Dans la peau d'un hacker

Une équipe d'étudiants se qualifie pour la finale d'une compétition internationale de sécurité informatique.

28 Octobre 2016 à 13H32

Image: iStock

Les récentes attaques informatiques qui ont ralenti Internet risquent de se multiplier au cours des années à venir. Les gouvernements et les entreprises qui veulent se prémunir contre la malveillance des pirates informatiques devront renforcer leurs lignes de défense et faire appel aux meilleurs informaticiens… comme ceux de l'UQAM ! Les étudiants Frédéric Vachon, Philippe Pépos Petitclerc, Nicolas Lamoureux, Louis Rousseau, Marc-Antoine Sauvé et Simon Zeni se sont qualifiés parmi 2000 équipes pour la finale de l'une des plus importantes compétitions internationales de sécurité informatique, qui aura lieu à New York  du 10 au 12 novembre prochains. «Notre équipe se nomme Hubert Hackin', en référence au pavillon A de l'UQAM», souligne avec humour Frédéric Vachon, inscrit, comme ses collègues, au baccalauréat en informatique et génie logiciel.

Louis Rousseau, Philippe Pépos Petitclerc, le professeur Jean Privat, Frédéric Vachon, Simon Zeni, Marc-Antoine Sauvé et Nicolas Lamoureux.

Chaque année, la Tandon School of Engineering de l'Université de New York organise plusieurs compétitions dans le cadre de la Cyber Security Awareness Week (CSAW). «L'une de celles-ci, nommée Capture The Flag (CTF), consiste à exploiter des vulnérabilités affectant des logiciels de manière à s'introduire sur des ordinateurs pour s'emparer de drapeaux – de courts morceaux de texte –, preuves de l'intrusion, explique le professeur Jean Privat, du Département d'informatique. Ces épreuves nécessitent entre autres des connaissances et des compétences en cryptographie, en stéganographie [technique consistant à cacher un message dans différents types de fichiers] et en analyse de systèmes.»

Durant leur bac, les étudiants apprennent les notions théoriques et ils développent quelques compétences et habiletés en lien avec la sécurité informatique, mais aucun cours n'est axé spécifiquement sur ce type d'épreuve. «J'encourage les étudiants à prendre part à ce genre de compétition, car c'est très formateur», dit le professeur.

Les participants au CTF se retrouvent habituellement devant un système informatique qui leur est complètement étranger. Ils doivent tenter de le comprendre, d'en décrypter le fonctionnement et d'en identifier les failles afin de voir ce qu'ils peuvent en extraire comme informations. Cela requiert, en quelque sorte, de se mettre dans la peau d'un hacker. «Pour nous entraîner, nous participons à d'autres compétitions durant l'année ou nous utilisons des plateformes en ligne qui permettent de simuler un CTF», explique Frédéric Vachon.

Objectif: top 10

Le CTF de la CSAW a attiré plus de 2000 équipes à travers le monde lors de la ronde de qualification en septembre dernier, qui s'est déroulée en ligne (la délégation uqamienne a profité d'un local mis à sa disposition par le Département d'informatique). «Notre équipe a terminé au 12e rang en Amérique du Nord, raconte fièrement Frédéric Vachon. Nous serons donc parmi les 15 équipes nord-américaines d'étudiants de premier cycle qui prendront part à la finale.» La seule autre équipe canadienne qui participera à la finale est celle de l'École de technologie supérieure.

Pour la ronde de qualification, la délégation uqamienne était composée de six participants, mais seuls quatre d'entre eux participeront à la finale: Nicolas Lamoureux, Frédéric Vachon, Louis Rousseau et Marc-Antoine Sauvé. «Nous espérons terminer dans le top 10», précise Frédéric Vachon.

À la fin de la compétition du CSAW, les équipes gagnantes partageront leurs solutions avec les autres participants, un moment précieux pour les étudiants. «C'est la meilleure façon d'apprendre», conclut Frédéric Vachon.

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