Études autochtones

Une nouvelle concentration en études autochtones est offerte aux étudiants.

12 Février 2016 à 11H31

Wawasaki, terre sacrée.Illustration: Christine Sioui Wawanoloath, 2010

À compter de l'automne 2016, les étudiants inscrits aux baccalauréats en géographie, en histoire, en histoire de l'art, en linguistique, en philosophie, en science politique, en sciences des religions et en sociologie pourront suivre la nouvelle concentration de premier cycle en études autochtones.  Cette spécialisation de 18 crédits – six cours – vise à sensibiliser les étudiants aux questions autochtones et à les initier à l'histoire, aux cultures, aux systèmes politiques et aux mouvements artistiques autochtones.

La concentration a été créée par les professeurs Laurent Jérôme, du Département des sciences des religions, et Nicolas Houde, du Département de science politique. «Nous avons constaté que des professeurs de différents départements de l'UQAM travaillaient sur les questions autochtones de façon isolée, souligne Laurent Jérôme. En discutant avec eux, ils nous ont mentionné que plusieurs étudiants souhaitaient aborder les études autochtones d'un point de vue interdisciplinaire.»

Les cours de la concentration aborderont les questions historiques, mais aussi les enjeux actuels comme la violence faite aux femmes autochtones, les difficultés vécues par les jeunes autochtones et le mouvement Idle No More. Les cours s'adressent aussi aux professionnels qui souhaitent travailler auprès de communautés ou d'organisations autochtones. «Il y a une grande demande de la part de professionnels dans les hôpitaux et les écoles, mentionne Laurent Jérôme. Avec la création du cégep Kiuna en 2011 – le seul cégep dédié à l'éducation des autochtones est situé à Odanak, près de Trois-Rivières –, les enseignants ont besoin d'être familiarises avec les enjeux et les réalités autochtones.»

Laurent Jérôme.Photo: Émilie Tournevache

La concentration vise aussi à rejoindre les étudiants autochtones, à favoriser leur accueil et leur intégration. «Il y a une quinzaine d'étudiants autochtones à l'UQAM actuellement», mentionne Laurent Jérôme. Parmi les diplômés autochtones de l'UQAM, on compte des personnalités telles que Romeo Saganash (L.L.B., 1991), député fédéral de la circonscription d'Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou, et Julie Rousseau (M.A. sexologie, 09), conseillère de bande dans la communauté innue de Mashteuiatsh, près de Roberval.

Échanges réciproques

Les étudiants auront aussi la possibilité de suivre un cours-terrain en milieu autochtone chaque été. Offert conjointement par l'UQAM, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et l'Université de Montréal, la première édition de ce cours aura lieu à l'été 2016 en Abitibi, là où l'on trouve une forte présence algonquine. «Les étudiants seront en immersion dans les communautés et organisations autochtones, dit Laurent Jérôme. Nous souhaitons établir des échanges réciproques entre les deux cultures.» Les étudiants seront aussi amenés à visiter les autochtones dans les villes. «Aujourd'hui, près de la moitié de la population autochtone vit en milieu urbain», ajoute le professeur.

Les détails sur l'inscription à ce cours seront dévoilés au cours des prochaines semaines.  

Un colloque à l'UQAM

Afin de mettre en commun les recherches effectuées sur les autochtones dans les différents départements de l'UQAM, un pôle uqamien du Centre interuniversitaire d'études et de recherche autochtones (CIÉRA) a été créé. Une dizaine de professeurs de sept départements collaborent à ce centre à titre de membres réguliers ou associés.

Le prochain colloque annuel du CIÉRA aura d'ailleurs lieu à l'UQAM les 14 et 15 avril prochains. Portant sur les expériences et trajectoires des autochtones au niveau postsecondaire, cet événement est organisé en collaboration avec le Cercle des Premières Nations de l'UQAM, l’association Ok8api de l'Université de Montréal et l’Association étudiante autochtone de l’Université Laval.

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Commentaires

Les premiers qui doivent avoir la formation sont les futurs enseignants qui enseigneront dans les réserves du Québec, un oubli majeur.
Ce champ d'étude devrait être ouvert à tous sans exceptions. Pourquoi ne pas en faire un programme court. J'ajouterais que la culture autochtone s'exprime abondamment dans la pratique de l'art.