Prévenir les catastrophes

Les inondations historiques du printemps 2017 seront discutées lors du 13e colloque sur les risques naturels.

8 Mai 2018 à 16H51

Série Acfas 2018
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université du Québec à Chicoutimi du 7 au 11 mai.

Rue inondée dans Cartierville, à Montréal, en mai 2017.Photo: Exile on Ontario St

Au printemps 2017, plus de 200 municipalités du Québec ont été frappées de plein fouet par des inondations qui ont causé des dommages évalués à plusieurs centaines de milliers de dollars. Si certains facteurs étaient imprévisibles – un dégel très rapide combiné à deux mois d’intenses précipitations –, d’autres sont imputables aux humains. «Les cartes de risque de la plupart des régions du Québec n’ont pas été revues depuis 25 ans, affirme Philippe Gachon, professeur au Département de géographie et coorganisateur du 13e colloque sur les risques naturels au Québec (10 mai). Les conditions météorologiques et l’occupation du territoire ont énormément changé au cours des dernières décennies, ce qui augmente les risques d’inondation et la vulnérabilité sur le territoire.»

Le chercheur avance que d’autres inondations importantes pourraient se produire au cours des prochaines années. «Nous vivons avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. L’intensité des précipitations va augmenter, les températures seront plus chaudes, les redoux pourraient causer des inondations plus tôt en hiver. Les facteurs de vulnérabilité et d’exposition augmentent de façon exponentielle.»

Dans ce contexte, les récents investissements du gouvernement québécois pour cartographier les zones inondables sont insuffisants, selon Philippe Gachon. «En Europe, des milliards d’euros ont été investis pour monter des équipes de recherche. Développer l’expertise, les outils et la méthodologie pour prévenir les catastrophes constitue un travail de longue haleine qui ne peut être réglé par un investissement ponctuel.»

Le colloque de cette année donnera une plus grande place à des chercheurs en sciences humaines. «Les chocs posttraumatiques, l’aspect psychosocial des sinistres et les problèmes de relogement seront abordés.»

Mustapha Kebiche, professeur invité au Département de géographie, est l’un des coorganisateurs du colloque. Yves Baudouin et Benoit St-Onge, professeurs au Département de géographie, de même que les étudiantes Nawres Yousfi, Clémence Benoit et Amélie Rodier, participent également à l’événement.

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