Lettre de Lise Bissonnette

La présidente du Conseil d'administration de l'UQAM publie une lettre ouverte sur les événements des dernières semaines.

13 Avril 2015 à 13H07

Photo: Nathalie St-Pierre

La présidente du Conseil d'administration de l'UQAM, Lise Bissonnette, livre ses observations et convictions sur les événements qui ont bouleversé la vie uqamienne au cours des dernières semaines dans une lettre ouverte publiée aujourd'hui.

Pour Lise Bissonnette, s'il est vrai que les universités ont revendiqué, depuis leur création, «l’existence d’un rempart, invisible et tacitement codifié, contre les invasions extérieures», ce privilège ne se justifiait qu'en vue de la protection de la liberté d'enseignement. Or, selon la présidente du Conseil d'administration, «ce qui a heurté cette liberté à l’UQAM, ce n’est pas l’intervention policière, mais l’irruption dans une partie du campus de bandes organisées, substituant le hurlement à la parole, décrétant  que l’enseignement, donc le libre cours des idées, y était hors d’ordre».

C'est pour cette raison que Lise Bissonnette soutient sans réserve les décisions prises par le recteur Robert Proulx. «Bien qu’imparfaites, les règles de droit sont garantes de l’exercice de cette liberté, elles n’ont pas à varier selon l’humeur du temps, la stratégie politique, les calculs personnels, écrit-elle. Pour les avoir suivies au jour le jour, j’affirme que les décisions et actions du rectorat, guidées par ces principes, ont été d’une extrême patience puisque le vandalisme et l’intimidation n’en sont pas à leur première saison entre certains de nos murs. Pour peu aimables qu’elles soient, les procédures disciplinaires, l’injonction demandée et obtenue étaient non seulement conformes au droit mais courageuses.»

Concernant le dialogue réclamé entre la direction et les étudiants, Lise Bissonnette rappelle que les consultations récentes sur le plan d'avenir de l'université ont permis des échanges dans lesquels le recteur s'est engagé sur des bases inclusives. «Il nous a tous appelés, quel que soit notre mode d’attache à l’institution, à nous prononcer, à échanger, souligne-t-elle. Il n’a exclu aucun sujet de cette conversation qui porte sur les valeurs de l’UQAM autant que sur sa planification à court et à long terme.» C'est ce dialogue et cette réflexion fondamentale, dont l'exercice a été rendu difficile au cours des derniers mois, qui, selon elle, seront les plus féconds et les plus porteurs d'avenir.

«Pour avoir eu le privilège, après le printemps 2012, de me trouver  au cœur d’une réflexion collective sur les missions et valeurs des universités québécoises, pour y avoir accueilli les apports les plus généreux et parfois contradictoires de toutes les provenances, je sais que ce dialogue élargi est possible en nos murs, écrit la présidente du c.a. en conclusion. C’est pourquoi, je le répète, nos instants de désolation – dont nous nous remettrons – doivent être bien moindres que notre détermination à trouver, encore, nos repères.»

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Il est certain qu'au moment où les événements ont dérapé, le recteur n'a plus eu de choix que de faire appel à la police. Cependant, il est en grande partie responsable du fait que les choses en soient arrivées là. Cela a débuté il y a longtemps, quand on a insisté pour truffer de caméras certains endroits fréquentés par des étudiants jugés par trop contestataires. Puis, à la veille de la grève des étudiants, on a sorti (par hasard) du chapeau des avis d’expulsion pour plusieurs étudiants, dont certains ont le douteux privilège d’être membres des plus hautes instances universitaires. On connaît la suite, et tout cela a été récemment dénoncé par la Ligue des droits et libertés. Avec tout le respect que je lui porte, je pense que la présidente de notre conseil d’administration tourne ici les coins un peu ronds. J’approuve tout de même son message dans sa composante qui insiste sur la détermination que nous devrions avoir tous à retrouver le sens de la mission universitaire en nos murs.