Heureux au milieu de ses fioles

Luc Arsenault gère avec passion le magasin de chimie de l'UQAM.

9 Janvier 2015 à 15H53

Série Dans les coulisses de l'UQAM
Des employés de l'UQAM, ceux qui, dans les coulisses, assurent le bon fonctionnement de l'Université, parlent de leur rôle au sein de notre institution.

Luc Arsenault gère avec passion le magasin de chimie de l'UQAM.
Photo :Nathalie St-Pierre

Avec ses quelque 4000 produits différents – du bécher aux solvants en passant par les plaques de culture cellulaire, les colonnes de Vigreux, les ampoules à décanter, les fioles Erlenmeyer, la glace sèche et l’azote liquide –, l’endroit constitue une sorte de caverne d'Ali Baba pour chimistes. «Les gens qui viennent ici pour la première fois sont impressionnés», affirme le technicien de laboratoire Luc Arsenault, responsable du magasin de chimie.

Situé au premier étage du pavillon de Chimie et Biochimie, l'immense local est méticuleusement ordonné. «Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place!», dit fièrement Luc Arsenault. À l'entrée du magasin, de grandes étagères métalliques mobiles renferment tout le matériel de chimie et de biochimie. Quiconque a besoin d'un bécher, d'une éprouvette, d'une fiole jaugée ou d'une pince à creuset a le choix parmi les différents modèles et tailles disponibles.

À une extrémité du magasin se trouve l’atelier de réparation des outils, où l'agente de recherche Charlotte de la Chevrotière, à l'emploi de l'UQAM depuis les années 1970, assure l'entretien des instruments. En face se trouvent les conteneurs de refroidissement dans lesquels sont entreposés la glace sèche, qui se conserve à une température de -79 degrés Celsius, et l’azote liquide, dont la température varie entre -195 et -210 degrés Celsius!

Au fond du magasin, dans une pièce verrouillée à clé, les produits chimiques et solvants sont classés selon leurs propriétés: inflammables, oxydants, poisons ou corrosifs. «La chambre des solvants est la pièce la plus dangereuse, mais nous avons pris des mesures de sécurité, assure Luc Arsenault. En cas d'explosion, le mur extérieur céderait en premier – à un endroit où il n'y a pas de passants –, ce qui ferait en sorte que la déflagration irait vers l'extérieur plutôt que vers l'intérieur.»

Éviter le gaspillage

À la différence de ce qui se fait dans les autres universités, le magasin de chimie de l'UQAM offre à ses clients – majoritairement les chercheurs, enseignants et étudiants du département, mais également des entreprises externes – d'acheter uniquement la quantité dont ils ont besoin, même si ce n'est que quelques grammes ou quelques millilitres. Cela permet d'éviter le gaspillage, les dépenses inutiles ainsi que l'entreposage des surplus dans des laboratoires souvent surchargés. En moyenne, une quarantaine de clients par jour viennent au magasin, les transactions variant entre 1 et 500 dollars.

Les prix sont également moins élevés qu’ailleurs. «On achète les produits en grande quantité et on les revend pratiquement au prorata du prix payé», dit Luc Arsenault. Pour s'assurer d'obtenir des produits qui respectent les standards de qualité au meilleur prix, le technicien passe de quatre à cinq heures par jour à contacter différents fournisseurs, au Québec comme à l'étranger. L'un des produits les plus courus est la glace sèche, utilisée pour la lyophilisation, une technique consistant à sécher à froid certaines substances dans le but de les conserver. Le magasin en vend 6000 kilos annuellement.

Un aménagement impeccable

Si l'aménagement et le fonctionnement du magasin sont sans reproche, Luc Arsenault en donne tout le crédit à son prédécesseur. Benoit Labrecque a été en charge du magasin du milieu des années 1970 – à l'époque où le pavillon de Chimie était situé sur la rue Saint-Alexandre – jusqu'à sa retraite en février 2012. «Avec l'aide de Charlotte et d'autres employés, Benoit a bâti le premier magasin en regroupant les surplus du Département de chimie», rappelle son successeur.

Lorsque le pavillon de Chimie et Biochimie a déménagé à son emplacement actuel dans les années 1990, Benoit Labrecque s’est assuré que le nouvel aménagement soit planifié de façon impeccable. «Même la hauteur des tablettes était calculée!», mentionne Luc Arsenault.

«Durant un an, Benoit m’a tout montré ce qu'il savait, dit-il. J’ai apporté quelques améliorations depuis que je suis en poste, mais je suis entièrement satisfait de perpétuer ce qu'il a amorcé.»

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