Vers la décentralisation

Louise Dandurand et Hélène P. Tremblay viendront appuyer le processus de réflexion sur la décentralisation à l’UQAM.

10 Mars 2016 à 14H24, mis à jour le 21 Mars 2016 à 13H45

Photo: Nathalie St-Pierre

Dans un message adressé à la communauté universitaire, le recteur Robert Proulx réitère sa volonté d’engager l'institution dans un processus de réflexion sur le modèle approprié de décentralisation pour favoriser son développement optimal. «Cette volonté est partagée par la communauté et enchâssée dans le Plan stratégique 2015-2019 de l’Université, qui a fait l’objet d’une vaste consultation avant son adoption par le Conseil d’administration le 12 janvier dernier», rappelle-t-il.

Pour pouvoir accorder au processus de décentralisation toute l’attention qu’il mérite et en vue de favoriser sa mise en œuvre, la Direction de l’Université a convenu de recourir aux services de Louise Dandurand et Hélène P. Tremblay, deux personnes expertes, issues du milieu universitaire. Leur mandat prendra effet à la mi-mars.

Ces expertes auront comme principal mandat d’identifier des modèles de décentralisation ayant porté leurs fruits en milieu universitaire, d’examiner les propositions des facultés et de l’École, et de cerner les impacts de ces modèles sur les processus de gestion interne, tant sur les plans académique et juridique que sur les plans des ressources humaines, des ressources financières et des ressources matérielles. Les consultantes externes devront formuler des recommandations en vue de retenir un modèle qui soit cohérent avec les valeurs, les orientations et les objectifs du Plan stratégique 2015-2019. Un plan d’action fixant les différentes étapes de mise en œuvre du nouveau modèle organisationnel, assorti d’un calendrier de réalisation, devra également être établi.

Le Plan stratégique s’appuie notamment sur la consolidation du rôle des facultés et de l’École comme espaces de gouvernance, lieux décisionnels et leviers de développement académique, observe le recteur. «Cette démarche est complexe et doit être menée de manière ordonnée, en prenant appui sur des analyses rigoureuses et des données probantes avant de pouvoir déboucher sur des actions concrètes.»

La Direction juge que le temps est venu d’intensifier cette démarche d’analyse. «Cela m’apparaît d’autant plus approprié que c’est dans ce cadre que les demandes de l’École des sciences de la gestion (ESG) en vue d’accroître son autonomie au sein de l’UQAM seront examinées», dit Robert Proulx. La mise sur pied d’un vaste chantier permettra de fournir une réponse concertée et cohérente aux besoins de l’ensemble de l’Université et de sa communauté. L’École collaborera à ce processus et accepte de suspendre la démarche de consultation auprès de sa communauté sur la question de son appartenance à l’UQAM.

Dans un communiqué interne, le décanat de l'ESG dit accueillir favorablement la nomination des deux consultantes externes et les assure de son entière collaboration. «Cette réponse de la direction de l’UQAM s’inscrit dans la poursuite des objectifs de l’ESG qui souhaite que ce chantier lui permette d’obtenir le niveau d’autonomie demandé depuis de nombreuses années», peut-on y lire.

Le communiqué rappelle que le Plan de développement stratégique de l’École des sciences de la gestion «demande l’autonomie de l’ESG à l’intérieur de l’UQAM selon un modèle de décentralisation des revenus et le paiement de la juste-part des dépenses communes et d’une péréquation, modèle tout à fait compatible avec le plan stratégique de l’UQAM».

La réflexion des expertes retenues par l'UQAM sera menée en étroite collaboration avec la Direction et fera l’objet d’un suivi régulier, précise le recteur Robert Proulx. Il est attendu que la communauté universitaire et les instances qui la représentent seront saisies du dossier. Les recommandations relatives au modèle de décentralisation à privilégier seront déposées au Conseil d’administration en juin prochain et s’ensuivra une vaste consultation auprès de la communauté.

«Je suis convaincu qu’en collaboration avec les facultés et l’École, nous serons en mesure de faire évoluer le modèle organisationnel de l’Université, selon une approche graduelle, en conformité avec le Plan stratégique 2015-2019 et en accord avec les besoins de la communauté de l’UQAM dans son ensemble», déclare Robert Proulx.

Quant à la direction de l'ESG, elle dit espérer que «le résultat de ce processus réponde aux besoins et aux aspirations de toute la communauté de l’École et permette d’accélérer le développement d’une École des sciences de la gestion forte, dynamique, au service de la prospérité du Québec».

Louise Dandurand est titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’Université de Toronto. Parmi les fonctions qu’elle a occupées au cours de sa carrière figurent celles de directrice de la politique et de la planification (1987-1989) et de secrétaire générale (1989-1996) au Conseil de recherches en sciences humaines. En 1997, elle est entrée en fonction à l’UQAM à titre de vice-rectrice à la planification stratégique et financière et de secrétaire générale, puis de vice-rectrice à la recherche, à la création et à la planification (1998-2001). Présidente-directrice générale du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture de 2001 à 2006, elle a ensuite été nommée vice-rectrice à la recherche et aux études supérieures à l’Université Concordia (2006-2011), puis élue présidente de l’Association francophone pour le savoir, fonction qu’elle a occupée jusqu’en 2015. Elle est actuellement vice-présidente du conseil d'administration et du comité exécutif de Télé-Québec.

Docteure en sciences économiques de l’Université Laval, Hélène P. Tremblay a commencé sa carrière à l’Université du Québec à Rimouski en 1984, où elle a successivement occupé les fonctions de professeure-chercheure, de vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche, et de rectrice par intérim. Nommée à la direction scientifique de l’Institut national de la recherche scientifique (1999-2000), elle a ensuite été présidente du Conseil de la science et de la technologie (2000-2005), puis sous-ministre adjointe pour l’enseignement supérieur au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (2005-2008). Depuis sa retraite, elle a rempli de nombreux mandats, dont celui de coprésidente du Chantier sur la politique de financement des universités lors du Sommet sur l’enseignement supérieur (2013).

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