Robe 3D

La designer de mode Danielle Martin présente ses vêtements imprimés en 3D à New York.

8 Septembre 2015 à 16H39, mis à jour le 9 Septembre 2015 à 9H30

Dynamisme d'une main en mouvement, une robe imprimée en 3D

The dynamism of a hand waving/Dynamisme d'une main en mouvement, c'est le joli titre d'une œuvre complexe créée par 3dTrio, un collectif de designers dont fait partie Danielle Martin (B.A. gestion et design de la mode, 00), chargée de cours à l'École supérieure de mode, avec Leila Ligougne et Sasha de Koninck. La robe de nylon blanc, tissée et imprimée au moyen d'une imprimante en 3D, sera exposée pour la première fois dans l’espace-galerie du Seaport Culture District à Manhattan, dans le cadre de l'exposition collective sur les technologies portables Re-Making Patterns. «C'est une véritable percée dans le domaine, croit Danielle Martin. À ma connaissance, il n'existe pas d'autres vêtements imprimés en 3D utilisant le tissé jacquard comme inspiration formelle.» L'événement a lieu durant la Semaine de la mode new-yorkaise (New York Fashion Week), du 10 au 17 septembre prochains.

Le projet du trio a nécessité près de trois mois de travail. «En impression 3D, il n'existe pas encore de logiciels informatiques conçus spécifiquement pour les vêtements, explique la designer. Il faut donc avoir recours à différents logiciels.»

Danielle Martin s'intéresse depuis un an à l'impression 3D appliquée à la mode et aux vêtements dans le cadre de son doctorat en études et pratiques des arts. L'objectif du projet était de créer une robe inusitée dans sa forme et dans la fabrication de son tissu, un jacquard aux motifs complexes qui ne pouvait jusqu'alors être produit qu'à partir d'un métier à tisser Jacquard. Le résultat, qui s'inspire des drapés sculpturaux des années 50 et 60 du créateur de mode Cristobal Balenciaga, prend la forme d'une main en mouvement. Seules les nouvelles méthodes digitales de fabrication ont pu rendre possible un tel drapé et un tel remodelage du tissu.

La robe, dont la matière est assez rigide, n'est pas portable. «Les matériaux utilisés dans l'impression 3D ne sont pas encore aussi confortables que ceux fabriqués au moyen des techniques traditionnelles employées dans l'industrie de la mode», explique Danielle Martin. Selon cette diplômée de la maîtrise en mode du prestigieux Central Saint-Martins College of Arts & Design de Londres, l'impression 3D pourrait résoudre plusieurs problèmes auxquels fait face l'industrie de la mode. «Seul le tissu utilisé est imprimé, ce qui évite le gaspillage», fait-elle remarquer. Il sera aussi possible d'imprimer «sur mesure» un modèle produit à grande échelle, plus rapidement et en fonction des mensurations de chaque personne. «Mais pour en arriver là, il reste encore beaucoup de recherches à faire», admet Danielle Martin.

Tutu 3D

Depuis le 24 juillet dernier, Danielle Martin expose Tutu une impression de nylon en 3D surmontée d’un corset en cuir d’agneau. L'objet, créé en 2014 en collaboration avec May-Li Khoe et Ben Cramer, est présenté dans le cadre de Making Patterns, premier volet de cette exposition collective alliant art et technologie.

Présentés jusqu'au 17 septembre, les deux événements sont réalisés par le centre d'artistes new-yorkais Eyebeam, un chef de file en matière d’art et de technologie, dans le cadre du projet Computational Fashion. Ce projet rassemble des artistes, des designers de mode et des scientifiques afin d'explorer les possibilités qu'offrent les nouvelles technologies en création de mode.

Articles connexes
PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE