Des vacances en glamping ?

Une étude s'intéresse aux campeurs séduits par la formule «prêt-à-camper» qui se développe au Québec.

4 Juin 2015 à 13H52

Tente Huttopia située dans le Parc national du Fjord-du-Saguenay.
Photo :Sépaq

Partir en camping sans avoir besoin de trimballer tente, sacs de couchage, réchaud et chaises pliantes? C'est ce que font les adeptes du glamping. Contraction des mots glamour et camping, le glamping est une forme de camping auquel on a ajouté une touche de luxe. Certains utilisent l'expression «prêt-à-camper» pour désigner ces tentes, huttes, maisons ou bulles dans les arbres, yourtes, tipis, igloos, ou même ces trous de hobbit dont les commodités s'apparentent à celles d'une chambre d'hôtel et qui permettent de vivre une expérience plein air haut de gamme.

«Habituellement, les vacanciers choisissent une destination et ensuite cherchent où se loger. Dans le cas du glamping, l'hébergement devient la raison de se déplacer», note Marc-Antoine Vachon. Le professeur du Département de marketing de l'ESG UQAM a réalisé une étude sur le phénomène avec René-Marc Landreville, candidat à la maîtrise en développement du tourisme, en collaboration avec la Chaire de tourisme Transat et Parcs Québec. Les deux chercheurs ont présenté leurs résultats dans la cadre du congrès de l'Acfas, le mois dernier à Rimouski.

Marc-Antoine Vachon Photo: Émilie Tournevache

À partir de données recueillies lors d'un sondage Web effectué auprès des campeurs québécois, les chercheurs ont tracé le profil des consommateurs intéressés par la pratique du glamping. Ils ont d'abord voulu vérifier l'hypothèse selon laquelle le glamping s'adresse à une clientèle plus fortunée que celle qui fréquente les campings traditionnels – le coût d'une nuit de glamping (à partir de 100 dollars) est en effet plus près de celui d'une chambre d'hôtel que d'un terrain de camping (à partir de 30 dollars). «Nous avons été surpris de constater qu'il n'en est rien. Il n'y a pas de différences de revenus significatives entre ceux que l'on a nommé les glampeurs et les traditionnels, affirme Marc-Antoine Vachon, qui est également directeur scientifique de la Chaire de tourisme Transat. Les gens intéressés par le glamping ne sont pas plus riches, c'est juste qu'ils décident de se payer un peu plus de luxe… et une expérience différente.»

Des consommateurs exigeants… et flexibles

Les chercheurs ont relevé une différence dans les attentes des glampeurs. «Ce sont des consommateurs prêts à payer davantage, mais qui sont en revanche plus exigeants concernant la plupart des variables liées à leur séjour, de la courtoisie du personnel aux installations de recyclage, souligne le professeur. On ne peut donc pas improviser une offre de glamping. Il faut penser à tout pour satisfaire ces clients.»

Le glamping attirerait davantage les 25-44 ans et les glampeurs sont légèrement plus axés sur les pratiques écoresponsables. «Ils sont prêts à débourser pour le label vert d'un site d'hébergement, poursuit le chercheur. Ils sont même enclins à accepter des compromis, comme, par exemple, à prendre des douches plus courtes pour économiser l'eau. Pour la Société des établissements de plein-air du Québec (Sépaq), ce genre d'information est rassurante, car cela indique que l'on peut développer une offre haut de gamme – c'est-à-dire investir dans de nouvelles infrastructures – en sachant que les consommateurs ne rechigneront pas à payer un juste prix.»

Le glamping en croissance

On pense souvent au camping en termes de vacances à peu de frais. Il s'agit pourtant d'une industrie aux retombées économiques importantes, rappelle Marc-Antoine Vachon. «Au Canada, si on inclut les véhicules récréatifs, le camping est une industrie de presque 5 milliards de dollars. Environ 1 Canadien sur 6 visitera un terrain de camping cette année, ce qui représente un peu plus de 5 millions de personnes.»

Le secteur tente constamment de se renouveler et d'offrir de nouvelles expériences à sa clientèle afin de la fidéliser. «L'offre en matière de glamping est en croissance au Québec au cours des dernières années. Les gens découvrent cette nouvelle formule et notre étude vient confirmer leur intérêt», conclut le chercheur.

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