La tordeuse refait des ravages

Des chercheurs veulent minimiser l'impact de la tordeuse des bourgeons de l'épinette dans les forêts du Nord du Québec.

3 Mai 2016 à 11H35

Série Acfas 2016
Un nombre record de chercheurs de l’UQAM ont organisé des colloques en vue du Congrès de l’Acfas 2016, qui se tiendra en nos murs du 9 au 13 mai. Actualités UQAM propose une sélection des événements scientifiques présentés par des Uqamiens dans divers domaines de la connaissance.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette fait des ravages dans le Nord du Québec.Photo: Jorge Moneres

La tordeuse des bourgeons de l'épinette, un papillon de nuit qui s'en prend à certaines espèces de conifères, migre de plus en plus vers le nord à la faveur du réchauffement climatique. «La tordeuse faisait déjà des ravages dans les sapinières de la Mauricie, de la Gaspésie et de l'Abitibi. Elle est maintenant à l'œuvre dans les pessières – les forêts d'épinettes noires – au nord du Saguenay-Lac Saint-Jean, de Baie-Comeau et de Sept-Îles. Jusqu'à maintenant, quelque 6,3 millions d'hectares de forêt ont été défoliés. C'est l'équivalent de la Virginie-Occidentale!», se désole Daniel Kneeshaw, professeur au Département des sciences biologiques et à l'Institut des sciences de l'environnement . Celui-ci organise, avec des collègues du Centre d'étude de la forêt, le colloque Vers la nouvelle épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette: évaluation des impacts et élaboration des interventions (9 mai).

L'incidence des changements climatiques sera au cœur de ce colloque. «La réussite des stratégies d'intervention dépend d'une bonne connaissance du comportement de l'insecte dans les nouvelles conditions de climat et d'environnement forestier associées à cette épidémie, explique le chercheur. Le fait que l'épidémie se propage au nord, dans les pessières plutôt que dans les sapinières, implique de nouvelles interactions entre la tordeuse, les arbres hôtes et l'ensemble des ennemis naturels. Ce sont ces aspects que nous voulons mieux comprendre.»

Ce tour d'horizon des connaissances fera appel à des chercheurs du monde universitaire, mais aussi du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (responsable depuis 2013 de l'aménagement forestier au Québec), de Ressources naturelles Canada, du Service canadien des forêts, du Centre de foresterie des Laurentides et de l'entreprise privée FPInnovations.

Les recommandations que les chercheurs promulgueront à l'intention du ministère  seront d'ordre palliatif, note toutefois Daniel Kneeshaw. «Il est impossible d'arrêter la tordeuse sur la Côte-Nord, car il y a des milliards d'insectes. En revanche, nous pouvons élaborer des stratégies proactives pour minimiser l'impact de l'épidémie sur la mortalité des arbres, tout en assurant le maintien de la biodiversité et le rétablissement de peuplements reproductifs. Nous souhaitons trouver des pistes de solution pour alimenter le ministère avant que la panique ne s'installe, car celle-ci n'est jamais bonne conseillère.»

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