Un petit bijou d'écrin

Réjean Legault présente une exposition consacrée au pavillon du Canada à la Biennale de Venise.

4 Juin 2018 à 11H14

Image tirée du film Ville éternelle, documentaire réalisé en 1958 par Colin Low et une équipe de l'ONF, qui met en vedette le pavillon du Canada à Venise. Photo: Musée des beaux-arts du Canada

Après avoir accueilli pendant six décennies des expositions consacrées à des artistes et architectes parmi les plus réputés au pays, le pavillon du Canada à la Biennale de Venise a fait l'objet d'importants travaux de restauration au coût de trois millions de dollars. Retrouvant l'aspect qu'il avait à l'origine, en 1958, le bâtiment moderne d'intérêt patrimonial a été dévoilé le 24 mai dernier, dans le cadre de la Biennale Architettura 2018 (exposition internationale d'architecture) de Venise.

Pour souligner cet événement, le pavillon du Canada sera l'hôte jusqu'en novembre prochain de l'exposition Le Canada construit / reconstruit un pavillon à Venise, dont le commissariat est assuré par le professeur de l'École de design Réjean Legault, en collaboration avec son collègue Louis-Charles Lasnier et l'historienne de l'architecture et du design Cammie McAtee. Présentée durant la Biennale Architettura, l'exposition pose un regard inédit sur le contexte historique dans lequel  l'une des plus prestigieuses agences d'architecture italiennes de l'après-guerre – le studio milanais BBPR – a été mandatée par le Musée des beaux-arts du Canada pour concevoir et bâtir le pavillon du Canada, qualifié de «petit bijou d'écrin» lors de son inauguration en juin 1958.

Situé entre les pavillons de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, le pavillon intègre deux grands arbres en ses murs.  Prenant la forme d’une coquille de nautile, il comporte en son centre une colonne octogonale qui soutient une spirale de poutres de toiture. Cette architecture et les matériaux – brique, verre, bois et acier – qui le composent ont contribué à lui donner un caractère unique.

Préserver la conception originale

Mis en œuvre en raison de l’état précaire et des limitations fonctionnelles du pavillon du Canada, le projet de restauration  a été amorcé en 2014 sous la direction de l’architecte Alberico Barbiano di Belgiojoso, fils de l’un des fondateurs du studio BBPR. L'architecte a œuvré pour assurer la consolidation du bâtiment et moderniser ses composantes, tout en préservant sa conception originale.

Façade du pavillon du Canada en 2018, incluant le panneau d'entrée de l'exposition. Photo: Réjean Legault

Le chantier comprenait une réfection complète des murs extérieurs, de la toiture et de la façade vitrée, ainsi qu’une mise à niveau technique. Les micocouliers (espèce d'arbres) grandissant au centre du pavillon ont également été préservés. Enfin, le paysage environnant a été revitalisé par la Biennale de Venise dans le cadre du projet de renouvellement des Giardini di Castello, amorcé en 2013. Le financement des travaux et de l’exposition a été assuré par Reesa Greenberg, mécène du Musée des beaux-arts du Canada et secrétaire fondatrice de la Société pour l’étude de l’architecture au Canada.

Exposition commémorative

L'exposition Le Canada construit/reconstruit un pavillon à Venise  vise à commémorer le 60e anniversaire du pavillon du Canada et à célébrer sa restauration. Elle explore l’histoire du bâtiment et offre une étude de son importance architecturale.

«Le pavillon est un bâtiment vraiment moderne sur le plan de l’articulation structurale, de l’organisation spatiale et de l’expression matérielle, souligne le professeur Réjean Legault. Quant au projet de restauration, il offrait l’occasion idéale d’examiner le design original du pavillon, d’explorer son long passé en tant qu’espace d’exposition et de réfléchir à l’esprit de collaboration qui fut à la base de sa conception et de sa reconstruction. »

En plus de proposer une série de courts films documentaires produits par l’Office national du film du Canada (ONF), qui comportent des entrevues avec des contributeurs canadiens et italiens au projet de restauration, l'exposition inclut un projet de photo-documentation sur le chantier et les personnes qui y ont participé. Une publication abondamment illustrée, réalisée sous la direction de Réjean Legault, paraîtra en 2019. Contenant des textes d’universitaires italiens et canadiens spécialisés en histoire de l’art et de l’architecture, en conservation des bâtiments et en architecture paysagiste, elle mettra en contexte la remise en état du pavillon du Canada et soulignera la pertinence de son architecture moderne.

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