La Galerie de l'UQAM à la Biennale

La Galerie de l'UQAM présente son troisième projet à la Biennale de Venise.

4 Mai 2015 à 13H52

Electrosmog Venezia, 2015, image tirée de la vidéo.Photo: Jean-Pierre Aubé

La directrice de la Galerie de l'UQAM Louise Déry présente un projet de l'artiste et diplômé Jean-Pierre Aubé (M.A. arts plastiques, 98) dans le cadre des journées d’ouverture de la 56e Biennale de Venise, du 6 au 8 mai. On peut suivre toutes les étapes du projet sur les réseaux sociaux (Facebook/ Twitter / Instagram) ainsi que sur le site Web de la Galerie. Il s'agit, pour la Galerie et sa directrice, d'une troisième participation à la célèbre biennale, l'exposition d'art contemporain la plus ancienne et la plus prestigieuse du monde.

Jean-Pierre Aubé est reconnu pour son travail de représentation sonore et visuelle des basses fréquences et des fréquences radio à partir de méthodes et de technologies ingénieuses qui lui permettent d'ausculter la magnétosphère et l’espace. Il est devenu, au fil des années, une sorte d’artiste explorateur qui, muni d’antennes insolites, de récepteurs radio, de logiciels de sa propre création et de quincaillerie informatique variée, capte une variété de fréquences dont il modélise les données en d’étonnants paysages présentés au moyen de graphiques, de photographies, d’enregistrements audio et de vidéos.

Pendant les journées d’ouverture de la Biennale, l'artiste compte poursuivre son travail avec Electrosmog Venezia, un projet consistant à collecter, documenter et enregistrer les champs électromagnétiques émanant des systèmes de télécommunication personnels sur les sites de la Biennale. Muni d’un dispositif portatif composé de plusieurs radios, antennes et ordinateurs en réseaux, Jean-Pierre Aubé sera accompagné dans son travail par les performeurs Myriam Laplante et Mathieu Latulippe.

Electrosmog Venezia, 2015, image tirée de la vidéo.Photo: Jean-Pierre Aubé

Les 7 et 8 mai prochains, Jean-Pierre Aubé proposera également une série d’actions publiques au Campo Santa Margherita dans le quartier du Dorsoduro, à Venise. Son dispositif mobile, avec ses projecteurs, lasers, ordinateurs, antennes et récepteurs installés sur un chariot vénitien, prendra des allures de bricolage technologique démystifiant le caractère sophistiqué des communications électroniques et  les risques de piratage qu’elles impliquent. «De nos jours, là où il y a des gens, il y a des ondes, dit Jean-Pierre Aubé. Les passeports, les téléphones et les tablettes qui nous accompagnent dans nos déplacements sont des petits êtres communicationnels. Constamment, ils signalent leur présence et communiquent leurs coordonnées aux dizaines de tours qui quadrillent nos villes. Entres eux, ils partagent des milliers de petits paquets d'informations qu'ils encodent et décodent. Lors de la Biennale, je profiterai de l'accumulation de visiteurs afin de capturer ces messages, de les collectionner et, pourquoi pas, à mon tour, d'en partager quelques-uns.»

Produit par la Galerie de l'UQAM en collaboration avec le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), le projet de Jean-Pierre Aubé sera suivi d’une exposition au RAMradioartemobile, une plateforme d'art contemporain de Rome, dès le 14 mai, dont l’ouverture sera soulignée par la tenue d’une table ronde sur la prolifération des fréquences radio. L'exposition romaine mettra en relation le projet V.L.F. Natural Radio – réalisé en Finlande, en Écosse et au Québec et proposant en son et en images des basses fréquences émanant de phénomènes naturels tels que les aurores boréales – avec deux nouvelles œuvres, soit Electrosmog Venezia et Radio Vaticano. Cette dernière sera réalisée à partir de la captation du signal de Radio Vatican, l’un des plus importants sites d’émission de fréquences radio au monde. Le commissariat de l'exposition sera également assuré par Louise Déry.

Pour la commissaire Louise Déry, Jean-Pierre Aubé est un «héritier de la grande tradition romantique, debout devant l’espace sidéral, l’écoutant autant que le regardant, capable d’en évoquer la démesure, nous laissant songeurs devant son immensité encombrée par les effets d’une empreinte technologique inéluctable. Dans notre époque où le ciel se vend par morceaux pour accommoder la demande en communication et où des pouvoirs redoutables s’exercent pour dissimuler ou épier le contenu des transmissions, le travail de Jean-Pierre Aubé introduit de vastes considérations sur le respect et l'abus de la planète et de ce qui l’entoure, et sur les effets qui en résultent pour chaque être humain.»

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