Lectures de septembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

5 Septembre 2017 à 15H30

Série «Titres d'ici»

Entretiens avec Georges Leroux

Le diplômé Christian Nadeau (M.A. philosophie, 1996), professeur de philosophie à l'Université de Montréal, a publié un livre d'entretiens avec celui qui lui a enseigné lorsqu'il était étudiant à l'UQAM: le professeur émérite du Département de philosophie Georges Leroux. Ces entretiens retracent le parcours intellectuel de ce spécialiste de la philosophie grecque, sa formation, son enseignement, les rencontres et les textes qui l'ont marqué. Ils proposent une réflexion sur l'engagement philosophique et sur le rôle que doivent jouer les intellectuels dans le débat public au Québec. On y trouve aussi une radiographie de l'histoire sociale, intellectuelle, culturelle et politique du Québec, de la Révolution tranquille jusqu'à aujourd'hui, ainsi que le récit des premières années de l'UQAM, une période riche et tumultueuse. «Partout, Georges Leroux se révèle un constructeur d'institutions, écrit Christian Nadeau, un intellectuel engagé au sein de sa société, et surtout un connaisseur perspicace et attentif du débat public qui a peu à peu façonné le Québec d'aujourd'hui. Pensons en particulier à son engagement des 10 dernières années au service du pluralisme». Loin du consensualisme frileux, le philosophe Georges Leroux a toujours voulu agir «selon un idéal de dignité contre les populismes, les mensonges, les flagorneries et les convenances de toute sorte», souligne le diplômé. Georges Leroux. Entretiens est paru chez Boréal.

300 raisons d'aimer Montréal

La diplômée Claire Bouchard (B.A. communication, 1998), productrice de contenus numériques au quotidien La Presse et auteure de Dévorer Montréal, a découvert la métropole il y a une vingtaine d'années en faisant ses études à l'UQAM. Dans le guide 300 raisons d'aimer Montréal, celle qui a habité aux quatre coins de la ville partage ses coups de cœur et fait découvrir quelques trésors méconnus. Dans chaque quartier de la métropole elle a recensé les restaurants d'exception, les bouis-bouis les plus savoureux et les plus belles terrasses, rues et autres ruelles vertes. On peut ainsi apprendre qu'il existe un bar à bacon sur la rue Beaubien, un centre de lancer de hache (!) sur la rue Amherst, ou encore un café sur la rue Sainte-Catherine où l'on offre café et biscuits gratuitement en retour d'une location d'espace. Claire Bouchard propose plusieurs activités culturelles à faire en famille et des escapades nature d'une journée à proximité de la ville. Une douzaine de personnalités publiques livrent également leurs adresses favorites, dont l'animateur télé Guy A. Lepage (B.A. communication, 1983) et la journaliste Marie-Joëlle Parent (B.A. communication/journalisme, 2007), créatrice de la collection de guides touristiques «300 raisons d'aimer». Publié aux Éditions de l'Homme. 

Tomber dans les pommes

L'industrie du cidre a connu une forte croissance au cours des 10 dernières années, tant en Europe, aux États-Unis et en Australie qu'au Canada. Lors d'un colloque organisé dans le cadre du congrès de l'Acfas tenu à l'UQAM au printemps 2016, des chercheurs, des praticiens (cidriculteurs et œnologues), des blogueurs et autres membres de la filière cidricole ont discuté avec bonheur de leur sujet de prédilection. «Il était opportun de transformer ces échanges en un ouvrage de référence original, portant sur l'ensemble des résultats des travaux de recherche menés sur le cidre au Québec», soulignent L. Martin Cloutier, professeur au Département de management et technologie de l'ESG UQAM, et la doctorante Anaïs Détolle, qui dirigent La transformation du cidre au QuébecQuelles sont les évolutions possibles du portefeuille de produits et de la filière du cidre? Quelles sont les conditions qui permettent d'élaborer de «grands cidres québécois»? Quelles sont les origines du cidre de glace? Voilà quelques questions auxquelles tentent de répondre les auteurs, lesquels font appel à de multiples disciplines, parmi lesquelles l'agronomie, la chimie, la pomologie, l'histoire, l'économie, le marketing, et la gestion des risques. Un véritable tour d'horizon du sujet. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

