Le pouvoir ambigu de la communication

La Faculté de communication accueille le congrès de l'International Association for Media and Communication Research.

2 Juin 2015 à 15H50

 

La Faculté de communication accueillera, du 12 au 16 juillet prochains, le congrès de l'International Association for Media and Communication Research (IAMCR). Quelque 1 200 participants provenant de plus de 80 pays sont attendus à ce que plusieurs considèrent comme le plus grand événement international en communication. Cette édition, qui se tient pour la première fois en Amérique du Nord, se déroulera sous le thème «Hégémonie ou résistance?  Sur le pouvoir ambigu de la communication ».

«Ce thème fait référence au rôle central de la communication dans différents mouvements de résistance – Occupy, le Printemps arabe, les protestations des étudiants chiliens, les manifestations des étudiants québécois de 2012 ou le mouvement Idle No More – afin de dénoncer ce qui est perçu par plusieurs comme un système économique, politique et culturel hégémonique, mis en place par des gouvernements ou de grandes entreprises pour servir leurs intérêts propres, au détriment parfois des cultures ou des populations locales», indiquent Christian Agbobli et Yanick Farmer, professeurs au Département de communication sociale et publique et codirecteurs du comité organisateur de l'événement.

Les congressistes porteront, par ailleurs, un regard sur les multiples façons par lesquelles la communication a été décrite non seulement comme une valeur dominante de notre époque – faisant souvent écho à un idéal communautaire et de transparence sociale –, mais aussi comme une menace pouvant conduire à une forme de domination globale. Ils s'interrogeront ainsi sur la suspicion grandissante à l’égard de la capacité émancipatrice des nouveaux médias. «L’affaire Edward Snowden, l’importance des big data et l’espionnage à grande échelle de la National Security Agency aux États-Unis révèlent l’ambiguïté de la relation que le public entretient avec les médias, soulignent les deux professeurs. En dépit du large consensus qui se dégage depuis quelques années pour critiquer l’utilisation des technologies de la communication à des fins idéologiques et de surveillance, peu de gens ont modifié l’usage de leurs outils de communication.»

Plusieurs autres questions seront abordées. Comment les formes modernes de la communication, considérées autant comme outils de manipulation que comme instruments de la liberté, interagissent-elles avec l'idéal de la démocratie? Comment les médias décrivent-ils les processus hégémoniques et les actes de résistance? De quelle manière le divertissement, les médias sociaux, le journalisme ou les relations publiques agissent-ils comme symboles de résistance ou de contrôle pour l'entreprise privée et la société civile?

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