Mon premier congrès 

Lui en communication, elle en muséologie, Philippe-Antoine Lupien et Marilie Labonté faisaient pour la première fois l'expérience de l'Acfas.

13 Mai 2016 à 11H44

Marilie LabontéPhoto: Nathalie St-Pierre

Quelques minutes avant sa présentation, le 9 mai, Marilie Labonté avait l'air à peine nerveuse. Il faut dire que la candidate à la maîtrise en muséologie possède son sujet sur le bout de ses doigts. Sa présentation, intitulée «Un regard contemporain dans les collections», portait sur les interventions d'artistes contemporains qui sont invités par les musées pour dépoussiérer et revaloriser leurs collections permanentes.  Il faut dire aussi que Marilie avait déjà présenté ses résultats de recherche lors de deux événements: une journée d'étude tenue en septembre dernier à la Galerie de l'UQAM et un colloque organisé en mars par son groupe de recherche, le CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections), au Musée d'art de Joliette.

À l'Acfas, toutefois, c'était une première pour elle. «On m'a encouragée à participer à l'Acfas, dit Marilie. C'est bien pour les dossiers de demande de bourse et c'est aussi une excellente occasion pour diffuser ses résultats de recherche.»

Sa directrice, la professeure du Département d'histoire de l'art Marie Fraser, était coresponsable du colloque – Les usages événementiels des collections muséales –, qui s'inscrivait dans les activités du CIÉCO. À titre d'assistante de recherche, Marilie avait d'ailleurs mis la main à la pâte pour l'organisation: «J'ai travaillé sur la préparation de l'affiche et du programme, des choses que les chercheurs n'ont pas le temps de faire,» précise-t-elle avec son sourire espiègle.

Au programme de la matinée, on notait, entre autres, une présentation du professeur Didier Prioul, de l'Université Laval, où Marilie a fait son baccalauréat. «J'étais contente de le voir, dit-elle. C'est lui qui m'a incitée à venir faire ma maîtrise à l'UQAM.»

Les présentations et les échanges qui ont suivi l'ont passionnée. «Il est certain que nous travaillons tous sur la même thématique, note-t-elle, mais chacun apporte un éclairage sur un aspect différent. Les réflexions étaient très enrichissantes.»

Picasso ou Andy Wharhol?

Dans le cadre de son travail dirigé à la maîtrise, Marilie a décidé, de concert avec sa directrice, de dresser une chronologie des interventions d'artistes dans les musées, une pratique qui a explosé au cours des dernières décennies. «En général, on fait remonter l'origine du phénomène à Raid the Icebox, une intervention d'Andy Wharhol dans la collection du Museum of Art, Rhode Island School of Design, en 1970, m'explique-t-elle à la fin de la pause du lunch. Mais j'ai découvert dans mes recherches qu'il y avait eu au moins un autre cas auparavant: Picasso avait été invité, en 1947, à présenter ses toiles dans la Grande Galerie du Louvre, au milieu des toiles de maîtres. Ce sera le punch de ma présentation! »

Son véritable punch survient quand elle explique à son auditoire que l'expérience orchestrée par Georges Salles, alors directeur du Louvre, a eu lieu un mardi, jour de fermeture du musée! En fait, raconte-t-elle, seuls quelques privilégiés ont eu la chance, à l'époque, de voir les tableaux du grand maître de l'art moderne confrontés aux Courbet et Delacroix. Tout le contraire d'aujourd'hui, où le but de donner «carte blanche» à un artiste pour réactiver une collection permanente est d'attirer le plus de monde possible au musée!

Très engagée dans ses études, Marilie est aussi active au sein de l'association des étudiants en muséologie. En plein sprint final, elle s'active à terminer la rédaction de son travail de recherche dirigé qu'elle doit déposer en juin. «Il le faut, dit-elle, car je commence le doctorat en septembre!»

Du côté du sport spectacle

«C'est la première fois que je vais faire une communication devant mon directeur de thèse, j'ai intérêt à performer», lance en riant Philippe-Antoine Lupien. Le doctorant en communication en était, lui aussi, à son premier Congrès de l'Acfas, les 9 et 10 mai derniers. Sa présentation, intitulée «Les "pratiques inédites" du sport spectacle: MLBAM (Major League Baseball Advanced Media) et le virage numérique de la LNH (Ligue nationale de hockey)», s'inscrivait dans le cadre du colloque [Méta]morphoses numériques de la culture et des médias.

Philippe-Antoine LupienPhoto: Nathalie St-Pierre

Ce colloque, organisé par son directeur de thèse, le professeur Éric George, de l'École des médias, en collaboration avec Anouk Bélanger, du Département de communication sociale et publique, et Michel Sénécal, de la TÉLUQ, portait sur les impacts du numérique dans la transformation de nos sociétés, notamment dans les sphères de la culture et des médias.

«Étant amateur de hockey, je me suis aperçu que toutes les applications mobiles liées à la LNH ont été modifiées depuis le 1er janvier dernier. En fouillant un peu, j'ai appris que cela émane d'une entente signée avec MLBAM, qui s'occupe désormais des activités numériques de la LNH», explique Philippe-Antoine Lupien.

Dans sa présentation, il a tenté de déconstruire le discours des deux ligues partenaires. «Elles utilisent beaucoup l'expression connect to the game afin de vanter leurs stratégies numériques et leurs retombées positives pour les amateurs en termes de divertissement, explique-t-il. Mais quand on analyse ces stratégies, on s'aperçoit que chacune d'elles représente une manière d'engranger plus d'argent sur le dos des amateurs.»

Philippe-Antoine Lupien est ravi de sa participation à ce colloque de l'Acfas. «J'ai eu la chance d'entendre des conférenciers qui adoptent des perspectives différentes des miennes et c'est très enrichissant, raconte-t-il. Cela m'a permis de découvrir d'autres auteurs dont les écrits pourraient alimenter mes réflexions.»

Dans le cadre de sa thèse, le doctorant s'intéresse aux liens entre le sport et l'identité nationale. «Je me demande ce qui se passe lorsque Ginette Reno chante l'hymne national au Centre Bell, caricature-t-il. Sérieusement, j'analyse la mise en scène de symboles nationaux par le Canadien de Montréal dans le contexte politique québécois et je compare le tout avec le FC Barcelone, un club aussi légendaire, sinon plus, que le CH. J'observe si la gouvernance de chaque équipe a une influence sur le phénomène.»

Triple diplômé de l'UQAM – certificat en scénarisation cinématographie (03), baccalauréat en communication – stratégies de production culturelle et médiatique (06) et maîtrise en communication (09) –, Philippe-Antoine Lupien vise une carrière de professeur.

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