Didactique du français

Les didacticiens du français, réunis en colloque à l'UQAM, souhaitent faire connaître leurs travaux.

25 Août 2016 à 11H44, mis à jour le 30 Août 2016 à 16H30

Les didacticiens du français s'interrogent sur les retombées de leurs recherches en milieu scolaire. Photo: Istock

Quelque 170 chercheurs du Québec, de la France, de la Suisse et de la Belgique ont participé au 13e colloque de l’Association internationale de la recherche en didactique du français (AIRDF), qui s'est tenu à l'UQAM du 25 au 27 août.  Les chercheurs ont fait le point sur le statut de leur discipline dans le monde scientifique et aussi dans la sphère publique, là où se construisent les croyances et opinions sur la langue et son enseignement.

L'objectif était de s'interroger sur les impacts des recherches menées en didactique du français ainsi que sur la diffusion de leurs résultats dans divers milieux, notamment dans les écoles, dans la formation universitaire, celle des maîtres en particulier.

Née il y a une quarantaine d'années, la didactique du français est un champ de recherche et de formation qui porte sur le développement de savoirs concernant l'enseignement et l'apprentissage de la langue française. Elle englobe différents volets: lecture et écriture, grammaire et orthographe, littérature et, plus récemment, la communication orale. Elle s'intéresse aussi aux différentes façons dont les jeunes s'approprient le français dans des contextes extra-scolaires, tels que ceux des musées et des bibliothèques municipales et nationales.

«La didactique du français n'évolue pas en vase clos, observe la professeure du Département de didactique des langues Nathalie Lacelle, membre du comité organisateur du colloque. Les didacticiens interagissent avec des spécialistes provenant d'une multitude de champs disciplinaires: sciences du langage, études littéraires, psychologie, sociologie, anthropologie, mesure et évaluation, etc.»

Influences croisées

Jusqu'à maintenant, les recherches en didactique du français ont trouvé un accueil inégal auprès des directions des écoles, des commissions scolaires et des ministères. «L'ouverture existe, mais elle est assez récente, note la professeure. À l'époque de l'implantation de la réforme pédagogique qui, on le sait, a suscité beaucoup de méfiance et de résistances, la didactique n'était pas une discipline très connue. Depuis, les collaborations entre les chercheurs, d'une part, et les ministères et les concepteurs de programmes et de manuels, d'autre part, se sont multipliées, notamment en ce qui concerne l'enseignement de la lecture et de l'écriture. Le colloque était l'occasion de questionner l'influence exercée par les travaux des didacticiens sur les contenus des programmes et sur la façon dont ceux-ci influencent les projets de recherche. On peut aussi se demander quelle place occupent les résultats scientifiques par rapport aux modes pédagogiques ?»

Il a aussi été question au colloque de la place plutôt ténue qu'occupe le discours des didacticiens du français dans la sphère publique, médiatique en particulier. «Les didacticiens souhaitent se faire entendre davantage dit Nathalie Lacelle. C'est d'autant plus important quand on sait que l'apprentissage et l'enseignement de la langue française touchent des dimensions sensibles de l’identité, lesquelles suscitent l'intérêt de nombreux politiciens, commentateurs et groupes de pression.»  

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