Abandonner ou persévérer?

Une table ronde sur le décrochage des jeunes enseignants a réuni sept panélistes du milieu.

13 Février 2018 à 15H48

De gauche à droite: Jean-Guillaume Dumont, Marie-Guylaine Dallaire, Josée Legault, Simon Forget, Henri Boudreault, Yolande Brunelle, Bernadette Desmarais, Marie-Annick Marin, Liliane Otis et Kim Desnoyers.Photo: Denis Bernier

Quand on sait que plus de 25 % des diplômés en enseignement quittent la profession après 5 ans, que faut-il faire pour contrer l'exode? Plus de 80 personnes ont assisté le 7 février dernier à l'UQAM à une table ronde sur le décrochage des jeunes enseignants. L'événement, intitulé «Enseigner: abandonner ou persévérer?», était organisé par le Conseil de diplômés de la Faculté des sciences de l'éducation. Animée par la journaliste Josée Legault (M.A. science politique, 1991), lauréate d'un prix Reconnaissance en 2015, cette table ronde réunissait sept panélistes: des experts, mais aussi des enseignants qui ont témoigné de leurs défis et de leurs besoins.

Les deux enseignantes, Kim Desnoyers (B.Éd. éducation préscolaire et enseignement primaire, 2013) et Marie-Annick Marin, ainsi que l'ex-enseignant Jean-Guillaume Dumont (M.A. éducation, 2012) ont livré de vibrants témoignages quant aux problèmes qu'ils ont rencontrés durant leurs premières années d'expérience en enseignement. Tous ont identifié clairement des problèmes réels en éducation, du manque de ressources au sentiment d'abandon et d'incompétence, en passant par une rémunération insuffisante et un urgent besoin, pour la société québécoise, de valoriser davantage la profession enseignante.

Pour réagir aux problèmes soulevés par les enseignants, quatre experts étaient présents. Liliane Otis, de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Marie-Guylaine Dallaire, de la Commission scolaire de Montréal, et Bernadette Desmarais (M.A. éducation, 1993; DESS gestion de l'éducation, 2010), personne ressource de la permanence du CNIPE de la Commission scolaire de Laval, toutes trois responsables des programmes d'insertion professionnelle dans leur milieu respectif, et Henri Boudreault, professeur au Département d'éducation et formation spécialisées, ont avancé des pistes de solution.

Ces experts ont soulevé l'importance des programmes offerts aux jeunes enseignants – mentorat, développement de réseaux, accompagnement, soutien, formation, etc. Ces ressources constituent une aide indispensable pour aider les enseignants pendant leurs premières années d'enseignement. Les experts ont jugé que tous les enseignants débutants devraient avoir accès à de tels programmes. Or, parmi les 72 commissions scolaires du Québec, seulement une vingtaine offre ce type de service indispensable. Même si on est de plus en plus conscient de la nécessité d'agir, ont-ils souligné, il y a encore loin de la coupe aux lèvres!

«En cette année électorale, on risque d'entendre les partis politiques claironner à quel point l'éducation est une priorité. Mais proposeront-ils des mesures concrètes pour aider les jeunes enseignants?», s'interroge Yolande Brunelle (B.Éd. enseignement en adaptation scolaire, 1986), présidente du Conseil de diplômés de la Faculté des sciences de l'éducation et lauréate du prix Reconnaissance 2014. Un dossier à suivre!

On peut voir la galerie de photos de l'événement.

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