Création de l'Observatoire de l'Eurasie

Des chercheurs étudieront l'émergence d'un nouveau pôle d'influence dans le système international.

7 Décembre 2015 à 14H34

La Place rouge à Moscou.

Le Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) a lancé, le 7 décembre, une nouvelle unité de recherche: l’Observatoire de l’Eurasie (ODE). Codirigé par le professeur émérite Jacques Lévesque et le chargé de cours Yann Breault, du Département de science politique, l'ODE regroupe une dizaine de chercheurs qui visent à décrypter les sources, les manifestations et les conséquences de l’émergence d’un nouveau pôle d’influence dans le système international, dont le centre est situé à Moscou, en Russie.

Les professeurs Jean Lévesque (histoire) et David Mandel (science politique), ainsi que le chargé de cours Jean-François Gareau (sciences juridiques) et les doctorants Jean-Sébastien Barriault (science politique), Erik Burgos (science politique) et Alla Lebedva (sciences juridiques) sont également associés à l'Observatoire.

Confrontation géopolitique

Si l’évocation fréquente d’une «nouvelle Guerre froide» est abusive, la menace d’une confrontation géopolitique entre les États-Unis et la Russie est bien réelle, croient les chercheurs de l'ODE. Que ce soit dans les Balkans ou au Caucase, et maintenant en Ukraine ou en Syrie, on assiste à une multiplication de points de friction, d’intensité variable, entre ces deux grandes puissances.

En offrant un éclairage sur les mécanismes de coopération que la Russie développe actuellement avec la Chine, mais aussi avec l’Inde et d’autres économies émergentes, l’Observatoire veut contribuer à une analyse géopolitique plus large portant sur la multi-polarisation du système international.

Industries militaires

Créée en 2015, l’Union économique eurasiatique (UEE), formée par la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, s'est déjà élargie à l’Arménie et au Kirghizstan. Bien que ses frontières ne soient pas définitives et que sa cohésion interne soit loin d’être assurée, cette union est le véhicule par lequel Moscou cherche à développer des relations interrégionales symétriques avec l’Europe.

Si son PIB ne pèse pas lourd dans l’économie mondiale, l’Eurasie abrite tout de même les seules industries militaires capables de concurrencer celles des États-Unis. Elle possède, par ailleurs, des ressources naturelles colossales, gazières notamment, dont l’Europe dépend. L’Ouest constitue son principal marché d’exportation, mais la part que représente la Chine augmente rapidement.

Depuis la crise ukrainienne de 2014, la mise en place d’un régime de sanctions soulève le spectre d’une fragmentation entre espaces économiques rivaux. L’ODE interrogera les impacts de cette renégociation des rapports de forces qui s’opère actuellement entre les puissances du G7 et la Russie.

 «Orients imaginaires»

L’Observatoire scrutera l’évolution des discours actuels sur l’Eurasie, examinera les nouveaux horizons que cette notion ouvre sur les «orients imaginaires» du monde russe et s’intéressera aux mouvements de résistance que ces discours génèrent.

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