Docteurs honorifiques

L'UQAM rend hommage à Michèle Fortin et à Lorne Trottier.

14 Novembre 2016 à 15H54

L’UQAM a remis un doctorat honoris causa à Michèle Fortin, le 12 novembre dernier, sur la recommandation conjointe de sa Faculté des sciences de l’éducation et de sa Faculté de communication. Par ce geste, elle a voulu rendre hommage à une gestionnaire du secteur public québécois qui s'est consacrée à la défense et à la promotion de l’éducation, de la culture et de la communication. Le 13 novembre, sur la recommandation de sa Faculté des sciences, l'UQAM a également attribué un doctorat honorifique à Lorne Trottier, pour ses contributions en tant que chercheur, homme d’affaires et philanthrope.

Ces distinctions ont été décernées dans le cadre des collations de grades de la Faculté des sciences de l'éducation et de la Faculté des sciences, qui se sont déroulées à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau.

Michèle Fortin

Pierre Mongeau, doyen de la Faculté de communication, le recteur Robert Proulx, Michèle Fortin, Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation. Photo: Jean-François Hamelin

Bachelière en sociologie de l’Université de Montréal, Michèle Fortin est aussi détentrice d'une maîtrise en administration publique de l'Université de Californie, où elle a fait des études de doctorat en politique, planification et administration scolaires, de 1970 à 1972.  Après avoir été chargée de projets pour le réseau de l'Université du Québec, elle a travaillé à l’UQAM, de 1974 à 1976, à titre d'adjointe du recteur et de directrice de la planification. Puis, de 1976 à 1986, elle a occupé des postes de direction au sein de différents organismes et institutions, notamment au Conseil des universités du Québec, au ministère de l’Éducation et au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie.

Après un passage à Téléfilm Canada, Michèle Fortin a œuvré à Radio-Canada, de 1992 à 2002, où elle a été directrice des programmes de la télévision générale et vice-présidente principale de la télévision française. Elle a ensuite occupé la fonction de sous-ministre dans différents ministères québécois, avant d'accomplir deux mandats de cinq ans (2005-2015) comme présidente-directrice générale de Télé-Québec. Passionnée de télévision, elle a lancé et soutenu plusieurs émissions qui ont marqué la télévision francophone, à Radio-Canada comme à Télé-Québec. Elle a également participé à la création de la chaîne culturelle ARTV.

Au cours de sa carrière, Michèle Fortin a reçu plusieurs distinctions, dont l'Ordre du Canada et les titres de Chevalier des arts et des lettres de la République française et de Femme innovatrice de l'année de l'Association canadienne des femmes en communication. Elle a aussi figuré dans le «Top 100» des Canadiennes les plus influentes, dans la catégorie Arts et Communications, et a remporté, en 2013, le Grand Prix hommage de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, qui couronne une carrière remarquable dans ce domaine.

Michèle Fortin préside aujourd'hui le conseil d'administration de Canal Savoir et siège aux conseils d'administration de TV5 Québec Canada, du quotidien Le  Devoir, de l'Association canadienne des médias éducatifs et publics, de l'Alliance Médias Jeunesse et des Instituts de recherche en santé du Canada.

«J’ose voir, dans la distinction qui m’est accordée aujourd’hui, une reconnaissance explicite de la contribution des médias à la démocratisation des savoirs, a-t-elle déclaré. C’est vrai pour les médias de service public, dont c’est la mission explicite, mais c’est aussi vrai de tous les médias, parce qu’ils sont omniprésents dans la vie quotidienne des citoyens. Cela en fait des agents de transmission extrêmement puissants d’informations et de connaissances, mais malheureusement aussi de préjugés et de contre-vérités.»

Michèle Fortin croit en l'importance de demeurer des apprenants tout au long de la vie, surtout dans une société qui carbure au savoir et à l'innovation. «Plus de 75 % de nos années d’apprentissage se feront à l’âge adulte, en dehors des réseaux scolaires, a-t-elle souligné. Comment, dans ce contexte, l’école peut-elle préparer les citoyens à devenir des "autodidactes actifs" ? Son premier rôle, c’est de donner aux jeunes le goût d’apprendre, de leur faire découvrir le plaisir de s’interroger, de chercher, de découvrir. Je ne parle pas ici de s'amuser pour apprendre, mais de trouver du plaisir en apprenant.»

