L'approche québécoise

L'UQAM accueille un congrès international sur le développement durable.

9 Juillet 2015 à 13H49

Photo: istockphoto.com

Le 10e congrès annuel du Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable (RIODD) aura lieu à l'UQAM du 15 au 17 juillet prochains. Le congrès est présenté par le Centre de recherche Organisations, sociétés et environnement (OSE) de l'ESG UQAM en collaboration avec le Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (CIRODD). «C'est la première fois que le congrès annuel est présenté hors d'Europe», précise la professeure Lovasoa Ramboarisata, du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, qui est membre du comité organisateur.

Lovasoa RamboarisataPhoto: Émilie Tournevache

Le thème de cette année est «Opérationnaliser le développement durable: public ou privé?» «L'opérationnalisation du développement durable dans les entreprises et les organisations fait référence à la mise en place de moyens et d'outils pour la gestion, la prise de mesures ou la reddition de comptes, par exemple», explique Lovasoa Ramboarisata. Cette opérationnalisation du développement durable implique plusieurs acteurs provenant des secteurs public et privé, mais aussi des milieux universitaire et communautaire. «Chacun met l'épaule à la roue, même si les visions du développement durable peuvent parfois diverger d'un acteur à l'autre», remarque la professeure.

Une approche unique

Selon Lovasoa Ramboarisata, cette coconstruction du développement durable et de son opérationnalisation est une pratique spécifique au Québec. À titre d'exemple, la professeure mentionne la norme québécoise BNQ 21000, qui a pour but de guider et d'outiller les entreprises et les organisations dans l’adoption progressive des pratiques de gestion durable. «Le gouvernement du Québec a été le précurseur de cette norme certes, mais il a aussi sollicité l'aide d'autres acteurs, comme des universitaires et des membres d'entreprises privées et d'organisations issues du milieu syndical», dit la professeure.

Le thème choisi pour le congrès annuel reflète également les approches privilégiées à l'UQAM. «Nous croyons beaucoup à l'hybridation et à la combinaison de moyens proposés par différents acteurs, observe Lovasoa Ramboarisata. C'est la spécificité des chercheurs québécois, dont plusieurs proviennent de l'UQAM, et c'est ce que nous voulons faire ressortir lors du congrès.»

En 10 ans, les études sur le développement durable ont évolué. De nouveaux membres du RIODD proviennent aujourd'hui de l'Amérique latine et ont leurs propres terrains d'étude, observe Lovasoa Ramboarisata. «Dans les années 2000, les chercheurs se concentraient davantage sur les multinationales et sur la manière dont elles appliquaient les lois en matière de développement durable, se rappelle la professeure. De plus en plus de chercheurs se tournent désormais vers les coopératives, les OSBL et les PME et leurs façons de faire.»

De plus en plus de chercheurs provenant de plusieurs disciplines s'intéressent au développement durable, ce qui vient du coup enrichir le champ d'étude, poursuit celle qui mène des recherches sur la responsabilité sociale des organisations (stratégie, comparaisons, normes), la gouvernance et les organisations collectives. Le Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l'UQAM en est un bel exemple: on y trouve des biologistes, des sociologues, des avocats, des économistes. «C'est une preuve que l'on peut et que l'on doit approcher le développement durable avec une perspective multidisciplinaire», martèle la professeure.

Un congrès foisonnant

Le congrès du RIODD rassemblera des chercheurs internationaux et quelques praticiens. Des conférences et des ateliers porteront sur le développement durable et ses thèmes connexes: responsabilité sociale (des entreprises, universités, PME et organisations syndicales), éthique, économie circulaire, investissement responsable, immobilier durable, standards et normes, consommation collaborative, contrôle de gestion environnementale, reporting, développement territorial, innovations sociales, etc. «Le congrès se veut multidisciplinaire et multisectoriel», précise Lovasoa Ramboarisata.

Jean Pasquero, professeur au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, Irene Henriques et Darryl Reed, professeurs à l'Université York, à Toronto, Kernaghan Webb, professeur à la Ryerson University, à Toronto, et René Audet, directeur de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM comptent au nombre des conférenciers invités du congrès, auquel une centaine de participants sont attendus. Du côté des praticiens, Mario Quintin, du Mouvement Desjardins, Laure Waridel, écosociologue et cofondatrice d'Équiterre, et Francine Craig, de Cohésion-RSO, une firme spécialisée dans l’offre de services-conseils en matière de responsabilité sociétale des organisations, seront aussi présents.

Plusieurs mesures écoresponsables seront mises en place: utilisation de clés USB pour réduire la consommation de papier, choix de traiteurs locaux et propositions d'hébergement pour les participants près de l'UQAM. Le jour précédant le congrès, les étudiants chercheurs auront l'occasion de présenter leurs travaux lors de l'école doctorale, qui aura lieu au pavillon SH. Des professeurs seront sur place pour encadrer les étudiants et commenter les présentations. À la fin de l'exercice, un prix pour la meilleure thèse 2015 en sciences sociales en lien avec la responsabilité sociale ou sociétale des organisations et/ou le développement durable sera remis par les membres du RIODD.

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