Jeux olympiques à Sotchi. «Nous pensons beaucoup aux athlètes qui se sont entraînés pour arriver jusqu'aux Jeux, relève la jeune chercheuse. À notre façon, nous relevons aussi un défi pour lequel nous avons travaillé très fort. Je me sens extrêmement privilégiée de travailler sur un projet aussi fantastique!»

L'expédition, rappelons-le, durera entre 20 et 30 jours sur le continent. L'équipe devrait être de retour à Montréal à la fin du mois de mars.

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