Un arbre millénaire

Le plus vieil arbre du Québec vit dans la forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet.

21 Octobre 2016 à 16H21

Le plus vieil arbre du Québec. Photo: Danielle Charron

Le plus vieil arbre du Québec, un thuya (cèdre), qui a probablement 1000 ans, vit sur une île du lac Duparquet, près de Rouyn-Noranda. Fruit d'un partenariat entre le gouvernement du Québec, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et l'UQAM, la forêt du lac Duparquet est un lieu d'enseignement et de recherche universitaire de pointe, dont la mission consiste à favoriser l’acquisition de connaissances en sciences forestières boréales.

L'arbre, qui doit faire de 20 à 30 centimètres de diamètre pour quatre ou cinq mètres de hauteur, est caractérisé par une croissance très lente. «Par conséquent, le bois est très dense et le cœur de l'arbre est moins sensible à la pourriture que ceux qui croissent plus rapidement. De plus, sa situation insulaire l'a protégé des feux de forêt», a expliqué le professeur du Département des sciences biologiques Yves Bergeron au journal régional La Frontière et le Citoyen.

Selon le titulaire de la Chaire industrielle CRSNG/UQAT/UQAM en aménagement forestier durable, cet arbre n’est pas le seul de la forêt à avoir traversé les siècles. «Il y en a plusieurs, peut-être une cinquantaine, qui ont plus de 600 ou 700 ans, mais il y en a un qui a, au moins, 960 cernes», a-t-il souligné.

Grâce à ces arbres, qui sont comme de petites stations météo, Yves Bergeron peut étudier l’évolution du climat au cours des 1000 dernières années. «Ils sont de véritables témoins des variations climatiques, dit-il. Depuis 200 ans, il y a davantage de précipitations et on l'observe dans la croissance de ces vieux cèdres. Même si les plus anciennes données provenant de stations météorologiques datent de 1920 en région, les cernes de croissance des arbres nous permettent de reconstituer le climat du passé.»

Dans ses recherches, le professeur peut compter sur l'aide de l'étudiante à la maîtrise en biologie de l'UQAM, Claudie Giguère-Croteau, qui travaille à reconstruire le climat par l'analyse isotopique des vieux cèdres du lac Duparquet.

Un laboratoire à ciel ouvert

Les recherches réalisées autour du lac Duparquet depuis environ 35 ans ont mené à des découvertes intéressantes sur la nature des forêts de l’Abitibi et sur les perturbations qui les ont influencées par le passé. Une centaine de projets de recherche ont été réalisés sur ce territoire jusqu'à maintenant et plus d’une centaine d’étudiants de maîtrise et de doctorat ont eu la chance de travailler dans ce véritable laboratoire à ciel ouvert.

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COMMENTAIRES 2 COMMENTAIRES

Commentaires

J'adore ces informations sur nos amis et témoins qui observent le territoire depuis si longtemps. J'adore les arbres.
En premier, félicitations à notre collègue et à toutes et tous les collaborateurs pour leurs recherches. Le commentaire ci-dessus est profond puisqu'il attire notre attention sur notre "petitesse" (individuelle!) en terme de temps passé sur la Planète... Et l'information doit nous renforcer dans l'idée et la nécessité de prendre soin de notre "vaisseau spatial unique"! G.P., géo. et professeur honoraire de l'UQAM