Lectures de mars

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

14 Mars 2017 à 15H27

Série «Titres d'ici»

Histoire illustrée de Montréal

Grâce à une magnifique iconographie, qui mêle documents historiques et œuvres d'art, Traces de l'histoire de Montréal invite le lecteur à découvrir l'histoire de la métropole par le regard, à s'imprégner de ces images pour reconstituer une trame s'étendant sur plusieurs siècles. Publié sous la direction du professeur du Département d'histoire Paul-André Linteau, du juriste et sénateur Serge Joyal et du directeur des Archives de la Ville de Montréal, le diplômé Mario Robert (M.A. histoire, 2000), l'ouvrage aborde l'histoire de Montréal sous l'angle de ses traces visibles dans l'espace urbain et dans la mémoire collective: tableaux, gravures, affiches, photographies. Produites, transmises et conservées par des générations de Montréalais, ces traces s'observent dans les vestiges et les bâtiments de diverses époques, dans les objets et les lieux de la vie quotidienne. «Dans la plupart des livres d'histoire, l'illustration vient en appui au texte, pour en confirmer ou en renforcer le propos. Ici, c'est l'inverse», écrivent les auteurs.  Le livre est structuré en cinq grands chapitres chronologiques. Chacun d'eux s'amorce par une brève synthèse, rappelant les principales caractéristiques de l'époque. Puis, c'est la plongée en images pour mettre en valeur des lieux, des immeubles ou des moments significatifs. Paru chez Boréal. 

Une région méconnue

De la colonisation jusqu'à l'époque contemporaine, en passant par celles de la guerre de Sécession et du Solid South démocrate, la complexité du Sud des États-Unis se décline sur le plan à la fois culturel, politique, démographique, économique et social. Ce vaste territoire géographique compte plus de 100 millions d'habitants répartis dans 12 États. «Bien qu'il soit largement méconnu et qu'il pâtisse d'emblée d'une réputation amplement galvaudée, le Sud est d'un intérêt incontestable, ne serait-ce qu'en raison de son exceptionnalisme et de l'influence qu'il a toujours exercée au pays», souligne Ginette Chenard dans Le Sud des États-Unis. Diplômée du baccalauréat spécialisé en histoire (1973), cette dernière a été en poste pendant cinq ans à Atlanta, de 2006 à 2011, à titre de déléguée du Québec. C'est aujourd'hui en tant que coprésidente de l'Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques qu'elle partage son expérience professionnelle et personnelle du Sud des États-Unis. Son ouvrage aborde les grands enjeux que sont, entre autres, l'enracinement du Parti républicain dans la région, l'incontournable question raciale – déterminante pour comprendre les inégalités sociales et économiques qu'on y observe – et la transformation économique des dernières années. Paru chez Septentrion.

Des idées pour le Québec

«Notre souhait le plus cher, c'est que ce livre stimule le débat public», a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, candidat à la maîtrise en sociologie et nouveau militant déclaré de Québec Solidaire, à propos de l'ouvrage Ne renonçons à rien, qu'il a cosigné avec huit autres personnalités, dont les chroniqueuses Maïtée Labrecque-Saganash, étudiante libre en science politique, et Aurélie Lanctôt (B.A. communication, 2013). Le livre est issu de la tournée «Faut qu'on se parle», lancée à l'automne 2016, au cours de laquelle les auteurs ont tenu 174 assemblées de cuisine et une dizaine d'assemblées publiques, recueillant près de 7 000 «idées d'actions» pour le Québec. «Depuis un bon moment déjà, une grande partie des Québécois se sont progressivement lassés de la politique partisane», écrivent les signataires de l'ouvrage. Ces derniers ont donc voulu revenir à la base de la politique et ont invité leurs concitoyens à parler, à échanger, à débattre. Ils proposent huit projets centraux: faire de l'éducation une priorité nationale; concevoir une politique industrielle écologique; démocratiser la démocratie; élaborer un nouveau modèle culturel et médiatique; assumer notre diversité; se réconcilier avec les Premières Nations; améliorer la couverture publique et l'accès aux soins de santé; faciliter la vie des familles. Paru chez Lux Éditeur.   

