Miser sur le rapprochement

La Faculté de science politique et de droit veut valoriser ses savoirs et en faire profiter le plus grand nombre.

23 Novembre 2015 à 16H25

Hugo Cyr.Photo: Nathalie St-Pierre

Série Du côté des facultés. Les doyennes et doyens parlent des réalisations et des axes de développement des sept facultés et école de l'UQAM.

En juin dernier, Hugo Cyr est devenu doyen de la Faculté de science politique et de droit. Depuis, le professeur du Département des sciences juridiques s'est donné pour mission de rapprocher la Faculté de ses étudiants, de son personnel, de ses diplômés et de la société en général. «Je cherche autant à rapprocher les départements, qui doivent mieux coopérer entre eux, que les gens impliqués de près ou de loin dans la Faculté, annonce Hugo Cyr. Il faut renforcer nos liens et valoriser le travail des uns et des autres.»

Le but, poursuit le doyen, est de mieux faire connaître les richesses de la Faculté à l'ensemble de la population et d'augmenter la visibilité de ses experts. «On détient un savoir que l'on veut rendre accessible et dont on veut faire profiter le plus grand nombre possible.»

Parmi ses projets, le doyen compte organiser des réunions publiques et informatives, sortes de town hall meetings, au sein de la Faculté. «On n'y prend pas de décisions, certes, mais on peut se parler et répondre aux questions des gens», indique celui qui prône une communication fluide et directe. «La Faculté est un lieu de débats et d'échanges. Et cela est tout à fait sain. C'est une composante importante de l'univers académique.»

En plus de ses deux départements ─ sciences juridiques et science politique ─, la Faculté de science politique et de droit chapeaute aussi l'Institut d'études internationales de Montréal (IEIM), ainsi que plusieurs chaires et centres de recherche dont les intérêts tournent autour d'axes comme la mondialisation et la gouvernance, la sécurité et la diplomatie, l'identité, la citoyenneté et la diversité, de même que le droit international et les droits humains.

«Le Département de science politique est un environnement de recherche et de développement des connaissances très dynamique, note Hugo Cyr. Nos chercheurs sont toujours à l'avant-garde de ce qui se passe dans le monde et jouissent d'une forte présence médiatique. Pour les étudiants qui veulent développer leur pensée critique, il n'existe pas une meilleure formation.»

Pensée critique et justice sociale

La pensée critique et la justice sociale constituent l'essence de la Faculté de science politique et de droit, observe le doyen. Par le fait même, la Faculté participe à la mission fondatrice d'accessibilité et d'engagement social qui caractérise l'UQAM. «L'UQAM est la seule université où un cours de droit social est obligatoire dans le cursus du baccalauréat en droit, rappelle Hugo Cyr. Historiquement, le Département des sciences juridiques a développé des liens très forts avec la société civile.»

Le Département des sciences juridiques dispose d'une importante expertise en droit du travail. «C'est à l'UQAM que l'on retrouve la plus grande concentration de professeurs dans le domaine», souligne le doyen. De nombreux chercheurs travaillent également sur des thématiques en lien avec le droit international, ce qui contribue à assurer la popularité du baccalauréat en relations internationales et droit international (BRIDI). Autre succès: la Clinique internationale de défense des droits humains de l'UQAM (CIDDHU), première clinique francophone du genre dans le monde. «Les avocats de la Clinique travaillent sur de vrais dossiers et leurs travaux donnent des résultats concrets et réels.»

La Faculté a ceci de particulier qu'elle regroupe deux départements qui font généralement cavalier seul dans les universités. «Pour le monde anglo-saxon, c'est plutôt étonnant, mais il existe de telles facultés en Europe, assure le doyen. Il y a une parenté intellectuelle et des affinités entre le droit et la science politique. Le droit, c'est de la politique sous une autre forme. Du point de vue de la science politique, le droit est l'un des instruments importants de la mise en œuvre du programme politique ou de la gestion du pouvoir.»

Vers l'international

Les liens avec l'international revêtent depuis toujours une importance cruciale pour la Faculté. Le doyen souhaite consolider les partenariats déjà établis entre l'UQAM et des universités à l'étranger tout en cherchant à développer de nouvelles collaborations. «Il pourrait s'agir, par exemple, d'un programme conjoint de doctorat en bonne et due forme, ou encore d'un programme de maîtrise en double diplomation, illustre-t-il. Dans le cadre d'une telle maîtrise, l'étudiant peut être inscrit à la Faculté et prendre des cours complémentaires à l'étranger afin d'obtenir deux diplômes et une meilleure reconnaissance de sa formation s'il désire travailler dans un autre pays.» S'allier avec d'autres établissements universitaires est primordial, selon le doyen. «Cela permet d'enrichir et de diversifier notre corps étudiant.»

Parmi les nouvelles collaborations envisagées, le doyen s'intéresse à des zones peu explorées jusqu'à maintenant, comme l'Afrique. «Il y a un potentiel de développement là-bas», exprime Hugo Cyr. Sous quelle forme? «Il pourrait s'agir d'un programme de financement permettant aux étudiants de ces régions de venir étudier à l'UQAM ou, grâce aux moyens technologiques, d'offrir des services d'enseignement à distance sur place.»

Selon le doyen, la Faculté doit développer davantage son offre de formation à distance afin de permettre l'accès à des savoirs développés à l'UQAM. «Cela ne concerne pas seulement les étudiants à l'étranger, dit Hugo Cyr, mais aussi les Québécois en régions éloignées. Il faut réfléchir aux barrières à la formation. Les distances font partie de ces contraintes.»

Réorganisation de la direction

Hugo Cyr voit d'un très bon œil la réorganisation de la direction, en vigueur depuis l'été dernier, qui a rattaché les doyennes et doyens au rectorat. Cette réorganisation fait en sorte qu'il est maintenant possible de s'adresser directement au recteur. «Mon rôle, c'est d'être un porte-parole de la communauté facultaire au sein de la direction. Je protège et je mets de l'avant notre mission académique. Je représente les opinions, les avis, les sensibilités et les besoins de la Faculté de science politique et de droit auprès du comité de direction. Les décisions qui y sont prises ont plus de chance de nous représenter», soutient-il.

Les doyens ont désormais leur voix au comité de direction. «Nous avons plus de poids. Pour les facultés, c'est une bonne nouvelle, pense Hugo Cyr. Les pouvoirs sont descendus vers le bas, vers les facultés. Cela favorise un meilleur partage d'information.»

Hugo Cyr apprécie grandement l'esprit de collaboration et de coopération qui règne à l'UQAM. «Développer un tel esprit, c'est la clé pour prendre de meilleures décisions et obtenir de meilleurs résultats, dit-il. Tout le monde peut collaborer à la prise de décision, mais cela implique plus de responsabilités et le devoir de s'informer. Il faut demeurer à l'écoute et être ouvert.»

En conclusion, Hugo Cyr lance un vibrant plaidoyer en faveur d'un réinvestissement massif dans l'éducation. «L'UQAM est une université d'État que les Québécois, collectivement, se sont donnée. C'est un joyau de la Révolution tranquille. Il faut s'en occuper et ne pas la laisser dépérir. L'université, ce n'est pas une dépense, c'est un investissement collectif.»

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