Départ vers l'Antarctique

L'Agence spatiale canadienne se joint à la mission XPAntarctik afin de tester un «maillot intelligent pour l'espace».

24 Janvier 2014 à 9H03

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Départ vers l'Argentine pour l'équipe de XPAntarctik, le 23 janvier dernier, à l'aéroport Montréal-Trudeau. On reconnaît l'étudiante Andrée-Anne Parent dans le groupe de droite, avec la veste orange.Photo: Juliette Boissinot

Les sept membres de l'expédition XPAntarctik, dont la doctorante en biologie Andrée-Anne Parent, ont quitté Montréal le 23 janvier en direction de l'Argentine, première étape avant d'atteindre le continent austral. Le but de l'aventure de 45 jours est de repousser les frontières du monde connu en gravissant quelques-uns des sommets vierges de ce continent hostile, réputé comme étant le plus froid, le plus sec et le plus venteux de la planète.

Andrée-Anne Parent, qui demeurera sur le navire durant l'expédition, est la spécialiste scientifique de la mission. Elle est responsable de la cueillette des données pour une recherche portant sur l'adaptation du corps humain au froid. Elle effectue cette recherche sous la supervision des professeurs Alain Steve Comtois et Jean P. Boucher, du Département de kinanthropologie.

L'Agence spatiale canadienne

Dans leurs bagages, les six explorateurs apportent le vêtement Astroskin, un prototype de maillot intelligent destiné à l'espace que l'équipe testera pour l'Agence spatiale canadienne (ASC).

Développé pour l'ASC par Carré Technologies, une société de Montréal, Astroskin est un prototype de système de surveillance médicale conçu pour les astronautes et qui pourrait, un jour, devenir un outil important pour les patients ici sur Terre. Le maillot est équipé d'une série de capteurs non invasifs qui enregistrent et traitent les signes vitaux, la qualité du sommeil et le niveau d'activité de la personne qui le porte. Ces données sont relayées à des équipes médicales pour permettre à ces dernières de surveiller la santé, le comportement et le rendement de la personne, que ce soit pendant les activités quotidiennes ou l'exercice physique, ou pour placer des astronautes malades ou blessés sous observation. Le système a été conçu d'abord et avant tout pour des astronautes, mais sa capacité à gérer les données médicales de la personne qui le porte, où qu'elle soit, est très prometteuse pour les patients qui ont besoin d'un suivi médical étroit, surtout ceux qui se trouvent dans des communautés éloignées, à grande distance d'un médecin.

Comme toutes les technologies spatiales, Astroskin doit subir un grand nombre d'essais pour que l'on puisse en évaluer le rendement et ainsi l'améliorer en vue de son utilisation dans l'espace. En plus de mener des essais avec XPAntarctik, l'ASC s'est jointe à l'UQAM qui testera le prototype dans ses laboratoires. Les professeurs Jean P. Boucher et Alain Steve Comtois évalueront l'exactitude d'Astroskin, la fiabilité de ses données, sa facilité d'utilisation et son confort.

Le maillot Astroskin sera mis à l'épreuve dans des conditions semblables à l'environnement extrême de l'espace: inhospitalières, imprévisibles et dans une situation d'isolement comparable à celle dans laquelle vivent les astronautes.

L'astronaute de l'ASC, David Saint-Jacques, qui s'intéresse vivement à l'exploration polaire, suivra les membres de l'expédition et interagira avec eux grâce aux médias sociaux pendant la mission. Par ailleurs, David Saint-Jacques portera un prototype d'Astroskin lorsqu'il effectuera sa routine d'exercices réguliers. Il comparera son expérience avec celle des membres de l'expédition en Antarctique et la partagera avec eux.

Carré Technologies a également développé Hexoskin, une version commerciale du maillot disponible pour les athlètes. Cette version simplifiée du maillot est aussi utilisée par les instituts de recherche, afin de surveiller étroitement l'état de santé durant certaines activités de la vie courante à l'extérieur des installations cliniques habituelles.

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