La conservation de l'art cinématographique

L'UQAM s'associe à l'événement Éléphant ClassiQ, un festival de films numérisés et restaurés.

19 Novembre 2015 à 17H27, mis à jour le 20 Novembre 2015 à 9H30

Affiche du film La mer et l'eau douce (1967), de Michel Brault.Photo: Éléphant ClassiQ

Éléphant ClassiQ, un festival de films numérisés et restaurés du patrimoine cinématographique mondial, se tient du 19 au 22 novembre dans deux salles de cinéma montréalaises ainsi qu’à la salle Pierre-Bourgault du pavillon Judith-Jasmin annexe. L'Université accueillera des rencontres et des projections.

L'événement sera consacré au patrimoine du cinéma francophone mondial. On pourra voir une vingtaine de chefs-d'œuvre en version restaurée, dont Les parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy, Entre la mer et l'eau douce, de Michel Brault, Le grand bleu, de Luc Besson, et L'odeur de la papaye verte, de Tran Anh Hunh. Chaque représentation sera précédée d'une présentation de l'œuvre. Une dizaine de films d'Alice Guy-Blaché, la première cinéaste de langue française, seront projetés. Deux expositions, dont une sur les affiches de Gaumont, la plus ancienne entreprise cinématographique au monde, sont au programme.

Réflexions sur la restauration

Quatre rencontres gratuites organisées dans le cadre du festival sont présentées à la salle Pierre-Bourgault. La professeure Viva Paci, de l'École des médias, participera, en compagnie de deux autres invités, à la table-ronde intitulée «Les images ressuscitées» (vendredi 20 novembre, 16 h). La rencontre se veut une réflexion sur les fondements de la conservation et de la restauration du film. «Je compte y soulever des questions générales et méthodologiques autour de ces deux thèmes», dit Viva Paci. Le producteur Claude Fournier, porte-parole d'Éléphant ClassiQ, un organisme voué au cinéma patrimonial restauré chapeautant le festival, discutera des enjeux pratiques de la restauration et de la diffusion du film québécois restauré. Davide Pozzi, responsable du laboratoire de restauration cinématographique Immagine Ritrovata, de la Cineteca di Bologna, en Italie, un centre de renommée mondiale, présentera quant à lui les aspects plus techniques de la restauration, le tout accompagné de quelques études de cas.

«Les cinémathèques, qui constituent à la fois les équivalents des bibliothèques et des musées, puisqu'on on y conserve et on y montre des films, ont grandement contribué à la réflexion et à la pratique autour de la conservation du film», explique l'historienne du septième art Viva Paci, qui est responsable de la maîtrise en cinéma et images en mouvement. Le cinéma a un statut particulier en tant que forme d'art puisqu'il conserve déjà les œuvres, remarque-t-elle. «Le fait de filmer quelque chose préserve d'emblée la mémoire. Mais encore faut-il que les films soient conservés dans des lieux où l'on puisse leur assurer de bonnes conditions et les archiver de manière à ce que l'on puisse les retrouver facilement dans le but de pouvoir les diffuser. Autrement, s'il n'y a pas diffusion, cela ne sert à rien. L'art doit être montré.»

La question de la conservation du film concerne le cinéma en général, même le cinéma moderne, soulève la professeure. «C'est pour cela que la programmation du festival présente des films d'époque et des films contemporains.»

La rencontre sur la restauration des œuvres («Restaurer, diffuser», vendredi à 11 h à la salle Pierre-Bourgault) se fera en présence, notamment, du leader du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau (B.A. philosophie, 1983), mécène de l’événement et du projet Éléphant ClassiQ.

Des films étudiants en primeur

Dans le cadre du concours «Maisonneuve me reconnais-tu?», trois courts métrages réalisés par des étudiants seront présentés pendant le festival. Les participants du concours, qui s'adressait aux étudiants des trois cycles de la Faculté de communication de l'UQAM, étaient invités à réaliser un film original de deux à trois minutes à partir d'extraits de films d'époque choisis pour l'occasion. Le producteur Claude Fournier agissait comme mentor auprès des cinéastes-étudiants.

HLM HJM, de Yousra Benziane, étudiant au baccalauréat en communication (médias numériques) sera projeté le jeudi 19 novembre, à 20 h, en première partie du film La folie des grandeurs, de Gérard Oury. Saint-Laurent Palimpseste, de Jason Burnham, étudiant à la maîtrise en communication (cinéma et images en mouvement) sera présenté le vendredi 20 novembre, à 20 h 30, dans le cadre de la projection L'homme de Rio (Philippe de Broca). Le samedi 21 novembre, à 20 h 30, Une nuit à la Cinémathèque québécoise, d'Alexis Lemieux et Laurence Ly, étudiants à la maîtrise en communication (cinéma et images en mouvement), précédera le film Entre la mer et l'eau douce. Les trois œuvres seront présentées au cinéma Impérial en compagnie des extraits d'archives ayant inspiré les apprentis cinéastes.

Le nom du lauréat, qui recevra un prix de 1000 dollars, sera dévoilé le 22 novembre, dans le cadre de la présentation du film de clôture du festival, à l’Impérial.

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