Rapports de genre à la télé

Des chercheurs analysent la représentation des identités dans les productions francophones.

3 Mai 2016 à 11H34

Série Acfas 2016
Un nombre record de chercheurs de l’UQAM ont organisé des colloques en vue du Congrès de l’Acfas 2016, qui se tiendra en nos murs du 9 au 13 mai. Actualités UQAM propose une sélection des événements scientifiques présentés par des Uqamiens dans divers domaines de la connaissance.

Les célèbres personnages d'Alexis et de Donalda dans la nouvelle télésérie québécoise Les pays d'en haut.Photo: Bertrand Calmeau

La représentation à la télévision des différences entre hommes et femmes, des modèles de couple et des orientations sexuelles sera au centre des discussions lors du colloque Identités et rapports de genre dans les télévisions de la francophonie (9 au 11 mai), organisé par le professeur Pierre Barrette et la chargée de cours Stéfany Boisvert, de l'École des médias.

«Ce qui est nouveau à la télévision depuis une vingtaine d'années, c'est la problématisation des rapports de genre, dit Pierre Barrette. Les sitcoms, par exemple, ont souvent présenté des personnages caricaturaux d'homosexuels dont on aimait se moquer. Aujourd'hui, ce sont des personnages comme les autres ou des personnages qui cherchent à s'affirmer malgré les préjugés.»

Les deux responsables ont réuni des chercheurs québécois, français et belges qui s'intéressent à la représentation des rapports de genre dans les productions télévisuelles francophones d'ici et d'ailleurs. Ceux-ci aborderont plus particulièrement les séries télévisées, mais aussi d'autres types de productions, comme les émissions jeunesse, les webséries et les téléréalités.

Stéfany Boisvert s'intéressera à deux productions québécoises récentes: la série policière 19-2 et Les pays d’en haut. «En présentant des personnages masculins plus complexes,  plusieurs séries québécoises tentent, depuis les années 2000, de déconstruire certaines normes de genre tout en en revalorisant d’autres», souligne celle qui est aussi doctorante en communication

«Si la série télévisée contemporaine offre une représentation des rapports de genre plus ouverte aux différences identitaires, on constate parallèlement qu’un florilège d’émissions – souvent associées au phénomène de la téléréalité – propose une vision fortement stéréotypée de la rencontre amoureuse», observe Pierre Barrette. C'est le cas de la téléréalité québécoise Occupation double, qui a connu beaucoup de succès auprès des pré-ados dans la dernière décennie. «La téléréalité nous présente des modèles identitaires hyper-masculins et hyper-féminins, note Stéfany Boisvert. À la base de la socialisation, ces modèles familiers sont rassurants pour des jeunes qui se trouvent dans une période charnière de leur développement.»

Au cours du colloque, les deux chercheurs lanceront le projet de création d'un réseau international francophone de chercheurs et chercheuses dans le domaine des études télévisuelles et de genre.

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