Au-delà du désir d'apprendre, Michèle Fortin identifie trois actions prioritaires à l'école: maîtriser les langages de base qui ouvrent la porte aux autres connaissances; habiliter les jeunes à s'interroger et à distinguer le vrai du faux; favoriser l'apprentissage de la vie en groupe.

Lorne Trottier

Chercheur, philanthrope et passionné des sciences, Lorne Trottier a consacré sa vie à l'élaboration de solutions technologiques novatrices, qui ont contribué à l'avènement de la révolution numérique. La société Matrox – qu'il a cofondée avec l’ingénieur Branko Matic – est devenue un leader mondial dans la conception d'applications informatiques d'imagerie graphique.

Luc-Alain Giraldeau, doyen de la Faculté des sciences, Lorne Trottier, le recteur Robert Proulx, Catherine Mounier, vice-rectrice à la Recherche et à la création. Photo: Jean-François Hamelin

Détenteur d'un baccalauréat et d'une maîtrise en génie électronique de l'Université McGill, Lorne Trottier a travaillé quelques années chez Marconi avant de créer Matrox, en 1976. Cette entreprise a été la première à commercialiser des circuits accélérateurs vidéo, que se sont procurés à l'époque les fabricants des premiers micro-ordinateurs. Aujourd'hui, après quatre décennies d’innovations, Matrox demeure une  entreprise en constante évolution qui développe des puces industrielles en informatique graphique, en affichage multi-écrans, en enregistrement et montage vidéo, en imagerie médicale, en vidéosurveillance et en robotique.

Socialement engagé, Lorne Trottier s'est toujours senti redevable envers le milieu universitaire. Il a fait plusieurs dons, notamment à l'Université McGill, son alma mater, pour la création de chaires de recherche, d’instituts, de laboratoires et de pavillons dédiés aux sciences et aux technologies de l’information. Préoccupé par les changements climatiques, Lorne Trottier a ainsi fait un don à l'École polytechnique de Montréal, en 2013, pour la mise sur pied d'un institut sur l'énergie. Il a créé la Fondation Trottier, qui soutient les organismes voués à la formation en sciences, ainsi que le Lorne Trottier Public Symposium qui, chaque année à Montréal, invite des experts à discuter de questions scientifiques.

Sa compagnie Matrox a reçu de nombreux prix et distinctions, dont le prix Emmy, en 2000, pour sa technologie de montage vidéo numérique. Lorne Trottier a remporté, en 2003, le prix du Québec Lionel-Boulet, dans la catégorie Développement scientifique et croissance économique. La même année, la Fédération de l’informatique du Québec l’a désigné comme l’un des 25 Grands Bâtisseurs des technologies de l’information et de la communication au pays. Fellow de l’Académie canadienne du génie, ses contributions ont été reconnues par l’Ordre du Canada, en 2007.

Lorne Trottier s'est dit privilégié d’avoir participé à la grande révolution électronique du 20e siècle. «C’est la seule industrie qui a continuellement augmenté la capacité et la performance de ses produits d’une façon exponentielle durant plusieurs décennies, a-t-il déclaré. Cela a permis de créer une abondance de merveilles technologiques qui ont transformé nos façons de vivre, de travailler et de nous divertir.»

L'homme d'affaires a aussi profité de l'occasion pour déplorer certaines déclarations du nouveau président américain. «La lutte contre les changements climatiques constitue le défi le plus important du 21e siècle. Durant la campagne présidentielle, Donald Trump a dit que les changements climatiques faisaient partie d’un complot chinois pour affaiblir l’économie américaine. La personne qu'il a choisie comme chef de l’Agence de protection de l'environnement, Myron Ebell, nie l’existence des changements climatiques.»

L'économie du 21e siècle, a souligné Lorne Trottier, nécessite une transformation plus radicale que la révolution électronique à laquelle il a été associé. «Cette transformation équivaut à une nouvelle révolution industrielle, qui nécessitera le développement de nouvelles technologies et un apprentissage continu.»

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