Rapport 2015-2016 du BIPH

Le Bureau d'intervention et de prévention en matière de harcèlement a enregistré une légère baisse du nombre de demandes.

21 Mars 2017 à 21H44

Photo:Nathalie St-Pierre

Au moment de clore sa dixième année d'existence, le Bureau d'intervention et de prévention en matière de harcèlement (BIPH), représenté par sa directrice Maude Rousseau, a présenté son rapport au Conseil d'administration le 21 mars. Ce rapport, qui porte sur la période du 31 mai 2015 au 1er juin 2016, fait état de 147 dossiers traités par le BIPH – une légère baisse par rapport à l'année dernière –, dont un peu plus de la moitié concerne des personnes qui se sentent harcelées (83). Il s'agit en majorité de membres du personnel (59%) et de femmes (65%).

Parmi les personnes qui ont fait une demande au BIPH pour des questions touchant le harcèlement, 62 allèguent des comportements vexatoires de nature psychologique, 12 de nature discriminatoire et 9 de nature sexuelle. Les 64 autres personnes requérantes ont consulté pour des motifs  relatifs à de l'incivilité, des conflits, la peur d'être perçu comme une personne harcelante ou simplement pour obtenir de l'information.

Parmi les faits saillants du rapport, on note également que la majorité des personnes requérantes (120) ont opté pour une démarche de type informel, alors que 15 ont entrepris une démarche formelle et que 12 se sont désistées avant une première rencontre. En ce qui concerne les personnes privilégiant la voie informelle, diverses démarches sont possibles. Certaines ont reçu de l'information, d'autres ont demandé un accompagnement relativement à la situation vécue, alors que d'autres encore ont choisi une intervention dans le milieu, la sensibilisation de la personne visée ou la médiation.

Sur les 15 dossiers ayant fait l'objet d'une démarche formelle, 2 ont été jugés recevables et 11 non. Deux signalements n'ont pas été analysés puisque les personnes requérantes ont déposé un grief, ce qui suspend les démarches en cours au BIPH. Sur deux cas jugés recevables, une personne requérante a souhaité poursuivre sa démarche par une enquête (toujours en cours) tandis que l'autre s'est désistée. En ce qui concerne les 11 dossiers jugés non recevables, des actions ont tout e même été entreprises, que ce soit sous la forme d'information, d'accompagnement ou de démarches préventives dans le milieu.

Formation et sensibilisation

Le rapport du BIPH fait aussi état des activités de formation et de sensibilisation qui ont eu lieu au cours de l'année, ainsi que des activités de représentation. Le Bureau a, en effet, offert des formations relativement au harcèlement, aux violences à caractère sexuel et à la notion de consentement.  Il a aussi travaillé à faire connaître davantage les services qu'il offre aux membres de la communauté universitaire par diverses activités. Il a participé à la rédaction d'un guide du Bureau de coopération interuniversitaire traitant de la question du harcèlement sexuel. Publié à l'automne 2016, ce guide propose des moyens et méthodes de fonctionnement appropriés pour traiter de façon optimale, en milieu universitaire, les situations de harcèlement sexuel.

Le BIPH a également travaillé de concert avec les associations étudiantes et les syndicats pour le déploiement de la campagne provinciale «Sans oui, c'est non!», lancée en mars dernier. Cette campagne a pour objectif de sensibiliser la communauté universitaire à l'importance du consentement. Le BIPH est aussi le seul représentant universitaire à siéger à la Table de concertation en agressions à caractère sexuel de Montréal. Ces initiatives, souligne le rapport, illustrent bien l'approche collaborative que le Bureau privilégie.

Mandat du BIPH

Relevant du secrétaire général et conformément aux Politiques nos 16 et 42 de l’UQAM contre le harcèlement sexuel et psychologique, le mandat du Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement se définit par deux grandes orientations : la prévention et le traitement des situations signalées. Les formations et activités de sensibilisation font notamment partie des démarches préventives entreprises par le Bureau. Pour ce qui est du traitement des dossiers, le mandat du Bureau est de soutenir, d’informer et de conseiller les membres de la communauté universitaire qui s’adressent à lui, de recevoir les signalements, de proposer des démarches propres à régler les situations qui lui sont rapportées et d’assurer le traitement des plaintes.

Sur le campus, un groupe de soutien a été mis sur pied dont l'objectif est de permettre un espace d'expression et de soutien aux personnes qui étudient à l'UQAM et qui ont subi du harcèlement ou une agression dans un contexte se rapportant à leurs activités universitaires.

Le Bureau a aussi participé aux travaux du Comité institutionnel de prévention du harcèlement psychologique sur la révision de la Politique no 42 contre le harcèlement psychologique. Ce chantier vise entre autres à clarifier les différentes démarches possibles et à simplifier le processus d'enquête. Le rapport signale en outre que le Comité institutionnel contre le harcèlement sexuel a été réactivé en mai 2014 sur recommandation du Comité de la vie étudiante et qu'il a pour mandat de réviser et de mettre à jour la Politique no 16 contre le harcèlement sexuel.

En conclusion, le rapport mentionne le départ de sa directrice, Dominique Jarvis, remplacée par Maude Rousseau, et d'une professionnelle, ce qui amené l'équipe du Bureau à revoir son fonctionnement et notamment à tenir des rencontres régulières avec les directions de diverses instances afin de bonifier les interventions et les services offerts à la communauté.

La nouvelle directrice reprend le flambeau avec enthousiasme. «Confiante de pouvoir tirer parti des stratégies élaborées par ses prédécesseures, des acquis réalisés et des stimulants projets entrepris, elle compte contribuer à son tour au développement du Bureau et de ses services dans la perspective de répondre toujours mieux aux besoins et aux attentes de la communauté universitaire.»

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