Rétroaction et débriefing

En octobre 2015, des  chercheurs de la Belgique, du Canada, de la France et de la Suisse ont participé à un symposium, organisé à l'UQAM, portant sur les pratiques de rétroaction et de débriefing en éducation et en formation. Sous la direction des professeures Michèle Saint-Jean, de l'Université Toulouse-Jean Jaurès, Nathalie Lafranchise, du Département de communication sociale et publique, Chantale Lepage, de l'École supérieure de théâtre, et Louise Lafortune, de l'UQTR, Regards croisés sur la rétroaction et le débriefing capture l'essentiel des thématiques abordées lors de ce symposium. Au fil des trois chapitres thématiques intitulés «Accompagner», «Former» et «Professionnaliser», on aborde, entre autres, l’enjeu émancipateur de la rétroaction, notamment pour renforcer le sentiment d’autoefficacité et la motivation pour se développer, de même que les différents supports utilisés: forme écrite ou verbale, en direct ou en différé, par l'intermédiaire ou non de la vidéo, en individuel ou en collectif. Les exemples sont tirés de domaines variés, tels que l'accompagnement des mémoires universitaires, les groupes de codéveloppement, la formation des internes et des infirmiers français, celle des chercheurs scientifiques novices et des enseignants en art dramatique. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

Nouveau régime et ostracisme médiatique

Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté (Ph.D. sociologie, 2013) poursuit sa réflexion sur la société contemporaine avec Le nouveau régime: Essais sur les enjeux démocratiques actuels, lequel se compose de textes publiés dans des journaux et des revues (Le Journal de Montréal, Le Figaro, L'Action nationale), et d'inédits. «La démocratie se mondialise, l’identité se diversifie, les mœurs traditionnelles se dissolvent, les sociétés occidentales font pénitence de leurs fautes passées, les minorités sexuelles et culturelles accèdent enfin à la reconnaissance publique et les droits de l’homme refondent intimement et profondément le pacte politique occidental», écrit-il en introduction pour résumer le programme de ce nouveau régime. Celui-ci prétend accomplir la démocratie, mais, en fait, la trahit, selon l'auteur. «La liberté politique ne se porte pas si bien que ça dans les démocraties occidentales, qui se montrent de plus en plus intolérantes à l'endroit de ceux qui ne célèbrent pas le nouveau régime. Il y a d'ailleurs un prix à payer pour se mêler de ces questions refoulées: ce sera la diabolisation politique, l'ostracisme médiatique, l'impossibilité de se lancer dans une carrière universitaire.» Publié aux Éditions du Boréal.

L'histoire des Alaouites

La communauté ethnique et religieuse alaouite (ou nusayri), dont les membres les plus connus sont ceux de la famille Al-Assad qui dirige la Syrie depuis les années 1970, «est, de nos jours, l'une des minorités les plus visibles au Moyen-Orient», écrit le professeur du Département d'histoire Stefan Winter dans son ouvrage A history of the Alawis: From Medieval Aleppo to the Turkish Republic. Les Alaouites, qui forment une branche du chiisme, représenteraient environ 11 pour cent de la population syrienne, soit deux millions de personnes, et vivent principalement dans le Nord, ainsi qu'au Liban et au Sud de la Turquie. L'auteur et spécialiste du Proche-Orient à l'époque ottomane retrace le parcours de la communauté depuis la naissance de la secte au Xe siècle, jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, en passant par les premières années de la République de la Turquie. Stefan Winter démontre comment cette société «qui s'est toujours dite persécutée par les majorités sunnites» s'est pleinement intégrée au cours des siècles derniers dans les régions rurales en adoptant un régime tribal, tout en participant activement au développement régional et aux réformes éducatives, militaires et politiques. Publié chez Princeton.

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