Les bienfaits du vélo aquatique

Pédaler dans l'eau est meilleur pour la santé que sur terrain sec.

16 Octobre 2018 à 15H14

Une baisse de la pression artérielle, une meilleure utilisation du coeur et des poumons et une perception moins souffrante de l'effort sont quelques-uns des bienfaits de l'exercice sur vélo aquatique.Photo: Nathalie St-Pierre

Baisse de la pression artérielle, meilleure utilisation du cœur et des poumons,  perception moins souffrante de l’effort: voilà quelques-uns des bienfaits de l’exercice sur vélo aquatique par rapport au vélo sur terrain, révèlent des études réalisées par Mauricio Garzon (M.Sc. kinanthropologie, 2010), stagiaire postdoctoral au Département des sciences de l’activité physique, sous la supervision du professeur Alain Steve Comtois. Les résultats de ces études ont été publiés dans plusieurs revues scientifiques, dont le Journal of Science and Medicine in Sport, le European Journal of Sport Science et le Journal of the American Society of Hypertension.

Le postdoctorant d’origine colombienne s’intéresse à l’entraînement sur vélo aquatique depuis une dizaine d’années. Ses recherches ont été menées aussi bien avec des sujets en bonne condition physique qu’avec des patients de l’Institut de cardiologie de Montréal. «Tous les résultats vont dans la même direction: faire du vélo dans l’eau a des bienfaits indéniables sur la santé», affirme le chercheur.

Santé cardiovasculaire

Les effets sont particulièrement intéressants sur le plan de la santé cardiovasculaire. «Le débit cardiaque – volume de sang envoyé chaque minute par le cœur –, augmente, le retour veineux est amélioré et la fréquence cardiaque diminue, souligne Mauricio Garzon. C’est donc dire que le cœur travaille de façon plus efficace en optimisant chaque battement.» On note aussi une baisse de la pression artérielle, particulièrement lorsque les sujets sont soumis à un entraînement par intervalles – de courts sprints très intenses suivis d’une période de récupération.

La ventilation pulmonaire est également améliorée. «À la même intensité, une personne consomme moins d’oxygène dans l’eau que sur terrain sec.» La perception de l’effort est également moins grande dans l’eau, ce qui permet d’augmenter l’intensité et le volume d’entraînement. «L’une des hypothèses qui explique cette perception est la thermorégulation, c’est-à-dire qu’il est plus facile de garder sa température corporelle au même niveau dans l’eau qu’à l’air», avance Mauricio Garzon. 

Trois conditions doivent toutefois être respectées pour maximiser les bienfaits du vélo aquatique: la personne doit être immergée jusqu’à la poitrine, la température de l’eau doit varier entre 28 et 32 degrés – une eau thermoneutre – et la selle doit être suffisamment élevée pour permettre aux jambes de pédaler de façon fluide.

Blessures et technique

Mauricio Garzon souligne que plusieurs athlètes de haut niveau, dont Mohamed Farah, médaillé olympique aux épreuves de course sur 5000 m et 10 000 m, s’entraînent dans l’eau. «Plusieurs recherches ont démontré que l’entraînement aquatique a moins d’impact sur les articulations – genoux, chevilles, hanches – et permet donc d’éviter les blessures. S’immerger dans l’eau a aussi un impact positif sur la récupération.»

On peut également améliorer sa technique – en vélo ou en course –grâce à la densité de l’eau. «L’eau offre une bonne résistance, ce qui permet de ralentir le mouvement et de peaufiner les mouvements techniques.»

Participants recherchés

Conjointement avec le professeur Alain Steve Comtois et des étudiants à la maîtrise, Mauricio Garzon mène une nouvelle étude sur l’oxygénation musculaire sur vélo aquatique (projet OMVA). «Le but de l’étude consiste à comparer les changements dans l’oxygénation des muscles et du cerveau entre l’exercice sur vélo aquatique et le vélo sur terrain sec», précise le stagiaire postdoctoral.

Les participants devront participer à trois séances: la première consiste à déterminer la performance maximale de chaque individu, alors que les deux suivantes visent à comparer les performances à 40 %, 70 % et 85 % de la valeur maximale sur vélo aquatique et sur terrain sec. Une vingtaine de personnes ont déjà participé à la première séance. «Nous aimerions recruter une dizaine d’autres participants», dit Mauricio Garzon.

Les candidats doivent être âgés de 18 à 35 ans et être en bonne santé. Les personnes intéressées peuvent écrire à l’adresse projetomva@gmail.com

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COMMENTAIRES 1 COMMENTAIRE

Commentaires

Étude intéressante. Pourquoi ne pas s’intéresser aussi à une population plus âgée (genre plus de 55 ans). Il pourrait y avoir 2 groupes : celui de personnes qui s’entraînent et celui constitué de personnes qui ne s’entraînent pas.