Un trésor bien gardé

Andrée-Anne Léonard insuffle un vent de fraîcheur au Centre de documentation de l'École supérieure de mode de l'ESG UQAM.

3 Avril 2017 à 10H01

Série Dans les coulisses de l'UQAM
Des employés de l'UQAM, ceux qui, dans les coulisses, assurent le bon fonctionnement de l'Université, parlent de leur rôle au sein de notre institution.

Andrée-Anne Léonard est bibliothécaire au Centre de documentation de l'École supérieure de mode de l'ESG UQAM.
Photo :Nathalie St-Pierre

«C'est mon job de rêve!», lance la bibliothécaire du Centre de documentation de l'École supérieure de mode (ESM) Andrée-Anne Léonard (B.A. communication/journalisme, 2001). «Le poste combine plusieurs de mes passions: la mode, la communication et la bibliothéconomie», poursuit celle qui est à l'emploi de l'École des sciences de la gestion (ESG UQAM) depuis novembre 2013.

Cette ancienne journaliste mode et beauté et rédactrice en chef du magazine Elle Québec a décidé, en 2011, d'entamer une deuxième carrière en complétant une maîtrise en sciences de l'information. Elle a par la suite obtenu un premier poste de bibliothécaire à la bibliothèque municipale Benny de l'arrondissement Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce, avant d'être repêchée par l'ESG. «J'avais déjà fait une demande de stage au Centre de documentation de l'ESM, mais cela n'avait pas été possible à l'époque, raconte Andrée-Anne Léonard. Lorsqu'un poste s'est libéré, j'ai postulé tout de suite et je l'ai obtenu grâce à l'appui de Justine Lamoureux, bibliothécaire au Service des bibliothèques, qui s'est souvenue de ma demande de stage et de mon expérience en mode. C'est ma bonne fée!»

Le Centre de documentation rassemble plus de 4500 monographies, ouvrages de référence, périodiques, films et images en lien avec les thèmes des trois concentrations du programme de baccalauréat en gestion et design de la mode, soit design et stylisme, commercialisation et gestion industrielle. C'est l'une des plus grosses bibliothèques spécialisées en mode au Canada. «Même la prestigieuse Université Yale nous a déjà emprunté un volume!», dit fièrement Andrée-Anne Léonard. Le mandat du Centre est de répondre aux besoins de la recherche, de la création et de l'enseignement. «Il faut se tenir à jour sur tout ce qui se fait dans le domaine de la mode, explique Andrée-Anne Léonard. La collection doit être vivante!»La bibliothécaire fait de nombreuses recherches pour dénicher les meilleurs ouvrages. «Je suis perfectionniste, je veux choisir les livres les plus pertinents selon la crédibilité des auteurs ou des maisons d'édition; je me tiens informée de ce que pense la communauté universitaire», dit-elle.

«Mon travail me permet d'aborder la mode sous différents angles et m'aide à comprendre ce phénomène d'un point de vue psychologique, sociologique et anthropologique. C'est très enrichissant», ajoute la bibliothécaire.

Auparavant installés dans un édifice appartenant au Collège LaSalle, dans l'ouest de Montréal, l'École supérieure de mode et son Centre de documentation ont déménagé en 2015 dans le nouveau pavillon de la rue Sainte-Catherine Est. Pour la bibliothécaire, le déménagement a été un défi de taille. «La bibliothèque a perdu 40 % de son espace de rayonnage et une vingtaine de places assises, précise Andrée-Anne Léonard. Il a fallu faire des choix.» Malgré cela, les étudiants sont de plus en plus nombreux à fréquenter le Centre. Ses espaces accueillants et ses grandes baies vitrées qui donnent sur la rue y sont sans doute pour quelque chose. «Cela fait toute une différence d'être au cœur du campus. Les membres de l'École ont accès à plus de ressources et se sentent partie intégrante de l'Université», souligne Andrée-Anne Léonard.

