Lectures de décembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

5 Décembre 2017 à 9H45

Série «Titres d'ici»

Un amour féministe

Figure incontournable du féminisme au Québec, la professeure du Département d'études littéraires Martine Delvaux a publié récemment Le monde est à toi. Dans cet ouvrage, proche de l'essai, l'écrivaine interroge son rapport à sa fille adolescente et réfléchit à ce qu'il y a de féministe dans cet amour. Peut-on penser le féminisme sans penser l'amour?, demande Martine Delvaux. «C'est étonnant de voir "amour" et "féminisme" côte à côte, parce qu'on pense encore que le féminisme, c'est la haine des hommes – ça, c'est le cliché –, mais aussi parce que l'on conçoit difficilement que la lutte politique ou la quête d'universaux soient liées à quelque chose d'aussi fondamental que l'amour», déclarait l'écrivaine dans une entrevue au Devoir, au moment de la parution de son ouvrage. Martine Delvaux écrit à sa fille qu'il faut défendre le corps qu'on a ou qu'on souhaite avoir, refuser son objectification, contrer son invisibilisation. «Ça ne veut pas dire qu'il faut aimer son corps comme si c'était la chose la plus précieuse au monde, et y installer le cœur de notre identité, souligne-t-elle. Si tu dois en être fière, que cette fierté soit stratégique et temporaire. Qu'elle serve une lutte qui servira à d'autres que toi.» Paru chez Héliotrope. 

Éducation et neurosciences

Les relations entre le cerveau, l'apprentissage et l'enseignement intéressent de plus en plus de chercheurs. Les projets de recherche dans ce domaine sont toutefois difficiles à réaliser, notamment parce qu'ils nécessitent une double expertise: il faut, d'une part, posséder les connaissances techniques liées à l'utilisation de l'imagerie cérébrale, et, d'autre part, comprendre la nature des apprentissages scolaires, des difficultés pédagogiques rencontrées par les élèves et des pratiques d'enseignement. Fruit d'une collaboration entre le Laboratoire de recherche en neuroéducation de l'UQAM et le Laboratoire de psychologie du développement et de l'éducation de l'enfant de l'Université Paris-Descartes, l'ouvrage Méthodes de recherche en neuroéducation a pour objectif de guider les chercheurs en fournissant de l'information sur le fonctionnement du cerveau ainsi que des points de repère pédagogiques. On y apprend, notamment, comment recueillir et analyser des données à l'aide de l'imagerie par résonance magnétique, de l'électroencéphalographie et de tests neuropsychologiques. Sous la direction du professeur au Département de didactique Steve Masson, l'ouvrage fait appel à la collaboration de plusieurs Uqamiens, dont les professeurs Patrick Charland et Martin Riopel, ainsi que les étudiants Geneviève Allaire-Duquette, Lorie-Marlène Brault Foisy, Hugo Lapierre, Marilyne Larose, Yannick Skelling et François Thibault. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

Repenser l'intervention interculturelle

La mondialisation amène son lot de mobilités internationales, lesquelles favorisent les rencontres entre personnes ou groupes porteurs de cultures différentes. Cela soulève des enjeux d'ordre interculturel: questionnements identitaires, stratégies communicationnelles, rapports d'inclusion et d'exclusion. «Traditionnellement, les approches en intervention interculturelle tendent à se limiter à l'accompagnement de personnes immigrantes et à leur établissement dans les pays d'accueil. Toutefois, la diversité des formes de mobilité internationale nous invite à repenser les contours classiques de ces approches et à nous interroger sur les types d'accompagnement offerts non seulement aux personnes migrantes mais aussi aux étudiants, aux coopérants ou aux professionnels mobiles», soulignent Catherine Montgomery et Caterine Bourassa-Dansereau. Les deux professeures au Département de communication sociale et publique ont dirigé l'ouvrage Mobilités internationales et intervention interculturelle: théories, expériences et pratiques, lequel vise à établir, d'une part, les bases historiques et conceptuelles de l'intervention interculturelle, et, d'autre part, à documenter les expériences vécues par des personnes mobiles et des intervenants qui ont été amenés à les soutenir. La réflexion critique et les récits qui y sont partagés en font autant un manuel théorique qu'un outil pédagogique. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

L'autre révolution tranquille

Avec La première révolution tranquille. Syndicalisme catholique et unions internationales dans le Québec de l'entre-deux-guerres, la professeure émérite du Département de sociologie Céline Saint-Pierre s'inscrit dans la ligne de pensée du sociologue Fernand Dumont. Elle y montre comment les anciennes idéologies, réfractaires aux changements accompagnant l'industrialisation et l'urbanisation, masquaient des enjeux fondamentaux se dessinant à l'horizon. Ses recherches sur la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) et le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC) ramènent à l'avant-scène des combats virulents qui débordent largement les retombées de la crise économique de 1929. Les élites canadiennes-françaises mènent leurs luttes sur le terrain politique et idéologique, laissant une liberté d'action aux capitalistes étrangers sur le terrain économique. Selon l'auteure, l'existence d'une première révolution tranquille doit être comprise comme l'expression d'un changement radical susceptible d'annoncer l'arrivée d'un nouveau modèle de société. «Celui-ci prend forme dans les rapports sociaux entre deux nouvelles classes sociales – la classe ouvrière et la bourgeoisie industrielle capitaliste –, qui sont à la base d'une révolution annoncée et dont sont porteuses les idéologies du corporatisme d'inspiration chrétienne et de la démocratie industrielle.» Paru chez Del Busso éditeur.

Histoire du Plateau Mont-Royal

Jadis territoire de chasse des Autochtones, l'espace qui s'étend à l'est du mont Royal a ensuite été une vaste campagne où se trouvaient vergers, pâturages et carrières de pierres. Le Plateau Mont-Royal tel que nous le connaissons a été principalement construit entre 1890 et 1940, période des triplex en rangée de pierre grise ou de brique rouge, avec les escaliers extérieurs typiques de Montréal. Traversé par le boulevard Saint-Laurent, il est un territoire d'immigration et de rencontres entre les cultures et les langues, l'inspiration d'œuvres littéraires, d'essais politiques et de performances artistiques, un lieu de confrontation entre idéologies et un espace d'expérimentation pour de nouvelles idées. Publié dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, l'ouvrage Dictionnaire historique du Plateau Mont-Royal, auquel collabore notamment Jean-Claude Robert, professeur émérite du Département d'histoire, présente en 600 entrées les individus – Émile Nelligan, Michel Tremblay, Leonard Cohen, Marie Gérin-Lajoie, Lionel Groulx, Marcel de La Sablonnière, Jean-Paul Riopelle, Gaston Miron, Pierre Bourgault, Mordecai Richler et plusieurs autres –, les communautés et les religions, les luttes sociales et politiques, les commerces et les industries, les arts, la toponymie et l'architecture qui ont contribué à forger l'identité de ce quartier, microcosme de Montréal. Publié chez Écosociété.

Une culture d'agression

Pourquoi des hommes agressent-ils sexuellement des femmes, des enfants ou d'autres hommes? Pourquoi payent-ils pour des relations sexuelles? Pourquoi consomment-ils de la pornographie? Pourquoi tuent-ils leur conjointe ou leurs enfants? Pourquoi sont-ils des meurtriers en série à caractère sexuel ? Violences dites domestiques ou conjugales, agressions sexuelles, meurtres, les femmes sont les principales cibles des violences masculines, et ce, partout sur la planète, autant dans les États démocratiques que dans les dictatures. Ce n'est pas une culture nationale, ethnique ou religieuse en particulier qui est la cause de cette violence, de cette soumission des femmes au plaisir masculin, mais bien une culture patriarcale qui s'exprime par une culture d'agression. Professeur associé à l'Institut de recherches et d'études féministes, Richard Poulin (M.A. sociologie, 1978) tente de décrypter le phénomène dans Une culture d'agression: masculinités, industries du sexe, meurtres en série et de masse. Son ouvrage est divisé en trois parties: la prostitution et sa mondialisation, l'influence de la pornographie, et les meurtres en série et de masse. «Briser le silence complice, tel est l'apport exceptionnel du mouvement contre la culture du viol, écrit-il. Aider à briser le silence et à réfléchir sur ces masculinités qui exploitent, agressent, violent et tuent, tel est l'apport de ce livre.» Publié chez M Éditeur.

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