Stress post-traumatique

Un ouvrage en libre accès publié par TechOpen fait le point sur l'état de stress post-traumatique.

22 Novembre 2016 à 10H53

L'état de stres post-traumatique affecte plus fréquemment les femmes que les hommes et peut survenir à tout âge. Photo: Istock

«Je ne peux pas m’empêcher de penser au moment où j’ai été frappé». «Quand je vois une personne qui ressemble à mon agresseur, je me sens anxieuse. J’ai des sueurs, des palpitations et j’ai peur.» Ces comportements font partie des symptômes de l'état de stress post-traumatique (ESPT). Selon le Centre d'étude sur le trauma. lequel est rattaché à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM), 9,2 % des Canadiens risquent de souffrir d'un ESPT au cours de leur vie.

Quelles sont les répercussions à l'âge adulte d'un événement traumatique vécu dans l'enfance ? Y a-t-il un lien entre l'ESPT et les troubles du sommeil ? Quelles sont les approches thérapeutiques les plus efficaces ? Où en sont les recherches fondamentales et cliniques dans ce domaine ?

Pour répondre à ces questions et à bien d'autres, le professeur du Département de psychologie Ghassan El-Baalbaki a publié avec son collègue Christophe Fortin, professeur à l'université d'Ottawa, un ouvrage collectif en libre accès intitulé A Multidimensional Approach to Post-Traumatic Stress Disorder - from Theory to Practice, En plus de chercheurs issus de différents pays, six autres professeurs du Département de psychologie comptent parmi les collaborateurs: Mélanie Vachon, André Marchand, Claude Bélanger, Natacha Godbout, Stéphane Guay et Geneviève Belleville.

L'ouvrage a été publié par TechOpen, le plus important éditeur en libre accès dans les domaines de la  science, de la technologie et de la médecine. Depuis 2004, TechOpen a fait paraître quelque 2 800 ouvrages et plus de 45 800 articles scientifiques, lesquels ont obtenus plus de 20 000 citations sur le Web of Science.

Quand et comment apparaît l'ESPT ?

Selon le Centre d'étude sur le trauma, l’état de stress post-traumatique se manifeste à la suite d’une expérience anormalement troublante: vol à main armée, accident de la route, incendie, agression physique ou sexuelle, prise d’otage, etc. Pour certaines personnes, le seul fait d’être témoin d’un événement violent ou tragique suffit pour qu’elles développent un ESPT.

Cet état, qui affecte plus fréquemment les femmes que les hommes, peut survenir à tout âge, y compris durant l’enfance. Les symptômes apparaissent habituellement dans les trois premiers mois suivant un événement traumatisant, parfois  plusieurs mois ou même plusieurs années après.

On distingue quatre grandes catégories de symptômes: le fait de revivre constamment l'événement traumatique (souvenirs répétitifs et envahissants, cauchemars, sentiment de détresse psychique); l'évitement d'éléments – pensées, gens, activités ou endroits –associés à l'événement; l'hyper-réveil – difficultés à s’endormir ou à rester endormi, irritabilité, difficultés de concentration, état d’alerte ou d'hyper-vigilance; les émotions négatives apparues ou amplifiées à la suite de l'événement: peur, horreur, colère, culpabilité, honte, sentiment de détachement à l'égard d'autrui.

Pour établir un diagnostic d’ESPT, il faut que les symptômes persistent plus d’un mois et entraînent soit une souffrance significative, soit des problèmes de fonctionnement dans la vie sociale et professionnelle. L’intensité et la durée de l’ESPT peuvent varier d’une personne à l’autre.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), centrée sur la modification de pensées et de comportements problématiques, obtiendrait un taux réussite de 60 à 70 % auprès de victimes de divers types d’événements traumatiques.

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