Des joyaux à consulter

Le Centre de documentation de l'École supérieure de mode renferme quelques bijoux méconnus. «Les Uqamiens peuvent consulter sur place des cahiers édités par de grands bureaux de tendances comme Nelly Rodi, Trend Union ou Peclers», explique Andrée-Anne Léonard. Publiés à raison de deux fois par année (saisons automne/hiver et printemps/été), ces volumineux et magnifiques objets, qui se détaillent à 2500 dollars pièce (!), sont de véritables bibles pour les designers et les professionnels de la mode. «Les bureaux dépêchent partout sur la planète des sociologues, des designers, des architectes, des anthropologues afin qu'ils dénichent les dernières tendances en matière de modes, de couleurs, de tissus, d'ambiance, de produits, dit Andrée-Anne Léonard. Ce sont eux qui déterminent, à partir de leurs observations, ce que la planète mangera, comment les gens s'habilleront et ce qu'ils écouteront sur leur téléphone au cours des prochaines années.»

Le contenu des cahiers de la saison en cours doit toutefois rester entre les mains des «initiés»: il est interdit d'en faire la reproduction ou de prendre des photos des images à l'aide d'un téléphone intelligent. «Les règles sont très strictes: si ses usagers diffusent l'information sur les réseaux sociaux, le Centre de documentation ne pourra plus acheter de cahiers de tendances», précise la bibliothécaire.

Les usagers peuvent aussi parcourir sur place d'autres revues de prévisions de tendances comme Textile Report et les guides de couleurs Pantone. «C'est le seul endroit à l'UQAM où l'on peut les trouver, note Andrée-Anne Léonard. Ces documents peuvent notamment servir aux étudiants en arts et en design graphique.» Le Centre de documentation s'est aussi doté d'un appareil, le spectrocolorimètre, «qui reconnaît les couleurs et les codes Pantone correspondants», ajoute la bibliothécaire. Même si le Centre de documentation n'est pas un dépôt d'archives, on peut également y feuilleter quelques vieux périodiques, dont des éditions du magazine de mode Harper's Bazaar datant de la fin du XIXe siècle (le magazine est publié depuis 1867), gracieusement offertes par une communauté religieuse (!).

Veille, recherche et conseils aux usagers

Au quotidien, Andrée-Anne Léonard effectue une veille pour les professeurs et les chargés de cours de l'ESM. «En utilisant plusieurs bases de données en ligne sur le site des Bibliothèques, je leur fais parvenir régulièrement des études venant de paraître en lien avec leurs champs d'intérêt et leurs travaux de recherche, illustre la jeune femme. Parfois, les enseignants ont aussi besoin que je leur propose un corpus de textes sur des sujets précis comme la mode durable, par exemple.»

La bibliothécaire guide les étudiants vers les ressources dont ils ont besoin et offre de la formation en méthodologie de recherche dans les classes. «Je leur donne des trucs afin qu'ils puissent acquérir une meilleure méthode de recherche, explique Andrée-Anne Léonard. Il peut s'agir, par exemple, de mieux faire le tri en sachant reconnaître les sources crédibles ou de savoir comment bien citer ses sources. Les étudiants ont ainsi une meilleure connaissance des outils disponibles à l'UQAM.» En partenariat avec son collègue Alain Ouellette, commis au service aux usagers, elle s'occupe du comptoir de prêt et du rangement des livres. «Comme nous n'avons pas de techniciens, nous nous occupons de l'assistance technique, ajoute Andrée-Anne Léonard. Nous ne sommes pas des employés du Service des Bibliothèques, mais nous avons établi une précieuse collaboration avec eux.»

Une vitrine de création

Le Centre de documentation poursuit son mandat d’animer ses deux vitrines donnant sur la rue Sainte-Catherine Est. On a pu y admirer les créations des diplômées Tricia Crivellaro et Mélissa Nepton, de la professeure Ying Gao et de la chargée de cours Danielle Martin. «Nous aimerions faire une vitrine différente par mois», révèle Andrée-Anne Léonard. L'autre vitrine propose une sélection de beaux ouvrages sur la mode. «J'y vais selon les saisons et en fonction des belles images que je trouve, souligne la bibliothécaire. Cela me permet de laisser libre cours à ma créativité. C'est aussi un bon moyen pour susciter la curiosité des Uqamiens et des passants sur les activités de l'École supérieure de mode. Rien ne me fait plus plaisir qu'un étudiant qui décide d'emprunter un volume qu'il a vu dans la vitrine.»

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