Questionnements identitaires

La construction de l'identité et de la mémoire est au centre de deux expositions à la Galerie de l'UQAM.

3 Mars 2014 à 15H44

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Jean-Sébastien Vague, Vue d'atelier, 2013. Photo: Jean-Sébastien Vague.

La Galerie de l'UQAM présente, du 7 mars au 12 avril, l’exposition À la hauteur, réalisée par le duo d'artistes Jean-Sébastien Vague, composé de Jade Barrette et Sophie Rondeau, finissantes à la maîtrise en arts visuels et médiatiques. La construction identitaire constitue la trame de fond des performances du tandem, lequel remet en question les normes sociales, en particulier celles façonnant l’image de soi et la condition des femmes.

Chez Jean-Sébastien Vague, le corps et son image, les comportements et attitudes sont des matériaux d’expériences. En transformant leur apparence au moyen d’un code vestimentaire en vigueur depuis près de trois ans, les deux artistes génèrent et analysent les réactions et les regards portés sur elles. À la hauteur poursuit cette recherche sur la présentation de soi, cette fois sous l’angle de la performativité du genre féminin et par le port ininterrompu d’un accessoire plus séducteur que fonctionnel: des talons aiguilles hauts de 12 cm ! Au fil des cinq semaines de l’exposition, les deux acolytes arboreront leur nouvelle parure, malgré l’encombrement et le malaise qu'elle occasionne, saisissant au passage les réactions de leur entourage. Elles diffuseront leurs observations en direct sur les murs de la galerie via une application Web créée sur mesure par Hugo Laliberté.

Jade Barrette et Sophie Rondeau ont créé Jean-Sébastien Vague en 2008 lors de leurs études à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Le duo a présenté son travail tant au Québec qu'en France.  

Mémoire en mouvement

La Galerie de l'UQAM présente également La mémoire en mouvement, troisième étape de la première exposition monographique itinérante au Canada d’Esther Shalev-Gerz, une artiste reconnue internationalement pour ses recherches dans les domaines de la démocratie, de la citoyenneté et de la mémoire culturelle.  

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Esther Shalev-Guerz, White-Out: entre l'écoute et la parole, 2102, installation vidéo. Photo: Nora Rupp.

Organisée et mise en circulation par la Kamloops Art Gallery, en Colombie-Britannique, l'exposition, dont le commissariat est assuré Annette Hurtig et Charo Neville, propose des installations et travaux d’art public qui revisitent la notion traditionnelle du portrait et contribuent au débat sur les enjeux de la représentation.

Au moyen de la vidéo, de la photographie, de la sculpture et de l’installation, Esther Shalev-Gerz crée des allers-retours entre passé et présent, plaçant le visiteur devant sa propre histoire pour l’amener à en soupeser la valeur linguistique, culturelle et historique. White-Out (2002), par exemple, établit une relation entre le sort réservé aux Premières Nations en Amérique du Nord et la culture longtemps méprisée des Samis, un peuple autochtone vivant dans les pays scandinaves. Dans une autre œuvre, D’eux (2009), l’artiste fait dialoguer le philosophe français Jacques Rancière et une jeune philosophe libanaise, Rola Younes, à propos de leur perception du monde.

Née à Vilnius en Lituanie, Esther Shalev-Gerz poursuit un processus consistant à démêler les particularités identitaires liées à la construction de l’histoire et de la mémoire. Elle fait partie des six finalistes sélectionnés par le gouvernement canadien pour la réalisation du Monument national de l’Holocauste qui sera érigé à Ottawa.

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