La culture inuite s'invite en Inde

Le premier roman inuit du Canada a été traduit en hindi et en marathi.

10 Février 2016 à 11H59

Jayant Dhupkar, traducteur de l'ouvrage en marathi, Daniel Chartier, Vijay Khole, professeur de français à l'Université de Mumbai, Sanjay Deshmukh, vice-chancelier de l'Université de Mumbai, et Vidya Vencatesan, directrice du Département de français de l'Université de Mumbai. Photo: Daniel Chartier

Le professeur Daniel Chartier, du Département d'études littéraires, s'est rendu à l'Université de Mumbai, en janvier dernier, afin d'assister au lancement de deux ouvrages: les traductions en hindi et en marathi du premier roman inuit du Canada, Le harpon du chasseur de Markoosie. «Il s'agit des premières traductions en langues indiennes d'une œuvre autochtone canadienne», affirme le titulaire de la Chaire sur l'imaginaire du Nord, de l'hiver et de l'Arctique.

Le harpon du chasseur traduit en marathi.

Écrit en 1969, le roman de Markoosie est un récit complexe, noir et tragique, qui se termine par le suicide d'un adolescent. Il a été écrit à l'origine en inuktitut, avant d'être traduit en anglais par l'auteur lui-même, puis en français par une maison d'édition. En 2011, les Presses de l'Université du Québec ont réalisé une nouvelle traduction francophone en y ajoutant une introduction de Daniel Chartier. Vidya Vencatesan, directrice du Département de français de l'Université de Mumbai, a pris connaissance de ce roman lors d'une visite au Centre de recherche sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) de l'UQAM, dirigé à l'époque par Daniel Chartier. C'est elle qui a dirigé le projet de traduction en langue hindi et marathi.

«Pour nous, c'est un grand moment, car nous découvrons le Grand Nord avec ce roman, soulignait Vidya Vencatesan lors d'une entrevue accordée en janvier à Radio-Canada international. L'Inde est un pays de mythes et de légendes. Quand j'ai lu le roman, à Montréal, j'ai été fascinée par les ressemblances étonnantes entre la culture inuite et la culture indienne. Cela dit, il y avait aussi des différences exaltantes!»

«Pour ces éditions, il a fallu ajouter au texte d'introduction des photos de la neige et de la glace, car autrement les lecteurs indiens ne pourraient pas comprendre certains passages, comme le fait de marcher sur un lac gelé ou de pêcher sur la glace, explique Daniel Chartier. En revanche, la culture inuite n'a pas posé de problème, car mis à part le contexte géographique, elle ressemble à plusieurs égards à la culture indienne.»

Ce projet UQAM-Université de Mumbai, financé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, a permis aux deux universités de signer une entente de coopération qui permettra de multiplier les échanges entre chercheurs et étudiants. «L'acte de traduction d'un ouvrage comme celui-là est un geste d'amour envers une autre culture, un pont qui permet de découvrir l'Autre», soulignait Vidya Vincatesan lors du lancement, qui a obtenu de multiples échos dans la presse indienne.

L'auteur, Markoosie Patsauq, s'est dit ravi de ces nouvelles traductions de ses ouvrages, souligne Daniel Chartier.

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