La transition sociétale

Des chercheurs se penchent sur les nouveaux modèles d'action pour faire face aux défis écologiques et aux inégalités sociales.

1 Mai 2018 à 15H53

Série Acfas 2018
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université du Québec à Chicoutimi du 7 au 11 mai.

Photo: Getty Images

Nous faisons face en ce 21siècle à des défis de taille sur les plans écologique et social. Les bouleversements liés aux changements climatiques et les inégalités sociales qui se creusent entre les classes dirigeantes et le reste de la population en inquiètent plusieurs. «On sent que l'on est dans un moment de basculement où d'autres idées, d'autres façons de faire émergent et nous souhaitons observer comment des innovations sociales menées à l'échelle locale peuvent répondre à ces enjeux cruciaux à l'échelle internationale», souligne Sylvain Lefevre. Le professeur du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l'ESG UQAM est l'un de coresponsables du colloque «Face aux défis écologiques et aux inégalités sociales: quels nouveaux modèles d'action pour influencer la transition sociétale?» (7 et 8 mai).

La conférence d’ouverture sera donnée par Laure Waridel, professeure associée à l'Institut des sciences de l'environnement, éco-sociologue, chercheuse et militante bien connue. «Elle est depuis longtemps une actrice importante dans le domaine de la transition écologique au Québec, note Sylvain Lefèvre. Elle s'intéresse à la fois à des problématiques internationales, nationales et locales. Elle sait aussi articuler la dimension environnementale et la réflexion sur les inégalités, qui sont complémentaires.»

Plusieurs professeurs et étudiants de cycles supérieurs participeront au colloque, parmi lesquels les professeurs René Audet, titulaire de la Chaire de recherche sur la transition écologique, Juan-Luis Klein (géographie), directeur du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), et Marie Langevin (ESG UQAM), ainsi que la doctorante en sciences de l'environnement Marie-Soleil L'Allier, cofondatrice de l'épicerie zéro déchet Loco.

Ces chercheurs universitaires, mais aussi plusieurs acteurs sur le terrain, notamment du milieu communautaire et coopératif, présenteront des innovations sociales à saveur locale qui connaissent du succès. «Est-ce que toutes ces expérimentations pourraient s'articuler ensemble pour produire des changements collectifs plus importants? C'est l'une des questions auxquelles nous tenterons de répondre», souligne Sylvain Lefèvre. Les cas présentés ne se limiteront pas au Québec, puisque des conférenciers proviennent également de France, de Bolivie, d'Haïti, de Côte-D'Ivoire, d'Algérie, du Chili et de l'Espagne. «La thématique de la transition écologique s'articule à l'échelle mondiale», confirme le professeur. L'expression «transition écologique», précise-t-il, a en quelque sorte remplacé la notion de «développement durable», qui était en vogue à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

La table ronde de clôture de l'événement portera sur les communs (concept qui renvoie aux biens communs, l'air, l'eau, les savoirs, les espaces sociaux), un axe de réflexion central pour les chercheurs s'intéressant à la transition écologique. Les communs impliquent que la propriété n'est pas perçue comme une appropriation mais comme un usage. Ils forment une troisième voie entre la propriété publique et la propriété privée. «C'est un principe d'organisation, une porte d'entrée pour repenser l'accès au pouvoir, l'usage des services et des ressources», explique Sylvain Lefèvre.

Un Bar des sciences aura également lieu en soirée le lundi 7 mai. Il portera sur l’innovation sociale et la transition sociale et écologique au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en compagnie d'acteurs locaux.

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