Patineuse déterminée

Kasandra Bradette a surmonté plusieurs épreuves pour se tailler une place sur l'équipe nationale de patinage de vitesse.

6 Mai 2015 à 10H13

Kasandra Bradette.Photo: Julien Heon

Kasandra Bradette est la preuve vivante que le seul endroit où «succès» vient avant «travail» est le dictionnaire. L'étudiante au baccalauréat en biochimie, dont le parcours en patinage de vitesse sur courte piste a été parsemé de maux de dos, d'une fracture de la cheville, de surentraînement et de remises en question, semble finalement voir la lumière au bout du tunnel.

Sa saison de Coupe du monde 2014-2015 s'est soldée par deux médailles individuelles et quatre médailles avec ses coéquipières du relais, Marianne St-Gelais, Valérie Maltais et Kim Boutin. «Les épreuves que j'ai vécues m'ont rendue plus forte, affirme l'athlète de 25 ans. Elles m'ont fait réaliser que le seul moyen d'obtenir ce que je voulais était de travailler encore plus.»

Un sport à son image

Kasandra Bradette est originaire de Saint-Félicien, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, une région reconnue comme une pépinière de talents en patinage de vitesse. Les patineurs saguenéens et jeannois Marc Gagnon, François-Louis Tremblay, Marianne St-Gelais et Frédéric Blackburn ont remporté à eux quatre pas moins de 15 médailles olympiques!

C'est une patineuse de Chicoutimi, Marie-Ève Drolet, médaillée aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002, qui l'a inspirée lorsqu'elle était jeune. «Comme j'avais de l'énergie à revendre, mes parents cherchaient un sport dans lequel je pourrais me défouler, dit-elle en riant. J'ai tout de suite été attirée par le patinage de vitesse, qui est très exigeant autant sur les plans physique que stratégique et technique.»

Connaissant du succès lors de compétitions régionales, Kasandra est invitée au Centre Marc-Gagnon de Chicoutimi en compagnie des meilleurs athlètes de la région. Les entraîneurs ne tardent pas à constater son potentiel. À l'âge de 16 ans, elle se retrouve déjà parmi les 30 meilleures patineuses au Canada.

Blessures et surentraînement

En 2007, la patineuse quitte son patelin afin de s'entraîner avec l'équipe de développement à Montréal. C'est à ce moment qu'elle se blesse au dos lors d'un échauffement. Elle souffre d'une spondylolyse, soit une séparation d'une vertèbre qui créé douleur et instabilité. Au cours des cinq années suivantes, elle continuera à s'entraîner avec l'équipe de développement malgré ses maux de dos persistants et une fracture de la cheville.

Ses douleurs au dos devenant trop aigües, elle décide de prendre une pause d'un an en 2012. À son retour, l'année suivante, elle tente de rattraper son retard trop rapidement, ce qui résulte en surentraînement. «Je n'avais plus d'essence dans le réservoir», dit-elle. Lors des essais olympiques, elle termine 14e au Canada et se retrouve exclue de l'équipe nationale. «J'ai pensé à ce moment faire une croix définitive sur le patin», avoue-t-elle.

Un moment de repos après l'hiver 2014 la revigore. À l'été, elle est en mesure de suivre un entraînement soutenu pour la première fois depuis son arrivée à Montréal et constate une nette progression dans ses performances. Elle se présente à la sélection de septembre 2014 avec une nouvelle attitude. «Pour moi, c'était ma dernière chance: ça passait ou ça cassait à ce moment.» Elle relève ce défi haut la main, se classant au 3e rang au Canada et s'assurant ainsi d'une place sur l'équipe nationale en Coupe du monde.

Kasandra n'a pas laissé passer cette nouvelle chance. Elle a remporté une médaille de bronze au 500 mètres à Shanghai, une médaille d'argent au 1000 mètres à Erzurum (Turquie) et quatre médailles au relais par équipe. Elle a également terminé au 7e rang au 500 mètres lors des Championnats du monde à Moscou.

Conjuguer sports et études

D'abord intéressée par la nutrition, Kasandra a choisi le baccalauréat en biochimie. «Au début, je ne savais pas trop dans quoi je m'embarquais. J'aime vraiment les cours, je sens que je suis dans la bonne branche.»

Étant inscrite à un cours par trimestre, elle parvient à étudier malgré les horaires exigeants imposés à un athlète de niveau international. «Après un entraînement ou une compétition, j'aime bien me retrouver seule pour faire mes devoirs et mes lectures.»

La patineuse ne cache pas qu'elle aimerait participer aux Jeux olympiques de 2018 à PyeongChang, en Corée du Sud. «Il est certain que c'est un rêve, dit-elle, mais je préfère franchir les étapes une à la fois. Présentement, je suis heureuse de voyager et de développer des liens d'amitié avec une équipe exceptionnelle.»

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