L'immigration française au Canada

Après la venue des colons à l'époque de la Nouvelle-France, la deuxième grande vague migratoire française vers le Canada s'amorce en 1870 et se poursuit jusqu'en 1914. Pendant cette période, environ 50 000 Français traversent l'Atlantique à destination du Canada. Pourquoi et comment ces personnes prennent-elles la route du Canada? Où s'établissent-elles et comment s'intègrent-elles à la société canadienne? Ces questions sont soulevées dans l'ouvrage Transposer la France. L'immigration française au Canada (1870-1914), cosigné par le professeur du Département d'histoire Paul-André Linteau et les professeurs Yves Frenette (Université de Saint-Boniface) et Françoise Le Jeune (Université de Nantes). «Cette deuxième vague d'immigration française a reçu peu d'attention de la part des historiens, écrivent les auteurs. Elle est pourtant au cœur d'un phénomène très vaste qui a été qualifié de Grande Migration transatlantique.» Si bon nombre de ces nouveaux arrivants choisissent de s'établir en territoire francophone, souvent à Montréal, une grande part d'entre eux s'installe dans l'Ouest. On compte parmi ces immigrants un contingent important de religieux – chassés par les politiques anticléricales adoptées par la République française à partir de 1880 – qui influencera profondément le système d'éducation au Québec. Plusieurs Français se font aussi cultivateurs et ouvriers, enseignants, comédiens et chercheurs d'or. Paru chez Boréal.

Sur fond de guerre

Mathilde et le narrateur de La dernière guerre se rencontrent dans le métro de Montréal durant le Printemps érable. Elle est beaucoup plus jeune que lui, c'est le coup de foudre et leur relation fait des flammèches, car ils s'entredéchirent autant qu'ils s'aiment. À la fin de l'été, il lui propose de l'accompagner à Nashville, pour ensuite remonter la côte est américaine. À Washington, ils décident d'aller voir le Vietnam Veterans Memorial, ce long mur de granit noir imaginé par Maya Lin, sur lequel sont gravés les noms des 58 300 G.I. morts au combat. Un nom surgi au hasard – Edward D. Henry – deviendra l'objet d'une quête de vérité chez le narrateur, qui tente de reconstituer la courte vie du soldat en même temps qu'il revisite son propre passé et sa relation houleuse avec son père. «La tentation est forte de lier la petite et la grande Histoire, mais au-delà de la guerre, du conflit armé, amoureux ou familial, je me demande jusqu'où se rend l'analogie», écrit-il. Ce dixième roman du professeur au Département d'études littéraires Bertrand Gervais est une espèce de croisement entre fiction et documentaire. On y appréciera particulièrement les nombreuses références historiques, cinématographiques et musicales liées à la guerre du Vietnam. Paru chez XYZ.

Miser sur la dignité

Les éducateurs du XXIe siècle sont confrontés à une tâche complexe: préparer les jeunes à entrer dans un monde problématique et incertain. Le défi consiste à trouver le juste milieu: il ne faut pas imposer toutes les vérités, pas plus qu'il ne faut laisser les jeunes totalement à eux-mêmes. «Éduquer pour un monde problématique appelle à une conception de l'éducation respectueuse de la personne. La reconnaissance de la dignité de la personne nous semble représenter un contenu essentiel de l'expérience humaine, une valeur-phare pour naviguer dans notre monde», affirment Nancy Bouchard, professeure au Département de sciences des religions, et Marie-France Daniel, de l'Université de Montréal. Les deux chercheuses dirigent le plus récent numéro de la revue Éthique en éducation et en formation – Les dossiers du GREE (Groupe de recherche sur l'éducation éthique et l'éthique en éducation), dont la thématique est «Dignité et éducation pour un monde problématique». Y sont abordées les dimensions philosophiques, juridiques, politiques, éthiques et pédagogiques de la notion de dignité humaine et la portée de ce repère pour une éducation dans un monde problématique, avec des contributions d'une dizaine d'auteurs, parmi lesquels Nancy Bouchard ainsi que le professeur émérite du Département de philosophie Georges Leroux, et la professeure du Département d'éducation et formation spécialisées Maryse Potvin. La revue est disponible en version numérique.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE