L'étincelle de départ

Dynamique, créative et déterminée, Julie Médam fait de l'innovation son cheval de bataille.

27 Septembre 2016 à 11H01, mis à jour le 28 Septembre 2016 à 10H15

Série Dans les coulisses de l'UQAM
Des employés de l'UQAM, ceux qui, dans les coulisses, assurent le bon fonctionnement de l'Université, parlent de leur rôle au sein de notre institution.

Julie Médam.Photo: Nathalie St-Pierre

Julie Médam (M.A. science politique/ relations internationales, 2007) aime travailler sur des projets et ne manque pas d'idées. En tant que directrice exécutive à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (2010-2013), elle a co-organisé, en 2012, une Soirée électorale pour la réélection de Barack Obama mémorable. L'organisation de cette soirée, qui réunissait des experts uqamiens de la politique américaine devant public, lui a d'ailleurs valu un prix en relations publiques. Pour le Service des partenariats et du soutien à l'innovation (SEPSI) où elle travaille désormais, elle a imaginé un concept où les chercheurs de l'UQAM présentent leurs travaux de recherche à des représentants d'entreprise en version speed dating!

«J'aime servir d'intermédiaire entre les chercheurs et les entreprises et tisser des liens avec des partenaires de différents horizons», dit celle qui s'est jointe à l'équipe du SEPSI en 2014 en tant que conseillère en développement de partenariats et mobilisation des connaissances. Le personnel du Service a pour mandat principal d'accompagner les entreprises, les organisations et les chercheurs de l'UQAM dans les différentes étapes de la recherche partenariale. «Le tout dans une optique de soutien personnalisé», précise Julie Médam. «J'aime la recherche, apprendre de nouvelles choses et brasser des idées, mais je suis d'abord une personne concrète. J'ai besoin de résultats, ajoute-elle. C'est ce que je peux apporter à l'équipe du SEPSI.»

Dénicher la perle rare

Les partenaires, qui peuvent provenir des secteurs public, parapublic, privé ou d'organisations issues de la société civile, sont ciblés, notamment, en fonction des axes de recherche définis dans le Plan stratégique de l'UQAM 2015-2019. Quand des représentants d'entreprises se montrent intéressés à collaborer, Julie Médam essaie de dénicher la perle rare au sein des chercheurs de l'Université. «Je regarde d'abord avec les entreprises ce dont elles ont besoin, quelles sont leurs problématiques ou les thèmes sur lesquels elles aimeraient travailler, et comment les chercheurs de l'UQAM pourraient les aider, explique la conseillère. Je contacte ensuite les professeurs potentiellement intéressés par une telle collaboration. C'est un gros travail d'équipe de dresser une liste de chercheurs potentiels!»

Le SEPSI organise des visites personnalisées au cours desquelles des représentants d'entreprises peuvent rencontrer des chercheurs in situ. À titre d'exemple, des employés du géant montréalais du jeu vidéo Ubisoft se sont déplacés à l'UQAM au début de l'année 2016. «Le thème de recherche choisi par Ubisoft était l'engagement du joueur, précise Julie Médam. Des professeurs et leurs étudiants-chercheurs, qui s'intéressent entre autres aux neurosciences, devaient présenter en un cours laps de temps un prototype ou un résumé de leurs travaux de recherche aux gens d'Ubisoft.» Au final, deux projets de recherche collaborative devraient voir le jour.

« Au début des projets, je suis là pour créer l'étincelle de départ entre les partenaires, dit-elle. Ensuite, je reste disponible au besoin et, à la toute fin du projet, je m'assure que les résultats soient diffusés.»

Des activités de maillage

Depuis le mois de mai dernier, Julie Médam et sa patronne Caroline Roger, directrice du SEPSI, ont collaboré à des activités de maillage, un projet développé par le Service du développement économique de la Ville de Montréal afin de mettre en relation des chercheurs et des représentants d’entreprises autour de thématiques technologiques intersectorielles. Sur le thème «La mobilité, du véhicule à la molécule», la première rencontre a réuni neuf professeurs de l'UQAM, dont Charles Séguin, du Département des sciences économiques, qui s'intéresse entre autres aux coûts des voitures électriques, et Julie Thériault, du Département des sciences de la Terre, dont les recherches visent à mieux comprendre la formation et l’évolution des précipitations durant les tempêtes hivernales. La deuxième activité de maillage a connu un immense succès, le 26 septembre dernier, réunissant quelque 250 personnes autour d'ateliers sur les thèmes du goût, de l'odeur et de la saveur. Les professeurs Benoît Marsan, du Département de chimie (chimie du vin), et Sylvain Allard, de l'École de design (écoamballages), comptent parmi les sept Uqamiens ayant offert des ateliers.

Ce sont parfois des professeurs qui se montrent intéressés à collaborer avec des partenaires externes. «Je peux aider un chercheur à trouver des partenaires dans son domaine et établir avec lui une sorte de cartographie de la recherche», illustre Julie Médam. Ce ne sont pas tous les chercheurs qui ont la fibre partenariale, fait remarquer la conseillère. «Et ce n'est pas pour tout le monde non plus. On ne force personne à le faire. La recherche collaborative peut apporter beaucoup à un projet, mais cela implique bon nombre de contraintes. Le chercheur n'est plus le seul maître de son temps et de sa recherche.»

En collaboration avec Caroline Roger, Julie Médam s'occupe des 26 Chaires de recherche-innovation de l'UQAM, dont quatre Chaires Unesco. Un rôle administratif. «Je suis responsable des suivis, entre autres d'acheminer les dossiers aux instances lors de leurs renouvellements, décrit-elle. Comme les Chaires doivent s'autofinancer et qu'elles peuvent rencontrer divers problèmes de financement, je suis souvent appelée à les conseiller en matière de développement partenarial.»

Valoriser la recherche

Également courtière en mobilisation des connaissances, Julie Médam travaille en étroite collaboration avec ses collègues Anik Landry, agente de recherche et de planification au Service de la recherche et de la création (SRC), et Josiane Riverin, agente de développement du Service aux collectivités (SAC). «L'objectif est de créer à l'UQAM des espaces pour la communauté de chercheurs afin qu'ils puissent obtenir de l'information et acquérir des outils pour faciliter le partage des connaissances.»

La conseillère et ses collègues du SRC et du SAC ont ainsi lancé des ateliers intitulés «Les enjeux de la recherche», une série de rencontres informelles à l'heure du lunch destinée aux professeurs, aux chargés de cours et au personnel de soutien à la recherche. Les prochains ateliers de la saison 2016-2017 porteront sur les réseaux sociaux (octobre) et la probité en recherche (novembre).

Julie Médam s'est donné pour mission de mieux faire connaître les recherches qui se font à l'UQAM. En tant que représentante uqamienne, elle fait partie de plusieurs réseaux, dont Research impact (Réseau Impact Recherche), un réseau universitaire pancanadien en mobilisation des connaissances, et Québec Innove, un nouveau réseau regroupant des organismes du domaine de la recherche et de l’innovation désignés par le gouvernement afin de mieux répondre aux besoins des organisations et des entreprises en la matière. Férue des communications et des réseaux sociaux, cette diplômée de l'Institut national de l'image et du son (INIS) en film documentaire veille à transmettre l'information aux médias et à ses collègues du Service des communications «afin de diffuser le plus largement possible tout ce qui se fait de bien à l'UQAM et il y a beaucoup de belles choses!»

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