RoboTribunauxQC

Le professeur Jean-Hugues Roy a créé un robot qui relaie sur Twitter les décisions des tribunaux québécois.

23 Février 2015 à 13H21

Certains professeurs affichent la page couverture de leur plus récent ouvrage ou l'annonce de leur prochain colloque sur le babillard à la porte de leur bureau. Jean-Hugues Roy, lui, y a épinglé le code de programmation de RoboTribunauxQC. «Il s'agit d'un robot qui tweete les plus récentes décisions de 17 tribunaux québécois, explique le professeur de l'École de médias. À chaque heure, le robot vérifie si une nouvelle décision a été rendue et, si oui, il publie un tweet avec un hyperlien menant à la page de la décision sur le site de l'institut canadien d'information juridique.»

Jean-Hugues RoyPhoto: Nathalie St-Pierre

Ce projet est né de conversations avec un ancien étudiant, Naël Shiab (B.A. communication/journalisme, 2011), aujourd'hui à l'emploi de Radio-Canada à Sudbury. «Naël m'a informé que Chad Skelton, journaliste au Vancouver Sun, avait confectionné un robot pour les tribunaux britanno-colombiens, raconte Jean-Hugues Roy. Alors nous nous sommes lancé le défi de réaliser un robot semblable, Naël pour les tribunaux ontariens, moi pour les tribunaux québécois.

Le professeur a créé son robot et Naël Shiab en a créé deux: OntarioCourtBot envoie les décisions des tribunaux ontariens et CanadaCourtBot diffuse les décisions des tribunaux fédéraux (Cour suprême, Cour d’appel fédérale, etc.). «Bien sûr, les journalistes qui couvrent le beat judiciaire sont au courant des nouvelles avant qu'elles ne soient publiées, mais pour les autres journalistes, ou même pour les citoyens qui s'intéressent aux décisions judiciaires, ce peut être un outil intéressant», croit le professeur.

Tribunaux sur @RoboTribunauxQC

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Commission de protection du territoire agricole
Commission des relations du travail
Commission municipale
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Conseil de discipline du Barreau
Conseil de presse
Tribunal administratif du Québec

Le journalisme de données

Ce type de robots s'inscrit dans la mouvance du journalisme de données, explique Jean-Hughes Roy. «Cette forme de journalisme repose sur le big data, soit la masse d'informations numériques disponible sur les réseaux. Pour exploiter et extraire ces informations, il faut créer des outils qui automatisent certains processus.»

Il faut tout de même savoir programmer pour créer un robot. «J'avais fait de la programmation dans les années 1980, alors que j'étudiais pour devenir cartographe, raconte l'ancien journaliste de Radio-Canada. J'ai bifurqué vers le journalisme, mais j'ai toujours conservé cette curiosité, ce plaisir à programmer, à fabriquer des outils pour les modeler à mon goût.»

Plusieurs universités en Europe et aux États-Unis créent des programmes en journalisme de données, un volet que Jean-Hugues Roy tente d'inclure dans ses cours. «Il n'est peut-être pas nécessaire de créer un programme dédié entièrement au phénomène, mais il faut à coup sûr l'aborder, dit-il. Nous le faisons, entre autres, dans le cours intitulé Technologies de l'information appliquées au journalisme

Toujours à l'affût, le professeur et programmeur amateur songe à créer d'autres robots. «Il y a certainement une application à développer pour les campagnes électorales, dit-il. Je me pencherai là-dessus au cours des prochains mois!»

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